Apple fait tourner son IA la plus puissante sur du Nvidia, chez Google

 
Apple a beau vanter le tout-maison et l’Apple Silicon, son modèle d’IA le plus puissant tourne sur des GPU Nvidia, hébergés dans le cloud de Google. Un aveu écrit noir sur blanc, qui en dit long sur les dépendances de Cupertino.

Voilà une phrase qu’on n’imaginait pas lire chez Apple. Dans son billet de recherche publié pour la WWDC 2026, la firme détaille les cinq modèles d’IA qui forment Apple Intelligence. Quatre d’entre eux sont taillés pour l’Apple Silicon, les puces maison dont Apple fait sa fierté depuis 2020. Mais le cinquième, le plus capable, fait exception. C’est le modèle réservé au raisonnement complexe et aux tâches dites agentiques.

Pour faire tourner l’AFM 3 Cloud Pro, le modèle serveur réservé au raisonnement complexe et aux tâches agentiques, Apple écrit avoir travaillé avec Google et Nvidia pour étendre son infrastructure Private Cloud Compute à des GPU Nvidia installés dans Google Cloud. Autrement dit, la requête la plus exigeante que vous adresserez à votre iPhone pourra être traitée par une puce Nvidia, dans un centre de données Google. Deux entreprises qu’Apple concurrence frontalement, l’une sur l’IA, l’autre sur les puces.

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Concrètement, le découpage est en plusieurs étages : les requêtes simples restent sur l’appareil, les demandes intermédiaires partent vers les serveurs Private Cloud Compute d’Apple, et seules les tâches les plus lourdes filent vers Google Cloud sur des GPU Nvidia Blackwell B200. À chaque étape, Apple anonymise et tokenise la requête, et se présente comme un intermédiaire de confidentialité : ni ses équipes ni Google ne sont censés pouvoir relier une demande à un utilisateur précis.

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La vie privée, préservée mais déléguée

Apple anticipe évidemment l’objection. La firme assure avoir étendu à ces serveurs Nvidia les mêmes garanties que son Private Cloud Compute : vos données ne seraient ni stockées ni accessibles à qui que ce soit, pas même à Apple, et des chercheurs en sécurité extérieurs à Apple peuvent le vérifier.

Sur le principe, la promesse de confidentialité tient donc, même quand le calcul a lieu sur du matériel tiers. C’est tout l’intérêt de cette architecture chiffrée. Mais soyons lucides : une promesse de vie privée qui s’exécute désormais sur des machines louées chez un concurrent, ça demande une confiance supplémentaire.

Surtout, ce choix s’ajoute à un autre. Apple décrit les cinq modèles comme « custom-built in collaboration with Google » et explique avoir massivement étendu son pré-entraînement sur les TPU de Google, ses puces maison d’IA. Apple insiste toutefois sur le fait que les modèles embarqués restent intégralement les siens et que Gemini a surtout servi à affiner l’entraînement.

Faut-il s’en offusquer ? Pas vraiment. L’IA de pointe réclame une puissance de calcul qu’Apple ne possède pas encore à l’échelle voulue : selon The Information, Apple a constaté que faire tourner son plus gros modèle uniquement sur ses propres serveurs était trop lent pour Siri. Nvidia reste la référence pour ce type de charges. Faire appel à Google et Nvidia, c’est pragmatique, et c’est ce que font la plupart des acteurs. Mais ça écorne le récit du tout-maison : même le géant le plus intégré du monde ne fait pas l’IA tout seul. Pour comprendre comment ces modèles se répartissent le travail, on a détaillé les nouveautés d’iOS 27.

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