
Si le démarchage téléphonique non consenti est techniquement hors la loi en France depuis le 11 août 2026, cela n’a pas empêché certaines entreprises peu scrupuleuses de continuer à décrocher leur combiné à tout bout de champ.
Sur l’application Saracroche, la journée du 1er septembre a ainsi pointé à 5000 signalements (contre 8000 vers juillet tout de même), signe que « certains opérateurs ont totalement cessé leurs activités, tandis que d’autres n’ont rien changé à leurs pratiques », note Camille Bouvat, développeur de l’application.
Pour contrer ce fléau, le célèbre logiciel de blocage des appels indésirables présente plusieurs nouveautés qui devraient le rendre encore plus intéressant qu’avant.
Plus de numéros bloqués, plus de granularité
La version 5.0 tout juste arrivée sur iOS (et disponible depuis le 30 juin sur Android) intègre, par exemple, les listes communautaires. En plus de se baser sur les préfixes français de démarchage et sur la liste des opérateurs les plus nuisibles, l’application intègre des listes de numéros et d’opérateurs identifiés par les utilisateurs et utilisatrices comme étant indésirables. En tout, c’est presque 20 millions de numéros qui sont filtrés avec les différentes listes.
Histoire de ne pas être trop agressive, l’appli intègre aussi une liste de numéros validés (avec le service client Free, EDF ou le standard Uber Eats) et permet d’activer ou de désactiver chaque liste. On retrouve là ce qui a fait le succès de l’application Orange Téléphone avec sa liste de blocage en production participative. Une liste personnelle vous permet de bloquer et d’autoriser des numéros spécifiques aussi.

Cette gestion multiliste « à l’image d’uBlock Origin […], ouvre la voie à l’intégration de nouvelles listes dans un futur proche (blocage des numéros prépayés, des numéros surtaxés, etc.) », note Camille Bouvat.
Vers une ouverture à l’international
Pas encore intégré à l’application, l’annuaire inversé de Saracroche est disponible sur son site. En rentrant un numéro, vous pouvez ainsi voir son « Score Spam » pour juger s’il vaut le coup de rappeler. Si le téléphone est renseigné sur OpenStreetMap, vous aurez même le nom de l’entreprise derrière et un petit lien vers la plateforme française cartes.app pour la localiser efficacement.
« Cela représente plus de 450 000 commerces et lieux disposant d’un numéro de téléphone », indique le développeur de Saracroche, tout en appelant ses utilisateurs et utilisatrices à « encourager vos commerces et lieux préférés à enregistrer leur numéro sur OSM » ou à le faire soi-même pour « contribuer à ce bien commun qu’est OpenStreetMap ».
Pour aller plus loin
L’IA et le démarchage téléphonique sont un cauchemar, voici comment arrêter ça
Camille Bouvat n’en a d’ailleurs pas fini, puisqu’il souhaite ouvrir l’application à l’international, mieux filtrer les SMS de démarchage et continuer à traquer les numéros pénibles. Rappelons que Saracroche est une application libre et gratuite, disponible sur iOS et Android et qui fonctionne grâce aux dons.
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