
En 2025, près de 18 000 humanoïdes ont été envoyés dans le monde, dont environ 90 % sont issus d’entreprises chinoises. Un nombre loin d’être anodin. Selon Bloomberg, Pékin soutient financièrement leur déploiement dans des plateformes logistiques, des usines de batteries et d’autres sites industriels.
Une décision qui repose sur un objectif clair : faire en sorte que les robots humanoïdes apprennent des interactions humaines pour devenir plus performants. Une stratégie qui s’oppose à la méthodologie américaine.
Des conditions proches du réel
En mai 2026, l’entreprise américaine Figure AI a diffusé en direct pendant près d’une semaine, ses robots trier plus de 60 000 colis dans son centre sans interruption. Une prouesse logistique qui ne semble pas émouvoir les industriels chinois, la jugeant trop loin du réel. « La démonstration de Figure se limite encore à un laboratoire… notre déploiement se fait sur une véritable chaîne de production afin de pallier la pénurie de main-d’œuvre et de libérer des emplois », a déclaré Ai Wen, directeur de projet chez Agibot.
Pour parvenir à ses objectifs, l’entreprise chinoise spécialisée dans la robotique se dit en mesure de déployer dans les usines plus de 1 000 robots cette année et plus de 10 000 en 2027.
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Pour X Square, une autre entreprise chinoise spécialisée dans le secteur, le meilleur terrain de jeu reste les foyers. Il n’existe « ni scénario ni procédure standard dans les vraies maisons », selon Gan Ruyi, responsable des algorithmes chez X Square Robot. L’entreprise basée à Shenzhen a levé 6,3 milliards de yuans d’investissements (plus de 800 millions d’euros) depuis le début de l’année, soit le montant le plus élevé pour une entreprise de robotique, rapporte Bloomberg.
Une avance à maintenir
Cette stratégie d’apprentissage par l’expérimentation permettrait aux entreprises chinoises de prendre une longueur d’avance dans la course aux robots humanoïdes. « La Chine, forte de son avantage en matière de chaîne d’approvisionnement, a l’opportunité d’orienter le développement et de définir le paradigme », estime Su Hao, informaticien formé aux États-Unis et revenu en Chine pour fonder un institut à l’université Fudan de Shanghai.
Au-delà de la fabrication des robots, Pékin pourrait ainsi contrôler deux éléments essentiels de cette future industrie : les chaînes d’approvisionnement et les gigantesques bases de données nécessaires à l’entraînement des intelligences artificielles. À l’inverse, les entreprises américaines misent encore largement sur la simulation en laboratoire et l’acquisition de données, tout en s’appuyant sur des pays comme l’Inde ou le Vietnam pour certaines tâches nécessitant une main-d’œuvre à moindre coût.

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