Moins de deux mois après Google et Apple, c’est Microsoft qui doit reconnaître que des opérateurs humains écoutent certaines conversations de ses utilisateurs sur son assistant Cortana, mais aussi sur son service Skype.

C’est le quatrième géant de la tech en quelques mois à se retrouver impliqué dans une telle polémique. Après Amazon, Google et Apple, c’est au tour de Microsoft d’admettre que certaines des conversations de ses utilisateurs sont écoutées par des sous-traitants humains. Un lanceur d’alerte a fourni au site Motherboard des fichiers sonores de conversations sur l’application Skype, ainsi que des commandes adressées à l’IA Cortana. Cela change des trois affaires précédentes, qui concernaient uniquement des assistants vocaux.

Les enregistrements Skype semblent issus de la fonction de traduction de l’application. Lancée en 2015, celle-ci se base sur un algorithme qui utilise des morceaux de conversation pour améliorer sa compréhension du langage. Mais les conditions d’utilisation n’explicitent pas que ces fragments puissent être écoutés par des humains. D’après les documents en fuite, ces sous-traitants devaient juger de la qualité de la traduction automatique proposée par le logiciel.

« Le fait que je puisse le partager avec vous montre quel laxisme il y a en termes de protection des données »

Les fichiers audio contenaient pour certains des éléments à caractère sensible, sexuel, ou permettant d’identifier la personne. « Cela me paraît bizarre que [ces informations] ne soient pas manipulés dans un environnement plus contrôlé, déclare le lanceur d’alerte. Le fait que je puisse même en partager un peu avec vous montre à quel point les choses sont laxistes en termes de protection des données des utilisateurs ».

La firme de Redmond n’a pour le moment pas annoncé de changements dans ses politiques concernant les conversations enregistrées. Google avait lui décidé de mettre fin à ses pratiques en Europe pour trois mois. Quant à Apple, il a suspendu son programme à l’échelle mondiale le temps d’une enquête interne.