Certains utilisateurs d’Instagram profitaient du réseau social pour s’échanger des images à caractère pédopornographique. Rapidement alerté par ses utilisateurs, le réseau a réagi en limitant certains hashtags.

La pédopornographie est un fléau qui gangrène internet. Bien évidemment illégal, l’échange de telles images est puni par la loi, mais cela n’empêche pas ses auteurs de trouver de nouveaux moyens de communiquer entre eux sur des places publiques. Pour cela, ils utilisent certains langages codés, qui parfois finissent par éclater au grand jour.

C’est ce qui est arrivé sur Instagram, le réseau social dédié aux photos de Facebook. Bien que celui-ci ne soit pas particulièrement pensé pour les communications privées ou les échanges de fichiers, certains ont réussi à le détourner en utilisant des hashtags à première vue anodins. Les principaux hashtags, #dropboxlinks et #tradedropbox, utilisés sur des photos tout à fait banales, permettaient aux pédophiles de rentrer en contact entre eux et ainsi de s’échanger en privé du contenu illégal via des plateformes de partage de fichiers comme DropBox.

Ces hashtags pouvaient parfois s’accompagner de déclinaisons malheureusement beaucoup plus explicites comme #gay13years, ou de commentaires comme « j’ai des liens » ou « j’échange des garçons contre des filles », rapporte TNW, screenshots à l’appui.

Instagram a endigué le problème à sa manière en rendant inaccessibles les hashtags en question. Un message affiche désormais « Les publications pour #dropboxlinks ont été limitées, car la communauté a signalé du contenu qui pourrait enfreindre les règles de la communauté Instagram ». Les règles d’Instagram rappellent en effet que l’usage du réseau social se fait dans le respect des lois, et qu’est appliquée « une tolérance zéro vis-à-vis des partages de contenus sexuels impliquant des mineurs ».

Instagram a également indiqué « développer une technologie qui trouve de manière proactive le contenu lié à la pédopornographie et l’exploitation des enfants dès qu’il est téléchargé afin de pouvoir réagir rapidement ».

Malgré cette limitation du hashtag, plusieurs personnes ayant signalé les comptes concernés ont reçu une réponse d’Instagram précisant que les utilisateurs en question ne violent pas les conditions d’utilisation de la plateforme — puisque le contenu n’est pas directement hébergé sur la plateforme — et les comptes n’ont donc pas été supprimés selon The Atlantic.

La communauté à la rescousse

Contacté par TNW, Dropbox a bien évidemment condamné cette utilisation de son service et promet travailler avec Instagram pour s’assurer que ce type de contenu est supprimé dès que possible de son service d’hébergement.

Quant au détournement de l’usage du réseau social, c’est la communauté d’Instagram elle-même qui a tenté de noyer la pratique en publiant massivement des mèmes sur les hashtags en question afin de rendre la prise de contact des pédophiles plus difficile.

Cela montre notamment la difficulté pour les plateformes pour endiguer ce genre de comportement d’utilisateurs qui trouvent toujours un moyen de contourner les blocages et de revenir avec de nouvelles méthodes.