
Cette semaine, Apple organisait son grand raout annuel dédié aux développeurs, la conférence WWDC. L’occasion pour la firme de faire le point sur ses principales innovations logicielles portées aussi bien sur ses iPhone que ses Apple Watch.
Cette année, c’est surtout autour de l’intelligence artificielle que se sont portées les annonces d’Apple, avec l’annonce d’une nouvelle version d’Apple Intelligence et, surtout, l’intégration d’un assistant vocal bien plus efficace, Siri AI — bien que celui-ci ne soit pas prévu en Europe.
Apple Intelligence partout… sauf dans Apple Health
Tout au long de la présentation du constructeur, l’intelligence artificielle était au centre des annonces, qu’il s’agisse de l’analyse de vidéos dans Maison, du recadrage des photos ou du tri des onglets dans Safari.

Seulement, une application a fait l’impasse sur l’IA et c’est pourtant l’une de celles qui en auraient le plus besoin : Apple Santé.

Depuis quelques années, les marques tech liées au sport ou à la santé ont bien compris une chose : les utilisateurs ont beau mesurer leur fréquence cardiaque, leur temps de sommeil ou leur nombre de pas, ils ne savent que faire de ces données.
En tant que telles, les mesures ne sont utiles que pour les utilisateurs déjà avertis. C’est bien beau de savoir qu’on a une fréquence cardiaque au repos de 56 bpm, mais, à moins de comparer cette donnée aux autres nuits ou de chercher à la réduire, cela n’aide en rien.

C’est dans ce cadre que les constructeurs ont peu à peu introduit différents scores. Un score d’énergie chez Samsung, un score de Body Battery chez Garmin ou un score d’aptitude quotidienne chez Google. Même Apple s’y est mis en allant au-delà de ses trois anneaux avec l’application Signes Vitaux, la charge d’entraînement ou un score de sommeil.
L’essor de l’IA dans les applications de santé
À l’ère de l’IA, plusieurs constructeurs ont voulu aller encore plus loin. Puisque les applications fourmillent de données en tout genre, pourquoi ne pas donner des conseils aux utilisateurs pour être en meilleure santé, améliorer leur récupération ou optimiser leurs entraînements ?

Ainsi, depuis quelques années, on a vu apparaître des conseils IA sur un grand nombre d’applications. C’est le cas notamment de Samsung Health pour les Galaxy Watch, de Garmin Connect pour les montres Garmin, de Zepp pour les montres Amazfit ou de Strava. Il faut dire que cette tendance provient de nouveaux acteurs de la santé connectée comme Whoop ou Oura qui mettent les scores et l’IA au centre de leur interface. Qu’il s’agisse des bagues Oura ou des bracelets Whoop, les deux appareils sont démunis d’écran. Dès lors, c’est sur l’application smartphone que les données sont affichées, accompagnées de textes d’encouragement, d’analyse de vos performances ou de conseils pour bien dormir.

Le dernier constructeur à avoir suivi cette tendance n’est pas des moindres, puisqu’il s’agit de Google. Avec son application Google Health, la firme a intégré un nouveau « Coach Google Health » alimenté par Gemini.

Il ne se contente pas d’analyser vos séances d’entraînement ou votre sommeil, mais sera aussi accessible à n’importe quel moment dans l’application pour lui poser des questions relatives à vos données, vos habitudes de sommeil ou votre entraînement.
Des conseils IA en chantier chez Apple
C’est précisément ce type de fonctionnalité que l’on attendait sur Apple Santé avec iOS 27. Or, pour la mise à jour du système d’exploitation des iPhone, Apple s’est contenté d’une seule nouveauté liée à la santé : le suivi de la périménopause et des cycles irréguliers. Des fonctions qui seront certes très utiles pour les personnes concernées, mais qui manquent nettement d’ampleur pour une mise à jour d’iOS centrée autour de l’intelligence artificielle.

Surtout que, depuis plusieurs mois, les bruits de couloir enflaient autour d’une refonte d’Apple Santé avec un nouvel abonnement Apple Health+. D’après Mark Gurman, il devait s’agir d’un « nouveau coach de santé basé sur l’IA avec des programmes de nutrition et des suggestions médicales ». Seulement, selon le journaliste de l’agence Bloomberg, le projet aurait été chamboulé en début d’année suite à l’arrivée d’Eddy Cue à la tête de la division santé d’Apple :
Cue a dit à ses collègues qu’Apple devait avancer plus vite et se montrer plus compétitif dans le secteur de la santé, selon ces mêmes sources. Il a ajouté que de nouveaux rivaux — notamment Oura Health Oy et Whoop Inc. — proposent des fonctionnalités plus attrayantes et utiles, en particulier via leurs applications iPhone. Le cadre de longue date d’Apple estimait que le projet actuel de l’entreprise pour un nouveau service de santé n’était pas à la hauteur.
De quoi expliquer pourquoi Apple n’a toujours pas refondu son application Apple Santé autour de recommandations générées par IA.
Une autre hypothèse serait celle de la prudence d’Apple. La marque américaine n’est pas connue pour être la première à se précipiter sur de nouvelles fonctionnalités. Et, dans le domaine sensible de la santé, la firme pourrait chercher à être d’autant plus prudente pour éviter les fausses analyses et l’interprétation de données particulièrement sensibles.
Néanmoins, la porte ne semble pas fermée pour autant, puisque le projet — baptisé « Mulberry » en interne — semble toujours d’actualité. Il serait simplement retardé pour proposer une amélioration plus substantielle. Il reste encore quelques mois avant le lancement officiel d’iOS 27, prévu pour la rentrée de septembre. D’ici là, la firme pourrait bel et bien livrer une version revue et corrigée d’Apple Santé autour d’Apple Intelligence.

Surtout, la demande des utilisateurs devient pressante. En l’absence d’agent IA dans Apple Santé, nombre d’entre eux se sont peu à peu détournés de l’application phare d’Apple pour se tourner vers Bevel.
Cette application tierce permet en effet de récupérer les données d’Apple Santé, mais va les interpréter avec des scores, des conseils et un chatbot alimenté par IA. Un système similaire à ce que propose désormais Google Health et duquel Apple ferait bien de s’inspirer s’il veut rester pertinent au-delà du seul matériel des Apple Watch. Certes, les montres connectées d’Apple sont parmi les meilleures du marché, mais, à moins de se transformer radicalement, Apple Santé prend le risque de devenir une simple base de données, loin d’un accompagnement pertinent dans l’analyse des mesures de sport, de récupération ou de bien-être.
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