Pourquoi les montres connectées échapperont à l’obligation de batterie remplaçable en Europe

 
La Commission européenne a exempté six catégories de produits de sa future obligation de batterie remplaçable par l’utilisateur. Montres connectées, bracelets d’activité et jouets électriques échappent à la règle, arguments techniques à l’appui.
La Google Pixel Watch 4 pour illustration
La Google Pixel Watch 4 pour illustration // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

À compter de l’an prochain, une nouvelle réglementation européenne imposera un changement de conception drastique pour les constructeurs tech. Les appareils électroniques devront permettre aux utilisateurs de remplacer eux-mêmes leur batterie, aussi bien sur les smartphones que sur les tablettes.

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Cependant, la Commission européenne a mis un peu d’eau dans son vin et a décidé, le 14 juillet dernier, d’ajouter plusieurs exemptions à cette nouvelle réglementation. C’est le cas notamment des montres connectées, des traqueurs d’activité, des lunettes connectées ou des jouets électriques.

Le principe général du règlement européen sur les batteries ne change pas : sur la plupart des appareils vendus dans l’Union devront permettre de changer soi-même la batterie, une obligation qui s’applique à partir de février 2027. Les montres connectées rejoignent une liste où figuraient déjà les appareils « humides », comme les brosses à dents électriques et les hydropulseurs.

Trop petits pour être ouverts sans risque

Pourquoi ce régime de faveur ? La Commission européenne explique que la miniaturisation loge parfois la batterie si étroitement dans le boîtier que la retirer risque de l’endommager ou de la perforer. S’y ajoutent la forme et l’ergonomie de ces appareils portés sur le corps, qui rendent une refonte compliquée, et l’étanchéité, difficile à préserver si l’utilisateur ouvre le boîtier :

Du fait de la miniaturisation des objets personnels connectés et des batteries portables qui les font fonctionner, il arrive que la batterie soit si étroitement enchâssée dans son boîtier que son retrait peut entraîner un risque non négligeable d’endommagement ou de perforation de la batterie. Lorsque la nature du produit empêche sa reconception (pour des raisons anatomiques ou ergonomiques), il apparaît justifié que ces batteries de petite taille ne puissent être retirées et remplacées que par des professionnels indépendants.

Même raisonnement pour les jouets électriques, exemptés jusqu’au 31 juillet 2030 le temps de s’aligner sur la nouvelle réglementation européenne sur la sécurité des jouets. La liste vise aussi les sondes de cuisson sans fil, des dispositifs médicaux à injection et certains équipements industriels.

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En pratique, ces batteries devront tout de même être remplaçables, mais avec une opération réalisable par un réparateur professionnel, pas nécessairement par leur propriétaire.

L’exemption arrive après des mois de pression de responsables américains, notamment autour des lunettes connectées de Meta bloquées en Europe, ce que Politico a documenté et que la Commission dément. En attendant le feu vert du Parlement européen et du Conseil, les prochaines montres connectées garderont leur boîtier scellé, et changer leur batterie passera par un atelier, quand remplacer l’appareil entier reviendra parfois moins cher que la batterie elle-même.


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