Le Palmé Pré et son OS, webOS, fêtent leur 10 ans. C’est avec plaisir que l’on revient sur ce mythe, cette idée, et même cet héritage.

Le 9 janvier 2009, nous découvrions le Palm Pré, mais c’est en juin 2009 que le produit a été enfin commercialisé en Amérique du Nord. Le Palm Pré. Ce n’est pas juste un smartphone, c’est un mythe, une idée, et même un héritage.

Le Palm Pré et son OS nommé webOS n’avait rien d’Android et de l’iPhone, l’ensemble était unique. Déjà, son design était époustouflant. Compact, il ressemblait à une pierre polie en main. À l’époque, la forme de l’appareil était différente de tout le reste, loin des smartphones en forme de brique, ou des courbes maladroites de l’iPhone 3G.

Le Pré ressemblait à une minuscule boule noire extrêmement brillante. Inutile de vous dire qu’il rentrait dans toutes les poches, même celles des jeans de femmes. Je me souviens de son écran tactile capacitif en définition 480 x 320 pouces, avec sa diagonale de 3,1 pouces. Il affleurait totalement la surface de l’appareil et fonctionnait presque d’un bord à l’autre. Et que dire de ces bords arrondis qui donnaient un côté futuriste à ce smartphone atypique.

Il était équipé de la charge sans fil

Les caractéristiques techniques étaient d’un autre temps, un SoC ARM Texas Instruments OMAP3, 8 Go pour le stockage et 256 Mo de mémoire RAM. Le Pré, bien sûr, proposait un mécanisme coulissant qui cachait un clavier QWERTY. Une fois ouvert, il prenait l’apparence d’une banane. Les parties inférieure et supérieure étaient courbées selon le même angle. Ce n’était pas parfait, mais il est clair que la conception du Palm Pré avait occupé une équipe qui lui avait consacré du temps et beaucoup d’amour.

Mais le plus excitant sur le Palm Pré était son OS. webOS était une plate-forme basée sur Linux qui exploitait les normes Web pour le développement, c’était complètement révolutionnaire pour les smartphones à l’époque. On retrouve d’ailleurs cet OS sur la TV LG aujourd’hui, qui a racheté webOS à HP en 2014.

webOS fonctionnait avec des cartes, essentiellement une liste d’applications ouvertes qui pouvaient être activées et désactivées en appuyant sur le bouton central ou en glissant tout simplement son doigt. Le multitâche était du jamais vu à l’époque, il apportait un réel confort d’utilisation qui rendait toutes les actions plus rapides.

webOS

Les cartes pouvaient être réorganisées, mais vous n’aviez pas besoin de les killer, le Palm Pré pouvait en ouvrir jusqu’à 9 sans montrer  des signes de souffrance.

C’est sans doute son système de gestes qui m’avait marqué à l’époque : à travers une série de gestes, la plupart orientés vers une utilisation à une main, le Pré était très intuitif à utiliser. Sans oublier le système de notifications sous la forme de petits blocs qui apparaissaient au bas de l’écran avec un message et une icône.

La sélection des typographies et de leur style, l’utilisation de filtres transparents, l’apparence unifiée de tous les éléments, les transitions douces et les icônes d’application détaillées s’assemblaient de manière très élégante.

En termes simples, webOS était absolument magnifique. En ce qui concerne les smartphones, il rivalisait avec l’iPhone et les smartphones Android pour ce qui est de l’esthétique, mais à l’époque il était — selon moi — supérieur à l’iPhone dans de nombreuses catégories. La sélection des typographies et de leur style, l’utilisation de filtres transparents, l’apparence unifiée de tous les éléments, les transitions douces et les icônes d’application détaillées s’assemblaient de manière très élégante.

C’était clairement un OS avant-gardiste sur de très nombreux points, webOS avait dépassé de loin la concurrence et semblait viser plus haut que cela.

Sans oublier qu’à l’époque, webOS était le seul OS mobile à avoir des mises à jour OTA (Over-The-Air). C’était clairement un OS avant-gardiste sur de très nombreux points, webOS avait dépassé de loin la concurrence et semblait viser plus haut que cela. Comme vous le savez, webOS a disparu du marché du smartphone, il n’a pas réussi à exister entre iOS d’Apple et Android de Google.

Dans ce contexte où l’avenir de Huawei est incertain, je me demande si leur avenir est vraiment tracé ou si Huawei peut au contraire lui faire prendre une autre direction, comme on dit : prendre son destin en mains.