J’ai transformé mes pensées chaotiques en document parfait : voici mon usage préféré de Claude

 
Le mode vocal de Claude est très pratique pour mettre au propre un document exposant efficacement des idées qui partent dans tous les sens. J’en ai un usage régulier et je voulais vous partager un exemple très concret.
Le mode vocal de l’application Claude // Source : Omar Belkaab – Frandroid

Sur Messenger ou WhatsApp, personne n’a envie d’écouter un message vocal de 20 minutes. C’est long, désordonné et truffé de « Euuuuh » insupportables. C’est pourtant exactement ce que j’allais envoyer à une amie avant de me rappeler que Claude existait. Grâce à l’IA, mon exposé oral brouillon et dense s’est transformé en un document beaucoup plus clair et pertinent. Je vous pose le contexte.

La problématique

Tout commence quand mon amie m’envoie un message afin de me demander des conseils pour mener à bien une partie de jeu de rôle. Dans le cadre d’un podcast, on lui a en effet demandé si elle pouvait animer de courtes sessions d’environ 30 minutes. Le problème, c’est qu’elle n’y connaît rien.

C’est pourquoi elle se tourne vers moi puisque j’ai l’honneur et le plaisir d’officier en tant que maître du jeu dans une partie de Donjons et Dragons avec quelques amis. Et elle a plein de questions.

Je voulais une photo montrant que j’aime beaucoup DnD, mais ça montre surtout que je suis un acheteur compulsif. // Source : Omar Belkaab – Frandroid

Est-ce envisageable de faire une partie en seulement une demi-heure ? Combien de péripéties doit-elle préparer ? Faut-il tout écrire et préparer ? Quand faut-il jeter les dés ? Peut-on faire quelque chose dans un univers réaliste et non fantasy ?

Claude à la rescousse

Ravi, enchanté, extasié de pouvoir parler de mon hobby favori, j’hésite un temps à répondre par un vocal (elle m’en avait elle-même envoyé un pour poser toutes ses questions), mais je me rends compte que je vais forcément faire long et partir dans tous les sens. En parallèle, je savais aussi qu’écrire une réponse bien construite risquait de me prendre beaucoup de temps. C’est là qu’intervient Claude et plus précisément le LLM Opus 5.5 en effort moyen.

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J’écris d’abord plein de notes à la volée, tout ce qui me passe par la tête et qui me paraît répondre aux interrogations de mon amie néophyte. Or, comme je le craignais, plus je pense à des choses, plus j’ai envie de donner des informations et des précisions en tous genres (conseils, mises en garde, exemples…).

J’envoie ensuite mes notes manuscrites dans une discussion avec Claude. J’explique au chatbot que c’est ma base pour créer un document pratique pour mon amie et qu’il va falloir compléter et peaufiner ledit document avec plusieurs nouveaux éléments que je vais continuer à fournir, à l’oral cette fois-ci.

Sur l’application Claude de mon smartphone, l’IA se met au travail et prépare un premier jet. Ensuite, j’active le mode vocal qui permet d’échanger avec l’IA de manière plus ou moins naturelle, comme s’il s’agissait d’une discussion avec quelqu’un. Et je parle, parle, parle, parle, parle…

Mettre au propre des notes vocales chaotiques

Je dis tous les conseils et astuces qui me traversent l’esprit, en parlant avec mes mots spontanés à l’oral. Je fais des pauses régulièrement pour continuer à réfléchir et laisser à Claude le temps d’intégrer tout cela, au propre, dans le document (qui s’appelle d’ailleurs un « artéfact » dans l’application).

La notion « au propre » est centrale. J’ai un exemple très représentatif. Au moment où je veux expliquer quand il est pertinent ou non de lancer les dés, regardez à quel point mon discours est décousu et hésitant (c’est la transcription qu’en a faite Claude).

Si maintenant euh, entrer par la porte, ça présente un challenge que tu veux leur. Euh, pardon, si ouvrir la porte est un challenge que tu veux leur présenter, et ben du coup, à ce moment-là, on peut introduire un risque de, d’échec euh, et du coup, bah, de dire si jamais vous échouez, il faudra faire en sorte que les joueurs puissent se dire ok, peut-être qu’il faut passer par la fenêtre, peut-être que je dois aller voler la clé de telle porte, euh, peut-être que je dois défoncer la porte tout simplement, etc. etc. Donc ce doit pas. Hmm. Quand il y a un échec pour genre déverrouiller une porte, genre ils essayent de déverrouiller la porte avec des crochets ou je ne sais quoi, et bah si c’est un échec, il faut pas que ce soit bloquant pour l’histoire, parce que s’ils doivent absolument passer par la porte, ben il faut leur laisser une occasion de trouver d’autres solutions. Si vraiment la seule manière c’était de déverrouiller la porte avec des crochets et qu’ils ratent, ben on a l’air un peu bête quoi.

