Test du Polti RollySteam : que vaut le balai laveur vapeur de la marque emblématique italienne ?

Aspirateurs balais • 2025

Polti, figure emblématique du nettoyage à la vapeur, tente de se faire une place sur le marché ultra-concurrentiel des aspirateurs balais laveurs. Avec le RollySteam, la marque italienne promet d'allier l'agilité d'un balai sans-fil à la puissance hygiénique de la vapeur. Une promesse séduisante sur le papier, mais que vaut-elle face à la concurrence de plus en plus présente ? Réponse dans ce test complet.
Polti Rollysteam 1
 

Avec la démocratisation des balais laveurs, nos intérieurs vivent une petite révolution ménagère. L’aspirateur balai classique laisse progressivement sa place au nettoyeur de sol tout-en-un, capable d’aspirer les débris et de laver le sol en un seul passage. Ce segment, longtemps de niche, est désormais le terrain de chasse gardée de géants asiatiques comme Tineco, Roborock ou encore Dreame, qui rivalisent d’ingéniosité pour se faire une place dans les foyers.

C’est dans cette arène surpeuplée que débarque Polti. La marque n’est pas une novice : c’est elle qui, avec son célèbre Vaporetto, a démocratisé le nettoyage vapeur dans les années 90. L’idée d’intégrer cette technologie dans un balai laveur sans fil comme le Polti RollySteam est donc, en théorie, excellente. La vapeur permet de s’affranchir des détergents chimiques, de tuer 99,9% des bactéries et de dissoudre les graisses.

Cependant, intégrer une chaudière miniature et une batterie dans un châssis maniable est un défi d’ingénierie complexe. Tineco, leader du marché, s’y est essayé récemment avec le S7 Steam avec succès, mais s’est fait dépasser à son propre jeu par le Roborock F25 Ultra, offrant la proposition la plus complète sur le marché à ce jour.

Le RollySteam tente de proposer cette technologie dans un format légèrement plus accessible. Mais à vouloir faire des compromis, Polti ne s’est-il pas perdu en route ? Après deux semaines de test intensif sur carrelage et parquet, voici notre verdict.

Fiche technique

Ce test a été réalisé à partir d’un produit fourni par la marque.

Un design léger mais peu flatteur

Sur le plan esthétique, Polti a choisi une voie radicalement différente de ses concurrents asiatiques. Oubliez les finitions laquées « piano black » ou les inserts chromés rutilants des concurrents asiatiques, le RollySteam joue la carte de la sobriété, voire de l’austérité.

Visuellement, l’appareil arbore une esthétique fonctionnelle. La coque est constituée majoritairement de plastiques noirs et gris, mats et durs. Au toucher, l’impression est en demi-teinte : elle fait moins premium et moins dense que les standards actuels du marché. Les matériaux sonnent un peu creux et l’assemblage présente par endroits un léger jeu, notamment à la jonction entre le manche et le corps principal. On est loin de la rigidité monolithique d’un Tineco.

Hagop Kavafian pour Frandroid

Cependant, ce choix de matériaux a un avantage indéniable, et non des moindres : la légèreté. Avec seulement 4,2 kg sur la balance, le RollySteam est l’un des nettoyeurs vapeur les plus légers de sa catégorie. C’est une prouesse quand on sait qu’il embarque une batterie et un module de chauffe pour la vapeur. Là où certains concurrents pèsent lourd sur le bras après 15 minutes de ménage, le Polti se laisse manœuvrer avec une facilité déconcertante. Ce design cache donc une volonté de réduire la fatigue de l’utilisateur, un compromis qui trouvera son public chez ceux qui privilégient le confort physique à l’esthétique pure.

Les réservoirs sont logés de part et d’autre du corps : eau propre (0,6 L) à l’arrière, eau sale (0,8 L) à l’avant. Leur manipulation est aisée, même si les mécanismes de clipsage en plastique dur demandent parfois de forcer un peu, renforçant cette impression d’une finition qui aurait mérité plus de finesse.

Une fois le manche en main, l’expérience ergonomique se révèle cependant un peu déroutante. La poignée, bien que confortable, abrite des commandes dont la logique m’a laissé perplexe, au point où j’ai eu du mal à comprendre comment lancer et arrêter l’aspirateur. Il n’est pas toujours clair combien de pressions sont nécessaires pour démarrer l’aspiration, lancer le lavage ou activer la vapeur. Faut-il un clic ? Un appui long ? La réactivité des boutons est molle, et l’on se retrouve souvent, lors des premières utilisations, à tapoter plusieurs fois frénétiquement en attendant que le moteur daigne se lancer ou que la vapeur arrive. C’est un coup de main à prendre, mais on aurait aimé une interface plus franche, plus « clic-and-go », surtout pour un appareil qui se veut grand public.

