Oh que cela va être difficile de tester ce smartphone ! On se donne du courage comme on peut avant l’exercice de style qui nous attend. Tenez, prenons par exemple le cas de Samsung. Le constructeur coréen est, depuis le Galaxy S II, très largement leader du marché de l’androphone : non seulement il inonde les marchés mondiaux de modèles de l’entrée au haut de gamme, mais en plus, il se paie le luxe de vendre son fer de lance à plusieurs dizaines de millions d’unités. Le Galaxy S II était sans aucune hésitation le smartphone de l’année 2011, qui est encore largement au niveau de la concurrence sur la plupart des points en juin 2012.

Du coup, voilà comment nous nous rassurons : il doit être pire aujourd’hui d’être Samsung , qui doit assurer la relève du meilleur par le meilleur, que d’être l’humble testeur qui tentera de jongler entre objectivité technique et subjectivité pratique, ces deux aspects qui permettent de répondre aux questions essentielles que l’acheteur potentiel se pose. Cette fois, elles seront globalement au nombre de trois : le Galaxy S III est-il le digne successeur du Galaxy S II ? Ecrase-t-il la concurrence comme son aîné ? Est-il un smartphone véritablement pensé pour les êtres humains, comme Samsung l’a répété maintes fois pendant la présentation à la presse ?

Comme d’habitude, nous essaierons de répondre à ces trois questions de la manière la plus détaillée qu’il soit, en gardant à l’esprit, qu’avec un prix oscillant entre 590 et 650€, le Galaxy S III est un des smartphones les plus chers du marché actuel – plus cher même qu’un iPhone 4S qui démarre à 629€ nu. Pour ce prix, il faut avoir la meilleure qualité, le meilleur smartphone, bref, celui que le grand public pourra garder plusieurs années et que le technophile ne sera pas tenté de changer avant au moins un an. Tout est dévoilé dans la suite.

Note à nos chers lecteurs : ce test déploie son alacrité sur plusieurs pages. Si nous avons omis des détails qui vous tiendraient à coeur, n’hésitez pas à nous faire part de vos interrogations dans les commentaires. – Sincèrement, la rédaction.

Sommaire

I – Design et hardware : peu importe le flacon…

1 – Un smartphone pour les humains ?

2 – Du hardware haut de gamme et de son optimisation

3 – Samsung passe à la haute définition

II – Touchwiz et l’expérience Samsung sur… Android ?

1 – Une interface simple et facile d’accès

2 – Des applications et autres services pensés pour se démarquer

III – Multimédia et jeux vidéo : un challenge à relever au milieu de la concurrence

1 – Lecture et capture

2 – Le salut du jeu mobile sans Tegra 3 ?

Conclusion

I – Design et hardware : peu importe le flacon…

1 – Un smartphone pour les humains ?

Qui dit Samsung, dit publicité. Oh oui, vous allez en bouffer à toutes les sauces du Galaxy S III. Un abribus ? Galaxy S III. Un tramway ? Galaxy S III. Une station de Métro ? Oui, Galaxy S III. Une gare ? Un bâtiment historique de plusieurs centaines de mètres ? Ouaip, ouaip, on a compris. Et que lirez-vous ? Que ce smartphone est fait pour les human beings* ou « pensé pour vous comprendre » selon les traducteurs experts en Google Trad.

« Il n’est pas moche, il n’est pas moche, il n’est pas moche, il n’est pas m… »

C’est ce qui est revenu pendant toute la conférence présentant l’engin dans un mélange de vidéos réalisées chacune sous une substance illicite dans au moins la moitié des pays, Hollande compris. Ca, et le fait que le smartphone ait été « inspiré par la nature ». Ces deux phrases bullshitommerciales ont pourtant un fond réel : tout dans le Galaxy S III, comme dans la plupart des téléphones Samsung, a été pensé pour The 99%. Vous aimez Android et n’aimez pas Samsung ? Vous pouvez arrêter de lire ce test, c’est d’un smartphone Samsung que l’on va parler.

Et cette Samsung-touch commence dès le déballage de l’engin, que nous n’allons pas faire l’affront de vous narrer (« oh, j’ouvre un carton »), les photos ne trompaient pas, ce smartphone est hors du commun. Là où elles ont pu tromper, c’est sur la mocheté apparente de la bête. En fait, sans l’avoir en main, on s’imagine un smartphone disproportionné, large et moche, mais l’engin n’est pas du tout aplati comme un des derniers Palm ou un Blackberry, par exemple.

