Finalement, les discussions entre Orange et Bouygues Telecom pour que le premier rachète le second auraient bien lieu, si l’on en croit les informations récupérées par Le Monde. Orange pourrait avaler Bouygues Telecom en l’échange de titres, ce qui permettrait à la maison mère Bouygues SA d’entrer au capital d’Orange.

Stéphane Richard (Orange) et Martin Bouygues (Bouygues)

Stéphane Richard (Orange) et Martin Bouygues (Bouygues)

Lundi soir, Bloomberg lançait un pavé dans la mare en annonçant le rachat de Bouygues Telecom par Orange. Mardi matin, la filiale de Martin Bouygues envoyait un communiqué laconique précisant “qu’aucun projet de sortie des secteurs des télécoms et de la télévision et réaffirme son ancrage durable dans ces deux industries”. Il fallait en fait lire entre les lignes puisque selon les informations du site Le Monde, Orange pourrait bien avaler Bouygues Telecom en l’échange de titres, afin que Bouygues SA entre au capital d’Orange.Une belle pirouette puisque de cette manière, Bouygues SA ne sortirait pas du secteur des télécoms.

 

Orange serait détenu à 22 % par Bouygues SA

Les discussions auraient lieu depuis le début de l’automne et auraient été interrompues temporairement lors de la vente aux enchères de la bande des 700 MHz. Dans le détail, la revente de Bouygues Telecom permettrait à Bouygues de détenir 22 % d’Orange dont le premier actionnaire est actuellement l’État, avec 25 % de ses parts. Les discussions seraient “très préliminaires” pour certains alors que d’autres les considèrent comme “très avancées”.

 

Le gouvernement s’intéresse de près au sujet

Le rachat de Bouygues Telecom par Orange ne sera toutefois pas si facile, car on se rappelle qu’en juin dernier, lorsque Patrick Drahi (Numericable – SFR) avait voulu racheter Bouygues Telecom pour 10 milliards d’euros, le gouvernement s’était montré extrêmement frileux. Mais cette fois-ci, le discours pourrait être différent, car l’État vient de récupérer 2,8 milliards d’euros grâce à la vente de la bande 700 MHz et n’a donc plus la crainte que la perte d’un opérateur vienne remettre en cause ce montant. D’ailleurs, la lettre envoyée par Bouygues Telecom à Manuel Valls ce matin pour réclamer plus de 2 milliards d’euros pourrait bien être un genre de pression sur les pouvoirs publics. Il faut toutefois convaincre l’Autorité de la concurrence en France, mais aussi la Commission européenne.

Cette dernière sera sûrement la plus délicate à convaincre puisqu’elle a refusé en septembre dernier la fusion entre TeliaSonera et Telenor au Danemark, qui aurait réduit à trois le nombre d’acteurs de la téléphonie mobile dans le pays. En France, le président de l’Autorité de la concurrence, Bruno Lasserre, ne se montrerait pas fermé à une consolidation sur le marché. Pour mieux y arriver, Orange aurait contacté SFR et Free Mobile dès le départ afin d’arranger au mieux le mariage.

 

Des “cadeaux” pour SFR et Free Mobile

Les deux autres opérateurs qui ne participent pas directement à l’opération (SFR et Free Mobile) devraient ainsi récupérer des boutiques, des salariés, des antennes ainsi que des blocs de fréquences. Une manière facile et rapide pour Free Mobile et SFR d’augmenter leur patrimoine spectral pour proposer une meilleure couverture et des débits plus importants. Deux domaines dans lesquels SFR et Free Mobile sont en retrait par rapport à Bouygues Telecom et Orange, comme le rappelait récemment l’ARCEP. Des arguments qui pourraient plaire aux autorités de la concurrence concernées.