Adieu Visa, Mastercard et PayPal ? Wero devient un poids lourd européen avec ce changement

 
Vous ne vous en rendez pas compte, mais chaque fois que vous payez votre café avec votre smartphone, vos données font un aller-retour par les États-Unis. Christine Lagarde veut que ça s’arrête. Avec l’extension de Wero à 13 pays, l’Europe continue d’étendre son offensive contre l’hégémonie de Visa, Mastercard et PayPal.

On parle souvent de souveraineté numérique comme d’un concept abstrait, un truc de technocrates à Bruxelles. Mais aujourd’hui, la réalité nous rattrape, et elle a un nom : Wero. Ce projet, porté par l’Initiative européenne de paiements (EPI), vient de passer à la vitesse supérieure en absorbant Europa Alliance.

L’Europe en a marre de dépendre de Visa, Mastercard ou PayPal pour la moindre transaction. Que vous achetiez une baguette en bas de chez vous ou un abonnement de streaming, vos données financières transitent quasi systématiquement par des serveurs américains ou chinois. Christine Lagarde, la présidente de la BCE, l’a rappelé sans détour : c’est un problème stratégique majeur.

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Avec cette fusion, Wero ne s’arrêtera pas aux frontières de l’Allemagne, de la France et de la Belgique. Le réseau devrait s’étendre à 13 pays dans l’année, il connecte des géants locaux comme Bizum en Espagne ou Bancomat en Italie. On parle d’un monstre en devenir qui va peser 130 millions d’utilisateurs. C’est, sur le papier, la première fois que l’Europe aligne une force de frappe capable de regarder les Américains dans les yeux.

Demain, vous pourrez envoyer de l’argent à un ami à Rome ou à Lisbonne aussi facilement qu’à votre voisin de palier. Le réseau couvre désormais 72 % de la population de l’UE et de la Norvège.

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Mais le chemin est encore long avant de pouvoir jeter votre carte Visa à la poubelle. Pour l’instant, Wero excelle dans le paiement de pair à pair (P2P). Les paiements transfrontaliers simplifiés arrivent cette année. Mais le véritable test, celui qui fera ou défera le projet, ce sera le paiement en magasin et sur internet.

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L’objectif est fixé : 2027 pour le commerce électronique et les points de vente physiques. C’est loin. D’ici là, Apple Pay et Google Pay auront encore renforcé leur emprise sur nos terminaux. Le défi pour Wero ne sera pas seulement technique, il sera ergonomique. Si l’expérience utilisateur est moins fluide que celle des géants de la Silicon Valley, les Européens ne changeront pas leurs habitudes par simple patriotisme économique.

Si Wero échoue à s’imposer dans les boutiques d’ici deux ans, nous resterons à jamais des colonies numériques des États-Unis pour tout ce qui touche à notre argent.

C’est là que le cas français devient unique, et un brin paradoxal. On oublie souvent que la France possède déjà son propre bastion de souveraineté : le réseau Cartes Bancaires (CB). La France fait transiter l’immense majorité de ses paiements domestiques par cette infrastructure maison. C’est un système privé, efficace et surtout beaucoup moins cher que Visa ou Mastercard.


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