Non, franchement, on lui trouve même un bon style, tout en rondeur

Après tout ce que nous avons balancé sur le GS III, nous avons presque honte de reconnaître que Samsung a quand même fait un beau pari : contrairement à tous les précédents smartphones de la marque qui étaient des copies en plastique du précédent iPhone, on a cette fois un modèle qui se démarque. Amoureux depuis longtemps des design HTC, je ne peux que reconnaître que cet engin a réussi à toucher ma fibre geekosensible, alors que je pensais devoir changer mes yeux après une semaine de test.

Evidemment, il ne plaira pas à tout le monde, mais ce n’est pas plus mal à vrai dire : toutes les autres marques avaient leurs fans et leurs détracteurs, alors que Samsung a toujours eu un design plat et conventionnel, qui laissait au mieux indifférent. Avec les derniers Sony, la gamme One de HTC et ce Galaxy S III, on a clairement 3 univers bien tranchés et bien définis, qui permettront de reconnaître d’un coup d’oeil le constructeur de tel ou tel modèle. Alors non, arrêtons la mauvaise foi, le Galaxy S III n’est pas moche, il est différent et beaucoup l’adoreront.

Ah, le plastique imitation métal, la marque d’une civilisation en avance

En revanche, au-delà de la subjectivité de chacun que nous n’oserions pas juger, la question des matériaux reste plus objective et ambivalente. Samsung fait du Samsung – nous avons l’impression d’avoir écrit cette phrase des milliers de fois, et pas souvent en bien : oui, vous aurez du plastique cheap comme on le nomme familièrement. Ce même plastique qui équipe tous les modèles de la marque depuis son arrivée sur Android, ce même plastique qui rend grossier le contour métallisé de l’engin.

A l’heure où tous les constructeurs redoublent d’effort pour tenter de proposer des matériaux à la fois solides et esthétiques, Samsung nous ressort le pétrole modifié et glossy qu’il aime tant. Même l’arrière, qui avait été changé sur le Galaxy S II, est lui aussi tout de plastique gloss’ vêtu. Résultat, en 3 minutes, votre beau smartphone sera tout plein de traces de doigt peu esthétiques – peut-être plus visibles sur le modèle blanc reçu que sur le bleu, plus sombre.

Le dos glossy, lui, il a du mal à passer…

D’ailleurs, le blanc aura aussi le défaut des salissures faciles : même sur des surfaces propres, il aura tendance à accrocher les poussières et à chaque fois, nous devons essuyer l’arrière pour enlever des micro-fibres, des petites poussières et autres bouts de tissu que l’on retrouve sur les nappes, couvertures et canapés. C’est à se demander si le choix du blanc à la place du noir était le plus pertinent pour un modèle moulé dans ces matériaux…

Arc électrique et wattmille volts, super, en attendant, le smartphone a été bichonné et voilà le résultat…

Deux avantages à ces inconvénients : d’une part le smartphone est léger comme une plume, ce qui fait que vous ne le sentirez presque pas dans votre poche – et c’est essentiel de réduire le poids quand on arrive sur de telles diagonales. D’autre part, le plastique est moche, le plastique s’abîme, mais le plastique casse rarement. Ceux qui ont utilisé un Galaxy S II jusqu’alors pourront vous le confirmer : faire tomber le smartphone plusieurs fois n’a que peu d’effet sur l’apparence de l’engin, le matériau encaissant bien les coups et chocs. Le One S de la rédac, sans aucune chute, avec son traitement bullshito-révolutionnaire est déjà tout abîmé, la peinture ayant sauté dans de multiples endroits.

Même si le smartphone est grand, la prise en main est bonne, mais Samsung a peut-être un peu trop abusé sur la diagonale. Certes, elle nous fait plaisir, à nous qui utilisons vraiment nos smartphones comme de mini-ordinateurs de poche, mais le succès du Galaxy S II auprès du grand public était aussi dû à sa taille idéale, pensé pour être pour être tenu dans des mains normales – et surtout, dans des mains de femme. Certaines les aiment gros, mais ce n’est pas être sexiste que de se référer à la morphologie moyenne d’une main féminine pour affirmer qu’au delà d’une certaine diagonale, la prise en doigt devient ardue.

4,8 pouces, c’est presque un Galaxy Note. 4,8 pouces, c’est le plus gros smartphone grand public jamais sorti sur le marché. Est-ce que Samsung est allé trop loin pour un modèle censé remplacer l’androphone le plus mainstream de tous les temps et qui plus est  »pensé pour les êtres humains », c’est-à-dire des créatures avec des mains de taille moyenne ? Nous verrons…

2 – Du hardware haut de gamme et de son optimisation

Avertissement : si vous ne savez pas ce que signifie « benchmark » ou « MHL »  les paragraphes qui suivent ne vous intéresseront pas. Mais vous pouvez les lire quand même pour ressortir les chiffres pendant vos soirées mondaines.