Hagop Kavafian pour Frandroid

L’écran LED intégré sur le corps de l’appareil remplit son office. Sans être une dalle haute définition, il affiche les informations essentielles : niveau de batterie, mode enclenché (vapeur/standard) et alertes de réservoirs. Il est suffisamment lumineux pour être lisible debout, ce qui est l’essentiel. En revanche, contrairement à certains modèles, l’écran se situe sur le moteur et non le manche, mais les grands caractères le rendent parfaitement lisible lors de l’utilisation.

Sur le terrain, le RollySteam s’avère plutôt agile. La brosse principale est articulée de manière à pouvoir tourner autour des pieds de table sans trop d’effort. La traction vers l’avant est facilitée, malgré l’absence de roues motorisées.

On salue particulièrement la présence d’une bande de LED en façade sur la tête de brosse. Même si l’éclairage n’est pas rasant (type laser), il est très efficace pour repérer les miettes ou les poils d’animaux dans les zones sombres, sous les chaises ou le long des couloirs peu éclairés.

Enfin, l’appareil dispose d’une position « parking » : il tient debout tout seul si vous devez lâcher le manche pour déplacer un meuble ou répondre au téléphone. Attention toutefois, l’équilibre est précaire. Une légère bousculade suffit à le faire vaciller, prudence donc si vous avez des animaux de compagnie turbulents autour de vous pendant le ménage. Par ailleurs, le Rollysteam ne peut pas laver à plat, ce que la plupart des balais laveurs peuvent désormais faire.

Un nettoyage en profondeur

C’est sur le terrain de l’efficacité pure que l’on attendait le Polti RollySteam au tournant. La promesse de la marque italienne est séduisante : combiner la puissance de désincrustation de la vapeur à l’aspiration des déchets, le tout en un seul passage. Si le pari est réussi sur le plan thermique, la copie est malheureusement ternie par une gestion des fluides qui manque de rigueur.

Soyons clairs : si vous achetez ce produit, c’est pour l’utiliser en mode vapeur. C’est ici que le RollySteam justifie son existence et se distingue des laveurs de sol à l’eau froide. Après une trentaine de secondes de préchauffage, la vapeur est injectée directement sur le tissu du rouleau. L’effet sur les sols durs est immédiat et convaincant.

Face à des taches tenaces, comme du café séché, des traces de sirop collant ou des empreintes de pattes boueuses, la vapeur fait des miracles. Là où un modèle classique doit effectuer trois ou quatre allers-retours pour diluer mécaniquement une tache sucrée, le Polti la fond littéralement en un seul passage lent. On sent que le sol est assaini, sans avoir recours à la moindre goutte de détergent chimique. Sur le carrelage de la cuisine ou de la salle de bain, le résultat est impeccable : ça brille, c’est propre, et ça sèche vite grâce à l’évaporation naturelle de l’eau chaude.

Toutefois, le bilan se gâte en passant en mode lavage/aspiration classique. Privé de son atout thermique, le RollySteam redevient un laveur de sol moyen. En effet, sans vapeur et sans détergent, il a du mal à éliminer les taches et laisse même des traces sur son passage. On distingue nettement les coups de rouleau une fois le sol sec, formant des zébrures disgracieuses à contre-jour.

Hagop Kavafian pour Frandroid

En termes d’aspiration pure, le RollySteam fait le travail correctement. Il avale sans broncher poussières, poils d’animaux, miettes de pain et même des débris plus lourds comme des grains de litière ou des coquillettes. La séparation air/eau fonctionne bien, et la puissance est suffisante pour ne rien laisser traîner.

Concernant le nettoyage le long des plinthes, le constat est mitigé. La brosse est décentrée sur le côté droit pour tenter de laver au plus près du mur, mais il reste une bande de quelques millimètres que le rouleau n’atteint pas. C’est mieux que les appareils d’il y a trois ans, mais moins bien que les systèmes de bord à bord qui rasent le mur de façon impressionnante.

Mais le point le plus frustrant, celui qui risque d’agacer au quotidien, concerne l’étanchéité du circuit lors de l’arrêt de la machine. C’est un problème de conception hydraulique que l’on pensait réglé sur les appareils de cette gamme de prix.

Hagop Kavafian pour Frandroid

Le scénario est immuable : vous nettoyez votre salon, tout se passe bien. Vous éteignez l’appareil ou vous le mettez en position verticale parking pour déplacer une chaise. À cet instant précis, le RollySteam relâche quasi systématiquement une petite quantité d’eau sale (un mélange de l’eau du rouleau et des résidus aspirés) à l’endroit exact où il s’est arrêté. On se retrouve donc avec une petite flaque grisâtre en plein milieu d’une zone que l’on vient de nettoyer. C’est rageant et oblige à essayer d’arrêter l’appareil sur sa base, ou avoir un essuie-tout en poche pour éponger la bavure finale.

