« Un non-sens économique » : le patron de Lexus affirme que l’électrique fait perdre jusqu’à 3 000 € par voiture

 
Si les ventes de voitures électriques progressent, le patron de Lexus France n’est pas convaincu par cette motorisation. Il estime que celle-ci fait perdre énormément d’argent aux constructeurs. Mais est-ce réellement le cas ?
Lexus TZ 2026 // Crédit : Lexus

On le sait, les constructeurs automobiles japonais ont encore du mal à réellement croire à la voiture électrique. C’est tout particulièrement le cas pour Toyota, qui ne cesse de rappeler sa défiance vis-à-vis de cette motorisation. Et sans surprise, sa division haut de gamme Lexus est aussi concernée. À tel point que cette dernière a récemment tiré un trait sur son projet de berline zéro-émission (à l’échappement). Et voilà que le patron de la filiale française, Xavier Bartone, vient de prendre la parole à ce sujet.

Interrogé par le média Auto Infos, le dirigeant n’y est pas allé par quatre chemins. Il estime en effet que la stratégie européenne d’imposer la voiture électrique est un véritable « non-sens économique ». Il pointe des objectifs qui poussent à accélérer les ventes de VE, alors que la demande des clients n’évoluerait pas. Pourtant, les chiffres prouvent tout de même une hausse des immatriculations, de l’ordre de 127 % en juillet 2026. Mais cela ne suffit pas à convaincre le dirigeant.

Cette flambée doit toutefois beaucoup au lancement du leasing social, le 16 juillet 2026. Selon L’argus, la part de marché record de 35 % atteinte par l’électrique en juillet est en partie « artificiellement haute », dopée par les aides et par des prix du pétrole élevés. De quoi nuancer la portée du chiffre, qui n’invalide pas totalement l’argument de Xavier Bartone sur une demande poussée par la réglementation plus que par les clients.

Crédit : Lexus

Ce dernier estime en effet que les autos électriques sont en réalité difficilement rentables pour les constructeurs. Il souligne qu’elles coûteraient environ 20 % plus cher à produire que des modèles thermiques équivalents. Ainsi, Xavier Bartone souligne que les marques perdraient entre 1 000 et 3 000 euros par exemplaire vendu. Et selon lui, même les constructeurs chinois ne seraient pas épargnés. Le tout serait également lié aux offres de financement.

Des propos à prendre pour argent comptant ?

Pour le patron, les loyers « ne tiennent pas suffisamment compte de la valeur réelle sur le marché de l’occasion ». La rentabilité des contrats de location est particulièrement difficile à garantir, ce qui met les constructeurs dans une situation assez difficile. En parallèle, il faut savoir que les voitures électriques ne représentent que 6 % des ventes de Lexus en France. La firme prévoit d’en immatriculer environ 7 000 sur l’ensemble de l’année 2026. Mais les propos de son dirigeant sont-ils justifiés ?

Eh bien, pas forcément. Car la situation de Lexus n’est pas la même pour tous les constructeurs. Par exemple, Renault a vu ses ventes de voitures électriques augmenter de 63 % au 1er semestre 2026. Certes, sa marge a légèrement diminué, mais elle reste à 5,2 % sur cette même période. De son côté, BYD a vu son bénéfice net reculer de 19 % en 2025, tandis que sa marge brute reste élevée, à 17,7 %, comme le rappelle Reuters.

Lexus ES // Source : Lexus

Ainsi, tous les constructeurs ne sont pas logés à la même enseigne, bien au contraire. De plus, produire des autos électriques devrait finir par coûter de moins en moins cher. notamment parce que le cours du lithium continue de chuter. Or, on sait que ce matériau est l’un des composants clés des batteries LFP (lithium – fer – phosphate). Et que ces dernières représentent actuellement40 % environ du prix d’une voiture électrique.


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