
Vous vous rappelez peut-être du Power Mac G4 (au début des années 2000) et de sa carte Nvidia GeForce 2MX ou même de la puce que Nvidia avait développée pour certains MacBook en 2008.

Et si vous vous souvenez de cette époque désormais lointaine dans le parcours industriel et technique d’Apple, vous savez probablement aussi que la firme a tourné le dos à Nvidia à partir de 2013, pour s’acoquiner plus exclusivement avec AMD, avant de développer ses propres solutions graphiques au travers des puces « M » dès 2020. Mais ça, c’est pour la petite histoire.
Alors pourquoi ressortir cet antique dossier au juste ? Parce qu’un article de The Information suggère cette semaine qu’Apple ferait de nouveau (mais indirectement) appel à son ancien partenaire Nvidia. Pas pour loger sa puce RTX Spark dans de futurs MacBook Pro, non, mais pour motoriser la toute nouvelle version de Siri, qui devrait nous être présentée dans quelques jours lors de la WWDC 2026.
Apple et Nvidia de nouveau partenaires, indirects cette fois
Pour rappel, ce Siri 2.0 devrait changer drastiquement par rapport à ce que nous connaissons à l’heure actuelle, en tirant parti du modèle d’IA Google Gemini. L’idée ? Faire monter très sérieusement Siri en compétences après des années de stagnation… pour ne pas dire de déshérence. Sauf que voilà, les puces qui motorisent Google Gemini sont pour la plupart signées Nvidia. Et c’est là que ça devient intéressant.
Cet accord ne sort pas de nulle part : Apple et Google ont officialisé en janvier 2026 un partenariat pluriannuel autour de l’IA, confirmé publiquement en avril par le patron de Google Cloud, Thomas Kurian, lors de la conférence Google Cloud Next. Le nouveau Siri reste attendu pour 2026, avec une présentation à la WWDC le 8 juin et un déploiement grand public à l’automne, en même temps qu’iOS 27.
Voici ce que nous dit The Information :
« Dans le cadre d’un accord entre Apple et Google, certaines requêtes des utilisateurs adressées à la nouvelle version de Siri seront traitées sur Google Cloud à l’aide d’une version sous licence du modèle Gemini du géant de la recherche », lit-on.
« Apple a récemment approuvé l’utilisation d’une technologie de protection de la vie privée développée par Nvidia dans ce contexte, ce qui laisse penser que la société utilisera les puces d’IA de Nvidia pour au moins une partie de ses besoins en calcul sur Google Cloud, selon des sources proches du dossier ».

Et voici ce qu’ajoute le média américain pour entrer plus dans le détail :
« Plus précisément, Apple tapera dans la flotte de puces Nvidia Blackwell B200 des centres de données de Google, ont indiqué ces sources. Apple activera la fonctionnalité de traitement confidentiel de Nvidia, qui chiffre les données au moment où elles sont traitées sur les puces. »
Pour contexte, le GPU Blackwell B200 est l’un des plus puissants actuellement proposés par Nvidia pour l’entraînement et l’inférence d’IA au sein de centres de données. Cette puce est conçue pour la gestion de très grands modèles d’intelligence artificielle. Apple s’attacherait donc bien indirectement, nous l’avons dit, les services de Nvidia… en bénéficiant par ricochet de ce que la firme au caméléon sait faire de mieux en la matière.
Reste un angle mort : Apple n’a pas précisé comment ce recours à Google Cloud et aux puces Nvidia s’articule avec son propre système de serveurs maison, le Private Cloud Compute, jusqu’ici présenté comme la garantie de confidentialité de ses traitements d’IA dans le cloud. Selon le rapport de The Information, c’est justement parce que le modèle complet Gemini compte des milliers de milliards de paramètres et s’est révélé trop lourd pour cette infrastructure interne qu’Apple se tourne vers l’extérieur.
Quant à la fonction de chiffrement évoquée par The Information, il s’agit effectivement d’une des fonctionnalités mises en avant par Nvidia sur ses grosses puces IA. Cette dernière « garantit la confidentialité et l’intégrité des modèles d’IA déployés sur les GPU Rubin, Blackwell et Hopper », explique Nvidia. Elle permet « aux charges de travail IA sensibles de s’exécuter en toute sécurité à grande échelle avec des performances quasi natives, même dans des environnements partagés ou dans le cloud », lit-on.
Cette technologie permettra sûrement à Apple de réitérer son engagement en faveur de la vie privée de ses utilisateurs… tout en déléguant de facto à Google et ses puces Nvidia le traitement de requêtes formulées au nouveau Siri.
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