Quand le Galaxy S II est sorti, nous avions pu saluer le fait que le smartphone s’adressait à la fois au grand public et aux plus technophiles de nos lecteurs : sa puissance brute était hors du commun, il était le seul à l’époque à pouvoir décoder des vidéos 1080p high-profile nativement sans changer quoi que ce soit au fichier et faisait pleurer les benchmarks. La gloire du processeur Exynos commençait – même si elle s’accompagnait de beaucoup de déconvenues du côté des développeurs qui avaient beaucoup de mal à optimiser leurs titres pour la plateforme.

Avec le Galaxy S III, Samsung réitère son choix maison en embarquant un processeur Exynos Quad-Core nouvelle génération, au nom de code 4412, cadencé à 1,4 Ghz, secondé d’un processeur graphique Mali T400 et d’un bon Go de RAM. Sur le papier, oui, nous avons encore une fois un monstre de puissance. Certes, cela ne fait pas tout et aucun chiffre ne pourra remplacer une bonne expérience utilisateur, mais comme on sait que vous aimez bien ça, nous avons fait passer le smartphone à la moulinette benchmark. Admirez :

Coucou, tu veux voir mon gros téléphone ?

Sur ce premier benchmark bien célèbre, évidemment, le score le plus élevé est le meilleur et vous remarquerez que le Galaxy S III explose n’importe quel appareil sous Tegra 3. Le processeur de nVidia embarqué dans la tablette Asus Transformer Prime et dans le HTC One X s’incline, le Galaxy Nexus est, lui, très loin du peloton de tête.

Toujours une histoire de comparaison

Basemark permet, lui, de savoir qui a la plus grosse du côté du processeur graphique, une scène en 3D avec beaucoup d’effets de lumières, de reflets et d’ombres étant jouée. Ce score qui tourne autour de 37 pour le Galaxy S III n’est pas mirobolant : le Galaxy S II arrive à 42,16 et le HTC One S, testé plus tôt, arrive à 49,01. Comment l’expliquer ? Eh bien d’une manière ou d’une autre, c’est forcément un problème : soit la partie GPU est en deça de la puissance brute du CPU, soit, encore une fois, les benchmarks – et donc les jeux – n’arrivent pas à exploiter l’ensemble intégré dans le Galaxy S III.

C’est ce qui avait pénalisé le grand frère du côté du jeu vidéo et il semble que Samsung n’ait pas fait plus d’effort cette année pour optimiser son processeur pour faire tourner ce qui existe déjà : aux développeurs de bosser de leur côté pour faire fonctionner leurs jeux s’ils désirent profiter de la part de marché détenue par le smartphone. Mouais.

On avait dit pas le bouton rouge…

La deuxième éventualité se confirme quand on fait passer au smartphone le fameux test NenaMark : le Galaxy S III tape à 58,7 fps, quand un HTC One S et son Adreno 225 parviennent à atteindre un beau 60,5. L’écart n’est pas dramatique, mais pensez que le smartphone de HTC n’embarque « que » un double coeur. Cela dit, NenaMark stipule dans la description de son application que des tweaks ont été faits pour que les résultats des Galaxy S soient plus proches de la réalité : il y a fort à parier qu’il faudra développer ou du moins modifier beaucoup d’applications pour qu’elles fonctionnent parfaitement sur ce nouveau smartphone au processeur peu docile.

Je veux pas balancer, mais le rédacteur qui a pris ce screenshot n’a pas aimé le GS III

AnTuTu refait passer le Galaxy S III très largement en tête de la concurrence, le benchmark affichant presque le double de points pour ce nouveau smartphone par rapport aux derniers haut de gamme que nous testions, l’Xperia S n’atteignant que 6518 points, le HTC One S, 7075. Avec son confortable 12113, le père Galaxy est largement devant et cela, c’est bien entendu grâce à son CPU hors norme plus qu’à son GPU. A titre de comparaison, le score CPU sur un One S atteint 3354, le score GPU 1574, le score RAM 1236 et le score I/O, 825.

Comprendre un résultat sur 12, c’est ça aussi la puissance du benchmark

Le benchmark de Chain-Fire, s’occupant très justement de faire passer au smartphone des tests pratiques liés à l’environnement Android ou aux capacités de lecture et écriture de l’engin nous amène peu ou prou aux mêmes conclusions, le Galaxy S de nouvelle génération assure du côté de la puissance brute et passe sans problème au dessus de l’HTC One X et du One S, ce dernier n’atteignant qu’un score de 9558 au total.

