Selon les informations du Journal du Dimanche, Orange et Bouygues Telecom se donnent entre un et trois mois pour trouver un accord afin que le premier absorbe le second. Montant de l’opération : environ 10 milliards d’euros.

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Après une courte phase de rapprochement, Orange et Bouygues Telecom discutent désormais sérieusement de mariage. C’est en tout cas ce que rapporte le Journal du Dimanche dans sa dernière édition, indiquant que les équipes de deux opérateurs français ont signé un accord de confidentialité avant Noël afin d’entamer des négociations de rachat de Bouygues Telecom par Orange. Les négociations devraient débuter au milieu du mois de janvier et pourraient durer entre un et trois mois avant d’aboutir à un éventuel accord. L’un des protagonistes anonymes de ce rapprochement se montre très confiant : « Les équipes s’entendent bien, les discussions avancent, on saura vite si on va au bout. Il n’y a pas d’obstacles pour le moment ».

 

10 milliards d’euros, sans TF1

Le Journal du Dimanche confirme également que la chaîne de télévision TF1 — appartenant à Bouygues — n’est désormais plus du tout incluse dans ce rapprochement. « Même si le sujet TF1 a été mis sur la table initialement, ce n’est pas du tout un sujet de discussion aujourd’hui » a indiqué une source de l’AFP à propos de TF1.

Les négociations porteront naturellement sur le prix d’achat de Bouygues Telecom et la façon dont Orange paiera ce rachat. Au final, Orange devrait débourser 10 milliards d’euros pour mettre la main sur son concurrent dont les quatre cinquièmes devraient être en action. Bouygues se retrouverait ainsi avec une participation dans Orange qui s’élèverait à 15 % de la société. L’État, principal actionnaire d’Orange aujourd’hui avec 23 % de participation, verrait sa part baisser à 20 % mais resterait toujours l’actionnaire majoritaire avec un peu moins de 20 % des actions détenues. Détail important : Orange s’engagerait à ne procéder à aucun licenciement chez Bouygues Telecom en cas de rachat.

 

Convaincre Bruxelles… et Free

A priori, tout se passe bien entre les deux opérateurs, qui négocient donc une lune de miel tranquillement. Pourtant, même si les deux opérateurs parviennent à s’entendre, ils devront réussir à convaincre leur entourage. À commencer par Bruxelles, qui ne verrait pas d’un bon œil un rapprochement entre les deux opérateurs nationaux, qui dépasseraient les 50 % de part de marché.

Orange-Bouygues Telecom serait alors obligé de céder une partie de ses boutiques et surtout de son réseau à ses concurrents. Il faudra donc réussir à convaincre Xavier Niel, le PDG de Free, de débourser au moins 5 milliards d’euros pour mettre la main sur le réseau de Bouygues Telecom. Pour ce tarif, Orange souhaiterait également que Free récupère une partie des centaines de boutiques Bouygues Telecom. Plus facile à dire qu’à faire.

Quoi qu’il en soit, les prochaines semaines s’annoncent agitées dans le domaine des télécoms. Un retour à trois opérateurs en France semble de plus en plus probable et avec lui un retour de la hausse des prix.