L’Acer Aspire Vero se veut PC écoresponsable : nous l’avons essayé

 

Pour le lancement de Windows 11, Acer présente l'Aspire Vero. Pour tirer son épingle du jeu, ce PC se démarque par une conception « écoresponsable », et pour une fois, c'est assez convaincant.

L’Acer Aspire Vero se veut PC écoresponsable : nous l’avons essayé

Je suis un consommateur de plus en plus sensible à la dette écologique que l’on paye en achetant un nouvel appareil. J’essaie, autant que possible, d’acheter des produits durables, produits si possibles avec des conditions éthiques. Alors quand une marque high tech vient me présenter un produit « écoresponsable » je suis très sceptique. En général, derrière ce genre d’avance marketing, il n’y a pas grand-chose de concret si ce n’est la volonté de vendre une image verte.

Dans ce contexte, j’ai pu assister à une présentation et essayé pendant plusieurs jours l’Acer Aspire Vero. Un PC dont l’argument de vente principal est une conception écoresponsable. Alors est-ce que j’ai été convaincu ? Sans dévoiler trop tôt ma conclusion, on peut déjà dire qu’il ne s’agit pas seulement de communication ou de marketing.

Unboxing sans plastique

Les boites de produits, on les montre rarement dans la presse. L’époque des unboxing a fait son temps et c’est rarement de belles photos que de montrer l’intérieur d’une boite. Ici toutefois, c’est important, car c’est le premier contact que l’on a avec le produit et cette étape suffit en général à démonter l’argument « vert ».

L’Acer Aspire Vero se veut PC écoresponsable : nous l’avons essayé

En effet, c’est là où la plupart du temps on retrouve une surenchère de plastique d’emballage pour tout et n’importe quoi. Ce n’est pas le cas avec cet Acer Aspire Vero. Tout est pensé pour utiliser le moins d’emballage possible, avec une simple enveloppe papier l’appareil et un emballage carton pour le chargeur.

Acer a même prévu la réutilisation d’un élément de la boite pour en faire un socle en carton sur lequel le PC peut s’appuyer. C’est sans aucun doute gadget, mais ça pourra peut-être servir et l’idée de trouver de nouveaux usages à des éléments du carton d’emballage est intéressante.

Dernier détail plaisant : toutes les écritures sur la boite et les notices sont en encre de soja. Une encre moins polluante et plus simple à recycler.

Un châssis en PCR (non rien à voir avec le test)

Au-delà de son emballage, c’est bien sûr son design que l’Acer Aspire Vero se distingue du marché. Le châssis est composé de 30% de plastique PCR, ou Post Consumer Recycled, autrement dit du plastique recyclé. Le clavier est composé à 50% de PCR. C’est déjà un bon point. L’autre bon point, c’est que le châssis peut entièrement être recyclé, à 100%. L’écran est également recyclable à 99%.

L’Acer Aspire Vero se veut PC écoresponsable : nous l’avons essayé

Pour avoir ce châssis, il va falloir faire un compromis sur le design de la machine proposé avec un coloris gris tacheté qui va trancher. Au-delà de l’esthétique, c’est une fois en main que l’on découvre des choix clivants de conception. La matière est en effet très particulière sous le doigt. On est très loin du plastique et beaucoup plus proche d’un effet carton ou papier qui aurait été peu traité.

Personnellement, c’est un choix que je placerais dans la colonne des points négatifs, mais, et c’est un mais très important : c’est un point négatif que je suis prêt à accepter pour bénéficier d’une manière plus intéressante pour l’environnement. C’est aussi une matière chaude au toucher qui est plus agréable que l’aluminium froid que l’on retrouve trop souvent.

Je suis beaucoup moins conciliant avec le plastique utilisé autour de l’écran qui rappelle des PC vendus beaucoup moins cher avec des bordures assez larges. Autre point qui fera débat : le logo Intel Core gravé directement dans le châssis de la machine. On connaissait déjà les étiquettes Intel que l’on peut facilement retirer de la machine, mais ici, c’est un nouveau stade qui est franchi.

Dernier élément de design qui est intéressant à relever : la machine est facilement ouvrable grâce à seulement quelques coups de tournevis cruciforme. On est loin de l’époque où il fallait retirer une quinzaine de vis de taille différente pour accéder aux entrailles d’un PC portable. Acer annonce un indice de réparabilité de 8,2/10.

Une bonne configuration milieu de gamme

L’Acer Aspire Vero est une machine proposant une configuration qui se veut haut de gamme avec tout de même quelques compromis. On retrouve en effet un Core i7-1195G7 qui fait bonne figure avec 16 Go de DDR4 et 512 Go de stockage. L’écran LCD IPS de 15,6 pouces offre une définition de 1920 x 1080 pixels.

Lors de mes premiers essais, je n’ai pas trouvé l’écran particulièrement qualitatif, il faudra attendre un test plus complet avant de se prononcer. Surtout la machine manque de ces petits à côté que l’on retrouve souvent sur des machines à ce prix : la caméra n’est pas Windows Hello, la connectique USB-C n’est pas Thunderbolt 4 et l’écran est rafraichi à 60 Hz.

La connectique a l’avantage d’être complète, mais n’est pas sans défaut. On retrouve sur la tranche gauche un port Ethernet, un port HDMI, deux ports USB et un port USB-C. Sur la tranche droite, on a le droit à un port USB et un port jack 3,5 mm.

Pour un produit aussi bien réfléchi, il est vraiment dommage de retrouver ce port d’alimentation propriétaire à gauche. Je ne comprends pas pourquoi Acer ne propose pas un chargeur USB-C. Interrogé sur le sujet, la marque répond qu’un chargeur USB-C ne serait pas assez puissant, mais on parle pourtant d’un simple chargeur 65W. Certains smartphones Android ont déjà le droit à des chargeurs plus puissants que ça. On aurait même pu imaginer un PC portable où le chargeur serait en option, pour aller jusqu’au bout de la démarche. Dommage.

Un prix peut-être trop élevé

L’Acer Aspire Vero sera commercialisé à 1199 euros pour la configuration avec un Intel Core i7 et 999 euros pour une configuration Intel Core i5. À ce niveau de prix, on trouve des machines plus compactes et mieux pourvues sur le marché, avec de l’OLED par exemple. Il y a clairement un tarif mis sur la conception particulière de l’appareil. Un compromis qu’il faudra accepter. Est-ce que l’on est prêt à payer nos appareils plus cher pour qu’ils aient une empreinte plus légère sur l’environnement ? Une question qu’il va désormais falloir se poser.

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