À bord du Tesla Semi, son responsable nous explique comment le FSD va débarquer

 
Tesla a déjà confirmé que son système de conduite autonome FSD allait arriver sur le Semi. Mais comment compte-t-il l’adapter à son camion électrique ? À bord du Semi européen, Dan Priestley, responsable du programme chez Tesla, nous a détaillé la stratégie du constructeur. Et celle-ci commence paradoxalement par mettre des chauffeurs humains au volant.
Tesla Semi au salon IAA de Hanovre 2026

Lorsque nous sommes montés à bord du Tesla Semi à l’occasion de l’IAA Transportation de Hanovre 2026, Dan Priestley était encore bien installé derrière son volant. À terme, Tesla aimerait pourtant que son camion puisse s’en passer.

L’arrivée du FSD sur le Semi n’est plus une surprise. Comme nous vous l’expliquions déjà en juillet, Elon Musk avait confirmé que Tesla travaillait à son arrivée sur le poids lourd électrique. Restait cependant à savoir comment le constructeur comptait adapter sa technologie à un camion. Nous avons directement posé la question à Dan Priestley. Et sa réponse permet d’en apprendre davantage sur la méthode suivie par Tesla.

Notre rencontre avec Dan Priestley nous a permis d’en savoir plus sur le développement du FSD dans le Semi qui arrivera dès 2027 sur les routes européennes.

Des aides à la conduite avant le FSD

Pas question de passer directement du Semi actuel à un camion autonome (ou semi-autonome). Dan Priestley décrit plutôt une montée en puissance progressive de ses capacités.

« Nous commençons par la sécurité active », nous explique-t-il, en citant notamment le régulateur adaptatif, le freinage automatique d’urgence et l’alerte de collision avant. Tesla veut ensuite introduire progressivement des fonctions plus avancées : « Nous sommes actuellement concentrés sur les fonctions de sécurité avancées, puis nous introduirons l’autonomie au fil du temps. » 

Le Semi dispose déjà de nombreuses caméras autour du véhicule. Sur la version européenne que nous avons découverte à Hanovre, certaines servent notamment à remplacer totalement les rétroviseurs traditionnels, leurs images étant affichées sur les grands écrans placés de chaque côté du conducteur. Dan Priestley nous a confirmé que ces caméras servent également aux fonctions de sécurité active et d’Autopilot

Ce n’est d’ailleurs pas la seule technologie travaillant discrètement en arrière-plan. Comme nous l’avons déjà détaillé, le Semi est capable d’estimer sa masse en temps réel afin d’ajuster ses prévisions d’autonomie, tandis que son système de navigation tient compte des contraintes propres aux poids lourds. Autant de fonctions qui montrent que Tesla ne s’est pas contenté de transposer tel quel le logiciel de ses voitures dans un camion. 

Mais pour aller jusqu’à la conduite autonome, Tesla a surtout besoin d’une chose : faire rouler beaucoup de Semi avec des humains au volant.

Les chauffeurs vont aider à entraîner la conduite autonome

C’est probablement la déclaration la plus intéressante de notre échange avec Dan Priestley. Lorsqu’on l’interroge sur la feuille de route du FSD pour le Semi, le responsable nous répond très clairement :

Tesla Semi (2026) // Source : Tesla

« We need to get trucks out in the world that are human-driven to train the autonomy. » Autrement dit, « Tesla doit mettre des Semi conduits par des humains sur les routes afin d’entraîner son système de conduite autonome ».  De la même manière que Tesla a mis sur la route un certain nombre de voitures équipées du FSD sur les routes européennes pour entraîner la technologie à s’adapter au Vieux Continent (1,6 million de kilomètres d’essais revendiqués par Tesla en Europe).

Dans le cas du Semi, les premiers chauffeurs ne serviront donc pas seulement à transporter des marchandises. Les kilomètres parcourus par les camions doivent également contribuer au développement des systèmes qui permettront ensuite d’automatiser davantage leur conduite.

Tesla FSD à Rome

Sur ce point, Tesla ne compte d’ailleurs pas repartir de zéro. Priestley explique que le constructeur prévoit d’utiliser « la même technologie » et « la même idée d’entraînement » que du côté de ses voitures, avant de les appliquer au Semi.

Il faut toutefois éviter d’aller plus loin que ce que nous a indiqué Tesla. Le responsable ne nous a pas précisé quelles données seront exactement utilisées pour cet entraînement, ni comment elles seront collectées et traitées. Il ne détaille pas non plus les éventuelles différences techniques qu’imposera le passage d’une voiture à un véhicule routier pouvant atteindre plusieurs dizaines de tonnes.

Vers un Semi totalement autonome ?

C’est évidemment l’objectif à plus long terme. Dan Priestley évoque notamment les bénéfices économiques et en matière de sécurité routière que Tesla attend de l’autonomie appliquée aux camions. 

Tesla ne sera pas seul sur ce créneau. À l’IAA de Hanovre, Mercedes, MAN et Volvo ont eux aussi présenté des camions électriques taillés pour la longue distance et affiché leurs ambitions en matière de conduite automatisée, comme le détaille Numerama. De quoi rappeler que la bataille de l’autonomie sur le poids lourd se jouera à plusieurs.

Pendant notre échange, le responsable du Semi ne nous a toutefois pas donné de nouveau calendrier précis pour atteindre cette conduite semi-autonome. Il décrit plutôt une évolution par étapes : fonctions de sécurité active d’abord, capacités de conduite automatisée ensuite, puis autonomie progressivement. Cette montée en puissance accompagnera désormais le développement commercial du camion.

Le Semi doit notamment arriver en Europe à partir de 2027, dans une version quasi-identique à celle du Standard Range américain que nous avons déjà détaillée. Tesla prépare parallèlement son infrastructure avec un premier déploiement de plus de 100 points de recharge MCS sur ses marchés européens de lancement.  

Autrement dit, avant de voir éventuellement des Semi circuler sans chauffeur, Tesla doit encore en mettre beaucoup sur les routes avec quelqu’un derrière le volant.


Retrouvez un résumé du meilleur de l’actu tech tous les matins sur WhatsApp, c’est notre nouveau canal de discussion Frandroid que vous pouvez rejoindre dès maintenant !

Recherche IA boostée par
Perplexity