Pourquoi l’IA Genie de Google provoque un krach boursier absurde dans le jeu vidéo

 
Google vient de sortir Genie 3, une IA capable de générer des environnements 3D « jouables ». À peine dévoilée, elle a réussi deux exploits : faire chuter l’action Unity de 20 % et énerver les juristes de chez Nintendo.

Il ne faut pas grand-chose pour affoler les marchés financiers. Google a dévoilé cette semaine Genie 3, la nouvelle version de son « modèle de monde » expérimental.

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Quelques heures après, l’action de Take-Two, l’éditeur de GTA, a chuté de 9 %. Unity, le moteur de jeu, a plongé de 20 %. Et même Nintendo a perdu 5 %.

Les investisseurs s’imaginent déjà que le développement de jeux vidéo va devenir beaucoup moins cher grâce à l’intelligence artificielle. Ils voient dans cet outil la fin des studios de développement et des productions complexes.

Mais, comme vous l’imaginez, on en est très, très loin. Project Genie est une démonstration technique impressionnante, mais c’est surtout un prototype qui nous montre les limites actuelles de l’IA générative appliquée à l’interactivité.

Un simulateur de pixels plus qu’un moteur de jeu

II faut regarder ce que propose réellement Google. Genie 3 n’est pas un logiciel que l’on installe sur son PC. C’est un modèle de recherche accessible via l’abonnement « AI Ultra » à 250 euros par mois.

Pour ce prix, vous pouvez taper un prompt comme « jeu de course en 3D avec des voitures en plastique » et l’IA génère un flux vidéo avec lequel vous pouvez interagir.

Les expériences produites par Genie sont limitées à une minute de gameplay. La définition plafonne à 720p avec une fluidité de 24 images par seconde.

Techniquement, l’IA ne calcule pas de la 3D au sens traditionnel : elle prédit l’image suivante en fonction de vos actions, comme une sorte de vidéo YouTube interactive et dynamique. C’est impressionnant, mais le résultat reste flou, instable, et manque cruellement de cohérence dès que l’action s’accélère.

https://twitter.com/minchoi/status/2016992620862476478

Certains testeurs ont réussi à générer des niveaux qui ressemblent à s’y méprendre à Mario 64 ou Zelda. C’est d’ailleurs ce qui a fait bondir la communauté : Google simule des univers protégés par le droit d’auteur sans aucune gêne.

Google a d’ailleurs rapidement bridé son outil pour éviter que les utilisateurs ne demandent explicitement du contenu Nintendo. Mais le mal est fait, et la question du vol de données d’entraînement reste, comme toujours, un gros sujet.

La déconnexion totale des marchés financiers

Et il y a la réaction de Wall Street. Voir l’action Unity s’effondrer de 20 % à cause d’un outil qui produit des séquences de 60 secondes en basse définition est un cas d’école de l’irrationalité boursière. Les investisseurs confondent « générer une image qui bouge » et « créer un système de jeu ».

Crédits : Bluesky

Un jeu vidéo, ce n’est pas seulement des graphismes. C’est un équilibrage, un level design intentionnel, une narration, et surtout une stabilité technique absolue. Aujourd’hui, Genie 3 est incapable de maintenir la continuité d’un environnement.

Dans une démo de course, le circuit change littéralement de forme pendant que vous conduisez. C’est du contenu généré à la chaîne, sans âme et sans structure.

Les développeurs sont de plus en plus hostiles à ces outils qui menacent leurs métiers tout en pillant leurs œuvres. Selon un récent sondage de la GDC, plus de 50 % des créateurs estiment que l’IA générative est une mauvaise chose pour l’industrie.

Pourtant, les dirigeants de studios, comme ceux de Stellar Blade, commencent à affirmer qu’une personne pourra bientôt faire le travail de cent. C’est ce discours qui alimente la panique des investisseurs et la colère des créatifs.


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