« Un plein à 10 euros » : Lidl casse le prix de sa recharge électrique, c’est le tarif le moins cher de France

Plein à 9 euros

 
Lidl a annoncé ce vendredi 18 septembre faire tomber le prix de sa recharge en courant alternatif à 0,18 euro le kWh, via son application Lidl Plus. L’enseigne revendique le tarif le moins cher de France.
Une station de charge Lidl // Source : Lidl

Au moment où le tarif de l’essence n’a jamais été aussi élevé, Lidl donne un nouveau coup de pouce à la voiture électrique. Le géant du commerce annonce un tarif à 0,18 euro le kilowattheure. De quoi recharger 50 kWh, la batterie de la Renault 5 E-Tech, pour 9 euros. Chez un opérateur spécialisé de charge rapide comme Ionity ou Electra, la note dépasse souvent 30 euros. La question n’est plus de savoir si Lidl dépanne les conducteurs électriques, mais à quelle vitesse l’enseigne, déjà réputée pour la recharge la moins chère de France, se transforme en réseau national.

La ristourne ne vaut que pour la recharge en courant alternatif (AC), la charge lente jusqu’à 22 kW, et uniquement via l’application Lidl Plus. Rien d’autre à payer, Lidl Plus étant gratuite et non un abonnement. Le tarif passe de 0,29 à 0,18 euro le kWh, une baisse de 37,9 % qui vaut à Lidl de revendiquer le tarif le moins cher de France. La recharge rapide en courant continu (DC), qui grimpe jusqu’à 180 kW sur certaines bornes, reste, elle, facturée 0,29 euro.

À 22 kW, une borne en courant alternatif redonne de quoi rouler le temps d’un passage en caisse. Pour qui branche sa voiture pendant ses courses, l’équation à 0,18 euro le kWh devient difficile à battre. L’enseigne ne s’arrête d’ailleurs pas aux parkings : elle vend aussi ses propres bornes domestiques pour recharger à la maison. Et sur ses parkings, certains automobilistes ont même tenté de brancher leur voiture sur les prises pour vélos électriques en libre accès, une astuce dont la légalité reste douteuse.

Une réserve, toutefois. La borne monte à 22 kW, mais la plupart des voitures ne suivent pas : leur chargeur embarqué plafonne la charge en courant alternatif à 11 kW, parfois 7,4 kW. La Renault 5 E-Tech citée plus haut ne dépasse justement pas 11 kW en AC. Le temps d’un passage en caisse, on récupère donc quelques kWh, pas une batterie pleine – le tarif imbattable profite surtout à qui laisse sa voiture branchée un long moment.

La grande distribution se taille un réseau de recharge

Lidl n’avance pas seul. Intermarché a branché des bornes rapides sur les parkings de ses magasins, E.Leclerc a lancé son application maison avec des tarifs autour de 0,24 euro le kWh, et Carrefour retravaille son offre pour capter les clients électriques. Au printemps 2026, distributeurs, énergéticiens et opérateurs se sont même réunis à l’Élysée pour empiler les annonces. La logique reste la même partout, la borne remplace la station-service comme produit d’appel pour la clientèle.

Sur ce terrain, Lidl part avec deux atouts. L’enseigne revendique désormais plus de 5 700 points de charge sur les parkings de ses supermarchés, et se présente comme le premier réseau de recharge rapide de France par le nombre de points. Avec plus de 1 000 supermarchés déjà équipés sur environ 1 600 dans le pays, la marge de progression reste réelle. Là où un opérateur spécialisé doit rentabiliser chaque borne, Lidl peut vendre l’électron à prix coûtant et se rattraper sur le panier moyen en magasin.

Pour le conducteur électrique, la mécanique tient en trois gestes : on branche, on fait ses courses, on repart. À 0,18 euro le kWh en courant alternatif, difficile de trouver moins cher ailleurs. Face à un distributeur qui n’a pas besoin de gagner de l’argent sur l’électron pour rester rentable, les opérateurs spécialisés partent avec un handicap structurel.


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