Carton de la Switch, arrivée de Fortnite et PUBG sur smartphone, rumeurs d’une console Google basée sur le cloud : le jeu nomade bouge beaucoup et pourrait bien gommer les frontières avec l’univers plus noble des PC et consoles.


La Switch ? Ca ne marchera jamais !

On a récemment passé deux anniversaires : les 10 ans du SDK de l’iPhone et la première année de la Nintendo Switch. Quel rapport entre ces deux dates ? En septembre 2016, quand Shigeru Miyamoto présentait Super Mario Run sur la scène d’Apple, les commentateurs de la marque à la pomme y voyaient un signe de validation de leurs prédictions : voyez, Nintendo est le dos au mur, son seul salut passe par le développement de jeux pour iPhone ! Et dans un sens, il était alors difficile de penser autrement : la Wii U était un échec cuisant, et la 3DS un succès d’estime par rapport aux portables précédentes. Sony s’apprêtait à jeter l’éponge des portables avec la PSVita. Le jeu sur smartphone avait gagné.

Le succès de la Nintendo Switch est venu mettre cette théorie à mal : Nintendo n’avait pas tant besoin du mobile que d’un concept séduisant et bien exécuté pour se remettre sur les rails. Mais justement, la Switch est intéressante parce qu’elle se situe dans la tendance actuelle qui gomme de plus en plus les différences entre le jeu mobile et le jeu « noble ». De par sa nature hybride, elle permet d’emporter avec soi un Legend of Zelda en monde ouvert, des portages étonnamment réussis de Skyrim ou Doom, ou bientôt l’impitoyable Dark Souls. Une leçon à méditer, alors que la version ultra simplifiée de Super Mario Run a connu un succès mitigé.

Battle royale sur smartphone

Parallèlement, Fortnite et PUBG débarquent sur mobile. Deux « vrais » jeux, forcément compromis par l’usage de contrôles tactiles, mais suffisamment complets pour emporter sur son smartphone son « battle royale » préféré. Bien évidemment, ce n’est pas nouveau : l’arrivée de ces deux valeurs montantes est la suite logique du carton que fut Minecraft Pocket Edition.

Nintendo, malgré le succès de la Switch et les ventes en demi-teintes de Super Mario Run, a toujours de grosses ambitions sur le mobile. Une version nomade de Mario Kart devrait débouler début 2019, on ne sait pas encore sous quelle forme. Et puis, il y a Ubisoft. Débarrassé de l’ombre de Vivendi et Bolloré, le fleuron du jeu vidéo français s’est trouvé un nouveau partenaire : le chinois Tencent, qui prend une part certes très réduite dans son capital, mais qui, là encore, laisse entrevoir des perspectives prometteuses. Un vrai Assassin’s Creed en monde ouvert sur smartphone ? On n’en est pas là, mais on y croit davantage qu’avec Bolloré à la barre.

Trouver la bonne formule pour le salon

Mais quand on parle de mobile, parle-t-on uniquement de smartphones ? C’est là toute la question. Si on reprend notre Switch, son dock lui permet de la brancher sur un téléviseur et devenir une console de salon. Le jeu Android ou iOS dans le salon n’en est pas à sa première tentative, mais jusqu’ici on ne peut pas dire que l’essai ait vraiment été transformé.

Apple a, pour l’instant, relativement raté son coup. L’Apple TV propose quelques jeux issus d’iOS, mais on ne peut pas dire que les développeurs et éditeurs se ruent sur la plateforme. Et on pourrait dire la même chose, actuellement, d’Android TV. Pourtant, le matériel n’est pas à la rue, loin de là : la Shield TV de NVIDIA intègre des composants proches de ceux de la Switch. C’est peut-être en s’affranchissant complètement de cette notion que la solution pourrait venir. Google travaillerait sur Yeti, une console possiblement basée sur le cloud gaming, à l’image de Geforce Now de Nvidia ou Playstation Now de Sony.

On a donc plusieurs pièces du puzzle qui laissent penser que le paysage du jeu mobile pourrait changer avec une érosion des frontières entre les deux univers. En même temps, cela fait des années que l’on répète la même chose et les consoles de salons se vendent toujours par camion, sans que la plupart des éditeurs « majeurs » ne daignent prendre les smartphones et autres boitiers TV au sérieux.