Avant l’attaque du Venezuela, Trump a demandé son avis à Grok, le chatbot d’Elon Musk

Grok, conseiller du président

 
Selon le magazine Time, Donald Trump a passé des heures à interroger Grok, le chatbot d’Elon Musk, en décembre 2025, et lui a notamment demandé comment les Vénézuéliens réagiraient à la capture de Nicolás Maduro. L’armée américaine a capturé le président vénézuélien un mois plus tard, le 3 janvier 2026.
Elon Musk et Donald Trump, le 30 mai 2025 // Source : La Maison Blanche

Le magazine Time a publié ce jeudi 1er octobre « What Trump Has Built », un long portrait de Donald Trump signé par le journaliste Eric Cortellessa. On y apprend qu’en décembre 2025, Elon Musk est revenu dans le Bureau ovale pour une réunion restée secrète.

C’était environ sept mois après son départ du DOGE, la commission chargée de couper dans les dépenses fédérales. Donald Trump a passé « des heures » à poser des questions à Grok, le chatbot de xAI, la société d’intelligence artificielle de Musk. L’une d’elles portait sur le Venezuela, un mois avant que l’armée américaine n’aille y capturer le président Nicolás Maduro.

Le président américain voulait savoir comment les Vénézuéliens réagiraient si les États-Unis capturaient Maduro. Un responsable présent à la réunion raconte que Grok a répondu que Maduro était un dictateur répressif et profondément impopulaire. Toujours d’après lui, le chatbot a ajouté que beaucoup de Vénézuéliens fêteraient sans doute sa chute.

À ce moment-là, Washington et Caracas étaient déjà en conflit ouvert. Depuis septembre 2025, Donald Trump ordonnait des frappes militaires contre des bateaux vénézuéliens qu’il accusait de transporter de la drogue vers les États-Unis.

Des fêtes dans la rue, et un Grok « ingénieux »

Les États-Unis ont envahi le Venezuela le 3 janvier 2026 et capturé Maduro. Ensuite, des Vénézuéliens sont descendus dans la rue pour fêter son départ. D’après des responsables cités par Time, Donald Trump en a conclu que Grok était « ingénieux ».

On ignore quel poids la réponse du chatbot a pesé face aux avis des militaires et des diplomates. Time ajoute que Donald Trump s’émerveille des capacités de l’IA depuis son retour au pouvoir, et qu’il écoute de plus en plus les patrons de la tech qui lui font la cour.

Grok sert déjà l’armée américaine

TechCrunch, qui a relayé l’article de Time, rappelle que Grok est depuis entré au Pentagone. En juin 2026, Cameron Stanley, responsable du numérique et de l’IA au ministère de la Défense, a déclaré sous serment que Grok Gov, la version du chatbot réservée au gouvernement, avait servi pendant la guerre contre l’Iran.

xAI avait signé le 23 février 2026 un accord qui autorise l’armée à utiliser Grok dans ses systèmes classifiés, cinq jours avant le début de l’offensive en Iran.

Grok n’est pas le seul modèle d’IA au service du Pentagone. OpenAI a aussi signé un accord avec le ministère, alors qu’Anthropic est en conflit avec l’administration sur l’usage militaire de ses modèles.

Elon Musk retrouve aussi un rôle officiel dans l’administration, a priori le premier depuis son départ du DOGE. Ce mercredi 30 septembre, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a lancé Project Meridian, une étude sur les armes et les champs de bataille de demain. Elon Musk la codirige avec Palmer Luckey, fondateur du fabricant de drones militaires Anduril, et Newt Gingrich, ancien président de la Chambre des représentants. Ils ont 120 jours pour rendre leurs conclusions, donc jusqu’à fin janvier 2027.


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