Bref, arrêtons-là les résultats bruts, passons à l’interprétation. Vous retrouverez d’autres screenshots d’autres benchmarks dans la galerie en vrac présente à la fin du test, en dessous de la conclusion. Est-ce que, en puissance brute, le Galaxy S III est le monstre attendu ? Du côté du CPU, oui, mille fois oui, le nouvel Exynos faisant parfaitement son boulot, vous permettant d’atteindre des scores incroyables et surtout, d’ouvrir et d’utiliser les applications avec un confort maximal.

Du côté de l’alliance CPU-GPU et de l’interprétation de cette alliance par les différents benchmarks, en revanche, on peut affirmer sans crainte que Samsung renouvelle le haut de gamme maison, mais renouvelle également les problèmes liés à un couple processoro-graphique peu flexible. On aurait dû mal à mettre en cause les performances d’un processeur Mali-400MP4, même si on aurait préféré voir embarquée une nouvelle mouture de l’engin, au hasard un T604, qui devrait être présent dans le futur Galaxy Note 10.1 de la firme.

Les développeurs et Exynos, je t’aime moi non plus

Non, c’est plutôt, comme de coutume, l’optimisation qui manque et même si passer des benchmarks n’a aucun intérêt au jour le jour, ces résultats pourraient se retrouver à l’usage, certains jeux et applications pouvant moins bien tourner sur cette bête que sur un smartphone moins bien équipé a priori. De même, il est toujours difficile de faire des benchmarks comparatifs précis sans plateforme de référence et sans être sûr que tous les coeurs d’un processeur sont pris en compte. Le débat sur la pertinence d’un processeur quad-core A9 dont aucune application ou presque ne tire partie reste ouvert…

Quoi qu’il en soit, il est trop tôt pour juger de la portée de ces inquiétudes, laissons au smartphone le temps de s’installer et aux développeurs plus compétents que nous le temps de s’exprimer sur cette nouvelle mouture.

Avant de causer écran avec vous chers lecteurs, il est de bon ton de faire un petit tour du reste des caractéristiques techniques de la bête. D’abord, il est à noter que, joie, la carte microSD est belle et bien toujours présente sur les smartphones de Samsung, ce qui ne manquera pas de ravir ceux d’entre vous qui se sentent à l’étroit avec 16 Go de stockage, d’autant plus que les autres grands, que ce soit HTC ou Sony, ont évincé cette possibilité de leurs modèles haut de gamme les plus récents. Google avait dit non, Samsung s’en fiche, comme d’habitude. En France, il semblerait que seul le modèle avec 16 Go de stockage interne soit disponible pour l’heure.

Le retour de la coque amovible et de la microSD !

Du côté de la connectivité, vous retrouverez du Bluetooth 4.0 et un port microUSB qui fera office de connecteur, prise pour la charge, USB Host et HDMI, pour peu que vous ayez les bons adaptateurs sous la main. Oui, il faudra repasser à la caisse si vous voulez profiter de ces fonctionnalités, mais bon, on commence à être habitué…

Enfin, un mot sur la batterie, puisque sans elle, point de smartphone allumé : vous retrouverez dans le Galaxy S III un monstre de 2100 mAh, contre 1800 mAh pour le HTC One X, à peu près le seul smartphone comparable en terme de caractéristiques théoriques. Si ce dernier, lors de sa sortie, avait beaucoup déçu au niveau de l’autonomie – qui s’est un peu améliorée patch après patch -, vous ne devriez pas avoir de problème avec le Galaxy S III pour tenir un peu plus d’une journée. Nous ne sommes pas aux performances d’un Galaxy Note, qui, avec son dual-core et sa batterie de 2500 mAh tient sans problème deux jours, mais Samsung n’a pas sous-dimensionné sa bête : tant mieux.

Port unique, extensions payantes

Rappelez-vous également que un ou deux mois après sa sortie, le Galaxy S II avait été extrêmement bien optimisé et certains utilisateurs avaient eu la surprise de voir leur smartphone tenir presque un tiers de temps en plus sur batterie après un patch salvateur. On peut donc espérer que Samsung s’occupasse aussi de son nouveau bébé et améliore encore cette autonomie déjà très correcte.