Voici comment Claude l’a retranscrit dans le document. Ce passage montre bien le travail de mise en forme : l’autocorrection en cours de phrase disparaît, la phrase inachevée « Donc ce doit pas » saute, et l’énumération noyée dans la phrase devient une liste. Le fond du propos et mes expressions finales restent intacts.

Claude a su mettre au propre mon discours très décousu afin de le rendre beaucoup plus clair. // Source : Capture d’écran Frandroid

Autre exemple : j’explique qu’il n’est pas nécessaire de forcément tout préparer et que le plus important et d’avoir les scènes essentielles en tête et de s’assurer que, d’une manière ou d’une autre, les joueurs y arrivent. En relisant mon discours, je m’aperçois à quel point un des passages était brouillon !

Mais en fait, c’est juste s’assurer qu’au milieu, il y a une ou deux scènes qui nous, qu’on a en tête et de faire en sorte que les joueurs puissent arriver à cette scène. Ce qu’il y a entre le début et la scène qu’on a en tête, c’est pas très important. Ils peuvent y arriver par le chemin A, le chemin B, le chemin C. Là, il y a de l’improvisation, c’est tout simplement, voilà, on peut rigoler, il y a, il y a le côté hasard et tout. Et en fait, de faire en sorte, d’une manière ou d’une autre, que ce soit tôt ou tard dans la partie, de, d’arriver à un moment où, ok, bah, je veux qu’ils parlent à tel personnage. Si, au bout d’un moment, tu vois qu’ils vont toujours pas approcher tel personnage, eh bah, ben, tu peux provoquer la chose, et en fait, c’est le personnage qui va venir à eux, et les aborder. C’est ça aussi que j’entends dans, euh, le fait de juste avoir une scène et y aller. Et on peut la provoquer si on voit que les joueurs ne font pas le taf eux-mêmes on peut un peu donner un petit coup de pouce comme ça et ça reste tout à fait cohérent dans un scénario par exemple.

Dans le document, ce passage qui aurait été très pénible à lire dans un message vocal se transforme en un conseil bien plus clair. Claude fait un peu de réorganisation et surtout du nettoyage. Les répétitions disparaissent sans que l’IA ne supprime mes expressions naturelles comme « ne font pas le taf » ou « on rigole ».

Claude ajuste mes phrases à l’oral en éliminant le surplus, mais sans ôter certaines expressions typiques de ma manière de m’exprimer. // Source : Capture d’écran Frandroid

Pour ce qui est de rester fidèle à ma manière de parler à l’oral, il y a un échange qui a sans doute bien aidé Claude. À un moment, je dis « giga teubé » pour parler d’un personnage très bête. L’IA a voulu adoucir cette expression familière, mais je lui ai dit qu’elle n’avait pas à faire cela, car c’est ainsi que je m’exprime et je tenais à ce que le document reste authentique.

À partir de là, Claude n’a donc plus cherché à dénaturer mon ton. Des bouts de phrases tels que « sauver ses miches », « détails complètement débiles » ou « ça peut être rigolo » sont ainsi restés dans le document. C’est dans ces moments que je me rends compte que mon inénarrable et immarcescible amour de la langue française imprègne surtout mes écrits où le capharnaüm de mon esprit réussit à se détacher sinueusement de son amphigourisme sans la moindre hippopotomonstrosesquippedaliophobie… Bref, j’aime écrire complexe et parler simple (mais en m’éparpillant).

Des ajouts pertinents

Plusieurs choses m’ont plu dans cette expérience. Dès le premier jet, le document était intéressant. Ensuite, l’IA comprenait vite mes retours sur la forme et le fond, et modifiait le document en temps réel.

Claude m’a aussi agréablement surpris par certains de ses ajouts. Typiquement, j’explique qu’il est important de décrire la scène qu’engendre un jet de dé au lieu de juste dire aux joueurs qu’ils ont réussi ou raté ce qu’ils entreprenaient. J’ai alors donné très vaguement un exemple, mais sans vraiment aller au bout de mon idée.

