Des annotateurs humains peuvent avoir accès à vos discussions sur ChatGPT : comment s’en prémunir

 
Des révélations nous apprennent que des annotateurs et annotatrices humaines sont actuellement employés pour jauger la qualité des réponses de ChatGPT et ont donc accès aux requêtes des internautes utilisant le chatbot.
ChatGPT peut partager vos données trop généreusement // Source : Unsplash

On savait déjà que des oreilles humaines écoutaient nos conversations avec Siri, on apprend aujourd’hui que des paires d’yeux scrutent aussi nos échanges avec ChatGPT. Dans un article explosif publié le 14 septembre 2026, 404Media lève le voile sur le « Projet Lily », une initiative d’OpenAI consistant à embaucher des annotateurs et annotatrices pour juger de la qualité des réponses de son IA.

De fait, certains échanges en apparence privés avec le robot peuvent atterrir sur les écrans d’employés chargés de juger si la machine a correctement répondu ou non à la requête. Et même si les requêtes sont anonymisées, ces dernières peuvent parfois contenir des informations personnelles qu’on ne partagerait pas forcément avec un inconnu.

Un entrainement invisible

Certains échanges aperçus par 404Media contiennent des messages qui demandent explicitement à ChatGPT de « garder ça privé », signe que le fonctionnement de cette modération humaine n’est pas franchement connu de tous et toutes. Et pour cause, cette utilisation des données n’est pas clairement explicitée sur le site d’OpenAI. Pire encore, certaines requêtes peuvent même être accompagnées des « souvenirs » que ChatGPT garde sur l’utilisateur ou l’utilisatrice de l’autre côté de l’écran.

Ces échanges sont censés passer au travers d’un algorithme d’anonymisation des données, mais OpenAI prévient que ce dernier « peut ne pas détecter certaines informations d’identification peu courantes […] et peut surexposer ou sous-exposer certaines informations lorsque le contexte manque ». Bref, le système n’est pas irréprochable.

Le but de cette opération est de constamment ajuster la « personnalité » de ChatGPT pour le reprendre lorsqu’il devient trop obséquieux, trop généreux dans l’utilisation d’emojis ou trop humain dans ses réponses. Ce travail du clic montre aussi à quel point les IA ne s’améliorent pas uniquement avec plus de données, plus de puissance de calcul ou plus d’ingéniosité mathématique. Ces modèles ont encore et toujours besoin de bêtes et méchantes interventions humaines, qu’on tente pourtant de cacher par tous les moyens.

Comment se protéger ?

Si vous voulez éviter de laisser fuiter vos messages vers les sous-traitants d’OpenAI chargés d’entrainer ChatGPT, il existe heureusement une solution.

Depuis l’interface de ChatGPT sur ordinateur ou sur mobile, rendez-vous dans les paramètres de votre compte (photo de profil ⇒ paramètres), cliquez sur l’onglet « Gestion des données » et décochez la case « Améliorer le modèle pour tous » dans le menu idoine.

Vous pouvez aussi en profiter pour désactiver tout un tas d’autres paramètres relatifs à la vie privée, comme l’accès à la localisation, l’utilisation de données pour la publicité ciblée ou le partage des échanges audio.


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