3 – Samsung passe à la haute définition

D’accord, ce titre n’est pas exact : le constructeur coréen a déjà deux modèles dans ses rayons équipés en écran HD. Seulement voilà, le premier est un hybride smartphono-tablettoïdal, le second est une commande Google Nexus. Partant de là, le Galaxy S III est véritablement le premier smartphone maison, au sens strict des deux termes, équipé d’un écran achdé. Comme nous vous le disions plus haut, en main, le Galaxy S III est gros, presque aussi gros finalement que le Galaxy Note.

Seulement 0,2 0,5 pouces séparent les deux modèles et même s’il y a un an, Samsung clamait haut et fort que le sweet spot pour un smartphone grand public se trouvait à 4,3 pouces, cela n’a pas empêché le constructeur d’augmenter la taille de son fer de lance – et heureusement, de faire suivre la résolution. N’y allons pas par 36 chemins de campagne bretonne broussailleux : même si le nombre de Pixels Par Pouce est inférieur à celui de l’iPhone 4S et de l’Xperia S, la définition HD de 1280×720 permet d’atteindre un confortable 306 PPP très agréable à la vue.

A ce niveau de PPP, on ne s’aperçoit même plus que l’on est en face d’une dalle PenTile…

Ces chiffres sont bien beaux, mais en pratique, cela donne quoi ? Eh bien vous pouvez dire adieu une bonne fois pour toutes aux pixels. La guerre des PPP n’a qu’un but pratique que Apple a compris il y a déjà fort longtemps : améliorer la qualité d’utilisation d’un smartphone, en affichant des images et du texte à un niveau de netteté inégalé. On pourra dire que « c’est trop », ou que « ce n’est pas nécessaire », certes, mais après avoir connu un écran comme celui du Galaxy S III, il est impossible de retourner en arrière.

Les plus sensibles à cette avancée seront ceux qui utilisent leur smartphone comme un outil de lecture mobile, que ce soit des mails, des articles sur le navigateur ou même des livres. Nous reviendrons plus tard sur ces usages, mais si vous vous retrouvez dans ce court profil, sachez qu’à l’heure du choix, il faudra toujours privilégier un maximum de pixels par pouce, afin de pouvoir afficher sans bavure les polices à l’écran.

… et c’est super plaisant.

De ce point de vue, l’écran du Galaxy S III est bien de l’autre côté de la limite du perceptible – et sur cette diagonale, le Galaxy S III, 0,1 pouces plus grand que le One X, n’a pas de concurrent. D’ailleurs, si votre coeur balance entre les deux et que ce point vous importe, la question à se poser est la suivante : est-ce que je préfère un écran un poil plus grand ou des polices un poil plus lisses ? Les jeudi de la poésie, c’est sur FrAndroid.

Au-delà de ces considérations techniques, que dire du rendu colorimétrique ? C’est de l’Amoled, c’est donc bleu. Voilà, en ayant annoncé ça, on a à peu près tout dit pour contenter les détracteurs de la technologie Samsung. Sinon, il y a du bon, du très bon et du médiocre. Comme sur chaque Galaxy, vous pourrez régler un profil colorimétrique parmi 4 au choix. Comme sur chaque Galaxy, le profil « dynamique » est ignoble, les couleurs changent à la volée et pour peu que vous ayez laissé la luminosité en automatique, vous aurez le droit à des changements qui ne correspondent pas à l’éclairage ambiant.

La photo est volontairement floue, pour vous montrer le halo de couleur émis par l’écran. Blanc de face…

… bleu quand on s’incline. Amoled, cela faisait longtemps !

Les couleurs en mode « standard » et « naturel » sont bien plus plaisantes à l’oeil et surtout, moins saturées. Le mode vidéo, lui, n’a que peu d’intérêt, accentuant les contrastes. Dans chaque mode en revanche, le blanc sera bleuté et de plus en plus bleu si vous penchez le smartphone. Les années passent et Samsung n’a toujours pas corrigé les défauts de sa technologie qui sont pointés du doigt depuis longtemps. Manque de chance, nous ne sommes plus au stade de la découverte et s’il y a un an on pouvait tomber à genou devant la beauté de l’écran d’un Galaxy S II, l’effet de surprise est passé et l’on perçoit désormais plus les défauts de l’Amoled que ses qualités.

Samsung sait faire de bons écrans, ne nous faites pas dire le contraire, mais depuis le Galaxy S II, une technologie telle que le White Magic de Sony nous a beaucoup plus impressionné que l’écran Amoled – et tous ses qualificatifs de rigueur – de ce Galaxy S III, qui est maintenant entré dans la norme avec ses défauts de jeunesse. Peut-être serait-il temps de changer un peu la formule pour faire varier les plaisirs ?