Côté décibels, le RollySteam n’est pas un modèle de silence, produisant environ 78 dB. Sans être insupportable, le niveau sonore couvre largement une conversation.

Pour ce qui est de l’autonomie, comptez environ 30 à 35 minutes, en mode standard et environ 20 minutes en mode vapeur. C’est suffisant pour nettoyer une pièce très sale, mais trop juste pour faire le grand ménage de printemps d’une maison entière à la vapeur sans repasser par la case recharge. Recharge qui, notons-le, est assez longue, puisqu’elle prend près de 4 heures.

Un entretien fastidieux

L’entretien d’un aspirateur laveur est souvent une corvée. Les marques travaillent donc d’arrache-pied pour automatiser ce processus. Le Polti RollySteam est livré avec une station d’accueil qui permet la recharge et l’auto-nettoyage.

Une fois posé sur sa base, on peut lancer un cycle de rinçage du rouleau. L’opération dure environ deux minutes. Le système envoie de l’eau propre, fait tourner le rouleau à haute vitesse et aspire l’eau sale. Le résultat est acceptable pour un entretien quotidien : le rouleau ressort visuellement propre.

Hagop Kavafian pour Frandroid

Cependant, contrairement à la concurrence, le RollySteam ne propose pas de séchage centrifuge efficace ni de séchage à l’air chaud. Le rouleau reste donc humide après le cycle. Si vous ne le sortez pas manuellement pour le faire sécher à l’air libre, vous vous exposez à des odeurs de moisissure en moins de 24 heures. C’est un retour en arrière technologique dommageable pour le confort d’usage.

Le démontage des réservoirs est simple, mais leur conception rappelle encore une fois le côté « cheap » de l’appareil. Le réservoir d’eau propre (0,6 L) est suffisant mais son orifice de remplissage est étroit. Le réservoir d’eau sale (0,8 L) dispose d’un filtre HEPA qu’il faudra régulièrement laver. Le système de séparation des déchets solides (cheveux, poussière) et liquides est sommaire : on finit souvent par devoir mettre les doigts dans la saleté pour vider correctement le bac.

Hagop Kavafian pour Frandroid

Enfin, l’entretien physique de l’appareil (retirer le capot de brosse, nettoyer les conduits) se fait sans outils, mais les mécanismes de clips en plastique dur font peur. On hésite à forcer pour déclipser le cache-rouleau de peur de casser une patte de fixation. La durabilité de ces pièces mobiles semble être le point faible structurel de la machine.

Prix et disponibilité

Le Polti RollySteam est vendu environ 600 euros chez Amazon, Boulanger, Cdiscount et Fnac Darty.

C’est un tarif relativement cohérent avec la concurrence, voire légèrement plus abordable comparativement aux Tineco S7 Stretch Steam et Roborock F25 Ultra. Certes, ces concurrents ne proposent pas tous la vapeur, mais offrent souvent une meilleure qualité de finition, une application mobile (absente chez Polti) et une qualité de lavage globalement supérieure.


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Note finale du test
6 /10
Avec le RollySteam, la marque italienne tente de condenser son savoir-faire historique de la vapeur dans un format balai sans fil. Sur le plan purement sanitaire, le pari est gagné : c'est un tueur de bactéries et de taches incrustées qui rassurera les foyers les plus exigeants sur l'hygiène, le tout sans la moindre goutte de détergent chimique. Sur ce point précis, il offre une tranquillité d'esprit que peu de concurrents peuvent égaler.

Cependant, à l'usage, l'expérience utilisateur ne se limite pas à la température de l'eau. Face à une concurrence asiatique (Tineco, Roborock) qui a élevé les standards de finition et d'ergonomie, le RollySteam accuse un retard flagrant. Son aspect plastique, ses commandes floues, l'absence de fonctionnalités de confort désormais standards (séchage à l'air chaud, lavage à plat, application) et surtout ce défaut agaçant de fuite d'eau à l'arrêt, trahissent une conception qui manque de maturité et de rigueur.

À environ 600 euros, le positionnement est délicat. S'il reste une option pertinente pour les inconditionnels de la vapeur, il aura du mal à convaincre le grand public face à des modèles plus polyvalents, mieux finis et surtout plus agréables à vivre au quotidien. Le RollySteam est un excellent outil de désinfection, malheureusement coincé dans un corps d'appareil qui semble avoir une génération de retard. Il trouvera certainement preneur après des foyers qui préfèrent ne pas acheter chinois, mais n'est malheureusement pas suffisamment équipé face aux Roborock F25 Ultra et Tineco S7 Stretch Steam.

Points positifs du Polti Rollysteam

  • Efficacité de la vapeur

  • Léger

  • LED intégrée à la tête de lavage

Points négatifs du Polti Rollysteam

  • Finitions et qualité de fabrication

  • Pas de séchage à air chaud

  • Traces sur le sol en mode lavage classique

  • Pas d'application

  • Pas de lavage à plat

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