Un SUV Lexus fabriqué en Chine : Toyota abandonne le « Made in Japan » pour sa prochaine voiture électrique

 
Si Toyota produit ses voitures électriques au Japon, le constructeur veut désormais opter pour une nouvelle stratégie. Il prévoit finalement d’assembler son prochain modèle en Chine, afin de rester plus compétitif sur ce marché.
Crédit : Toyota

Certains constructeurs automobiles ont encore du mal à croire à la voiture électrique. C’est par exemple le cas des Japonais, et tout particulièrement de Toyota. D’ailleurs, la firme ne s’en est jamais cachée, et a déjà tenté de prouver son point de vue à plusieurs reprises. Mais avec l’arrivée de Koji Sato à sa tête, l’entreprise a peu à peu changé de stratégie. Car le nouveau patron avait présenté une feuille de route très bien fournie, annonçant de futurs modèles. En parallèle, Toyota travaille aussi sur une batterie solide.

Toutefois, tout n’est pas parfait non plus. Ainsi, la société avait finalement fait une croix sur le développement d’une berline électrique, qui devait porter le logo Lexus. Cependant, ce n’est pas pour ça que le groupe veut ralentir, bien au contraire. Car il prépare le lancement d’un nouveau SUV zéro émission (à l’échappement), qui sera vendu par la division haut de gamme. Cette fois, il sera produit en Chine. C’est en effet ce qu’annonce le média Nikkei, qui nous en dit un peu plus.

Toyota BZ3x // Crédit : Toyota

On apprend que cette nouvelle voiture démarrera sa production « dès l’automne prochain », au sein de l’usine de Shanghai. Pour mémoire, ce site a commencé sa construction en juin 2025. Selon la marque, le site devrait être terminé en septembre 2026, tandis que les premiers véhicules en sortiront en 2027. Ce sont d’abord environ 1 000 exemplaires par mois qui devraient sortir des chaînes d’assemblage la première année. Mais la cadence devrait ensuite passer à « plusieurs dizaines de milliers » en 2028. Pour Toyota, produire ce modèle en Chine avant le Japon marque une vraie rupture.

Une volonté de s’imposer

Actuellement, la marque produit déjà des voitures électriques dans l’Empire du Milieu, mais uniquement via des coentreprises. C’est par exemple le cas du bZ3X. Alors que Toyota veut s’imposer en Chine, la marque doit s’investir sur ce marché. Car en 2025, selon le cabinet d’études GlobalData, ce pays a représenté 60 % des ventes mondiales de véhicules électriques. Soit trois fois plus que l’Europe et 100 fois plus que le Japon. Si la firme veut encore proposer un large choix de motorisations dans le reste du monde, elle veut désormais se concentrer sur les VE en Chine.

Ce site de Shanghai n’est pas une usine comme les autres pour Toyota : c’est sa toute première installation détenue à 100 % en Chine. Jusqu’ici, le constructeur ne produisait sur place qu’au travers de coentreprises locales, avec GAC et FAW. Il devient aussi le deuxième constructeur étranger, après Tesla, à bâtir une usine automobile en propre à Shanghai.

De plus, elle souhaite aussi recourir à des « technologies de pointe » pour la production de sa prochaine auto. Parmi elles, le Gigacasting, popularisé par Tesla. Cette méthode permet de mouler plusieurs éléments d’un véhicule en une seule partie. Elle permet de réduire le poids de certaines structures de caisse jusqu’à 20 %, ce qui améliore légèrement la consommation et l’autonomie. En parallèle, le coût de production baisse aussi, tandis que la production est plus rapide. De plus, cela garantit une carrosserie plus rigide.

Toyota BZ // Crédit : Toyota

Une chose est sûre, il est urgent d’agir pour Toyota. Car comme le rapporte Electrek, la firme a vendu environ 810 000 véhicules en Chine entre janvier et juillet 2026. Soit 18 % de moins qu’à la même période en 2025. Le constructeur veut aussi miser sur le temps de développement réduit dans l’Empire du Milieu, où seulement deux ans sont nécessaires pour concevoir une nouvelle voiture. Contre environ quatre à cinq ans dans le reste du monde.

Reste une question pour les acheteurs européens : ce futur SUV Lexus arrivera-t-il un jour en France ? Pour l’instant, Toyota n’a communiqué que sur le calendrier chinois, sans prix ni date pour l’Europe. Le modèle est pensé comme une voiture haut de gamme mondiale, mais rien ne dit encore quand – ni même si – il traversera jusqu’à nos concessions.


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