Le parlement européen abandonne Google au profit de Qwant, moteur de recherche français

 
Pour réduire sa dépendance aux technologies américaines, le Parlement européen va abandonner Google sur ses ordinateurs maison. C’est Qwant, le moteur de recherche français appartenant au patron d’OVH, qui aura l’honneur de remplacer le géant américain.
Crédit : Qwant – Instagram

On ne rigole pas avec la souveraineté numérique. Après des discussions sur une éventuelle émancipation des géants du Net pour le cloud bruxellois, voilà que le Parlement européen prend une décision symbolique importante : l’abandon de Google comme moteur de recherche par défaut sur les ordinateurs de l’institution.

D’après Politico, c’est Qwant qui va prendre la relève à partir du 4 juin 2026 afin de mieux coller aux ambitions de souveraineté numérique affichées par Bruxelles et de mieux protéger les données personnelles des 720 députés et membres de leurs équipes.

La réputation compliquée de Qwant

Si le moteur de recherche sera préinstallé sur les instances Firefox et Edge du Parlement, les utilisateurs et utilisatrices resteront tout de même libres d’utiliser des solutions concurrentes si le cœur leur en dit. Mais en façade, l’honneur sera sauf, puisque l’institution sera officiellement passée sur « un moteur de recherche européen axé sur la vie privée ».

C’est oublier cependant que Qwant s’est longtemps reposé sur les résultats de recherche de Bing et en dépend encore en partie, le moteur de recherche made in Microsoft. En 2024, une panne de ce dernier avait notamment mis la recherche de Bing K.O. Des polémiques sur le partage de données avec la régie publicitaire de Bing ont aussi émaillé la réputation de l’entreprise, tout comme sa condamnation par la CNIL en début d’année 2025.

En 2024 cependant, Qwant s’est associé au moteur de recherche Ecosia pour tenter de créer un véritable index de recherche européen capable de s’adapter aux nouvelles demandes venant des agents conversationnels et autres chatbots.

Un effort plus large

Fondé en 2013 par Jean-Manuel Rozan et Éric Léandri, puis racheté par Octave Klaba (papa d’OVH) en collaboration avec la Caisse des dépôts, Qwant a déjà un peu d’expérience dans la collaboration avec des organes étatiques. En 2018, l’entreprise développe une solution pour les élus et agents territoriaux ainsi que pour les ordinateurs du ministère des Armées. En 2019, c’est au tour du CNES d’y passer et, en 2020, il devient le moteur de recherche par défaut des agents publics de l’administration française.

Pour aller plus loin
J’ai quitté Gmail, Google Photos, Windows, ChatGPT : voici pourquoi et comment faire cette démarche

Cette migration hors des griffes de Google s’inscrit dans un mouvement plus large en faveur du numérique européen. Bruxelles devrait dévoiler ce mercredi son plan pour la souveraineté technologique qui balaiera des secteurs aussi larges que la fabrication de processeurs, le cloud computing ou le développement de l’intelligence artificielle.


Si vous voulez recevoir les meilleures actus Frandroid sur WhatsApp, rejoignez cette discussion.

Recherche IA boostée par
Perplexity