
Les réseaux sociaux sont décidément dans le viseur du pouvoir français. Le président Emmanuel Macron en a remis une couche ce lundi 26 octobre, lors d’une visite à Marseille, dont la mairie avait été dégradée en marge de la mobilisation du 17 octobre. Le chef de l’État y a affirmé, devant les micros, que « les réseaux sociaux abîment nos démocraties ».
Cette déclaration intervient dans un contexte politique très tendu en France. Après les violences et les pillages qui ont émaillé les mobilisations du 17 octobre contre la vie chère et en soutien au mouvement des lycéens, le gouvernement a envisagé la suspension temporaire des réseaux sociaux. Avant les manifestations du 24 octobre, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a même demandé, dans une lettre, aux quatre grands opérateurs de se tenir prêts à couper l’accès à TikTok, Instagram, Snapchat et X pendant quelques heures en cas de demande de Matignon.
Le blocage n’a finalement pas eu lieu. Orange, Bouygues Telecom, SFR et Free avaient de toute façon pointé les limites d’une telle mesure auprès du Premier ministre, sur le plan technique comme juridique.
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Cela n’empêche pas Emmanuel Macron de charger les réseaux sociaux.
Est-ce que les réseaux sociaux jouent un rôle dans cette affaire ? À coup sûr. À coup sûr. Mais les réseaux sociaux abîment nos démocraties. Parce qu’ils polarisent, parce qu’ils créent une espèce de sidération devant les scènes de violence, parce qu’ils sont, pour certains, des instruments de mobilisation du pire. Ils ont été utilisés en particulier le 17 pour faire venir des jeunes ou des moins jeunes sur les lieux de délinquance, d’attaque, de pillage. Et parce qu’il y a une forme de déréalisation de la violence qui se passe sur ces réseaux sociaux.
Emmanuel Macron
Le président de la République regrette aussi « une grande confusion, une forme d’excitation permanente qui est en train de se faire, une fascination pour la violence. On doit casser ce cycle ». Il estime ainsi que les réseaux nuisent au vivre-ensemble et qu’ils empêchent le débat démocratique de se dérouler dans les bonnes conditions alors que « nous sommes à six mois d’une élection présidentielle ».
C’est le moment de débats, normalement. C’est pas le moment de la violence. C’est précisément le moment où on peut exprimer ses accords et ses désaccords pour faire émerger des propositions politiques qui permettront de décider pour notre avenir. Et donc notre pays, qui est une grande démocratie, mérite un beau et grand débat démocratique pour ces élections présidentielles. Il ne faut pas se le laisser voler par des professionnels du désordre, des casseurs, des pilleurs et les forces du chaos.
Emmanuel Macron
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