J’ai donc dit : « Un tel joueur se met à hurler et tout, et il crie et ça attire le regard de tout le monde et machin ». Claude a compris que ça ne suffirait pas et il a donc donné un exemple plus concret : « Tu te mets à hurler au milieu du salon, les conversations s’arrêtent net, un serveur lâche son plateau de petits-fours, et tous les regards se tournent vers toi… ». C’est parfait, ça colle exactement à mon discours puisque j’avais moi-même parlé de serveurs et de petits-fours en décrivant une scène un peu plus tôt.

Claude se permet quelques ajouts pertinents qui collent bien à mon discours global. // Source : Capture d’écran Frandroid

J’ai bien aimé aussi ses réponses quand je lui ai demandé des retours critiques sur le document. C’est ainsi qu’il m’a suggéré toute une partie sur la difficulté d’animer une partie de jeu de rôle lors d’un podcast. Mon amie devra en effet faire particulièrement attention au rythme pour ne pas ennuyer les auditeurs et aux voix de ses personnages pour que, même sans image, on puisse s’y retrouver dans l’histoire.

Une remarque très pertinente qui a donc été ajoutée au document.

Claude m’aide à faire sans faire à ma place

Ce n’est pas la première fois que je crée un document de la sorte, mais d’habitude, j’ai un fil rouge beaucoup plus clair dans ma tête. L’IA m’évite alors surtout d’écrire. Là, c’est différent : Claude m’a énormément aidé à organiser mes pensées qui allaient pourtant dans tous les sens.

Évidemment, il faut bien relire et l’IA fait encore de petites erreurs. Elle a, par exemple, fait référence trop tôt à des éléments que je n’expliquais que plus tard dans le document. J’ai donc dû lui faire remarquer que cela pouvait être perturbant pour mon amie destinataire du fichier.

Un set de sept dés. // Source : Omar Belkaab – Frandroid

Surtout, j’ai apprécié le fait que l’IA ait trouvé ici le bon dosage : elle n’a pas cherché à inventer ni à créer à ma place. L’assistant a mis en valeur mes idées, mais je ne lui ai pas délégué l’aspect cognitif et créatif. C’est particulièrement important pour deux raisons.

  • D’une part, le document s’adresse à une amie et je ne veux pas qu’un intermédiaire vienne lisser mes propos auprès d’une proche.
  • D’autre part, le jeu de rôle est un loisir qui incite à l’imagination et à l’imaginaire. Laisser Claude se charger de cet aspect enlèverait tout le sel de cette activité.

En revanche, l’IA m’a fait gagner un temps incroyable pour produire un document dont je suis sincèrement fier. Comme je vous le disais, Donjons et Dragons est mon passe-temps favori et j’aimerais pouvoir y jouer tous les jours. Là, j’ai un document tout prêt, avec mes mots et mes idées que je peux partager à la volée avec celles et ceux qui seraient intéressés par le merveilleux monde des jeux de rôle.

Le document en question

J’ai exporté le document en PDF pour l’envoyer à mon amie, mais je vous le partage ici sous forme de captures d’écran si jamais ça vous intéresse.

Bon à savoir sur Claude et Anthropic

Le mode vocal est inclus dans toutes les formules de Claude, y compris l’offre gratuite, d’après la page d’aide d’Anthropic. Il fonctionne sur les applications iOS et Android, mais aussi sur ordinateur et sur le web, même s’il est pensé d’abord pour le smartphone. La fonction est toujours en bêta, tout comme la prise en charge des langues autres que l’anglais.

Logo de Claude // Source : Montage Frandroid

À titre personnel, je profite d’une formule Claude Pro à 18 €/mois ou 180 €/an hors taxes. Mes conversations en français n’ont posé aucun souci, mais on sent que ce n’est pas la langue de prédilection de la voix synthétisée qui répond. Certains mots de la langue de Molière sont d’ailleurs encore assez mal prononcés.

Avant de dicter ses idées à Claude, surtout quand elles concernent un proche, mieux vaut vérifier un réglage. Depuis la mise à jour de ses conditions d’utilisation en 2025, Anthropic peut utiliser les conversations des comptes Free, Pro et Max pour entraîner ses modèles, et les garder jusqu’à cinq ans, sauf si l’on désactive l’option « Help improve our AI models » dans les paramètres de confidentialité. Une fois l’option coupée, les nouvelles conversations ne servent plus à l’entraînement.

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