
Voici un résumé de l’histoire : une petite société italienne, Bynario, déniche une faille sérieuse dans macOS. Elle veut prévenir Apple via la plateforme officielle dédiée aux signalements. La startup découvre que c’est impossible, car Apple a bloqué ses envois, parce que sa boîte de réception croulait sous les rapports générés par intelligence artificielle. En attendant, la faille découverte par Bynario pourrait se vendre jusqu’à 200 000 dollars sur le marché noir.
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Impossible de signaler une faille importante : Apple bloque
Reprenons. Depuis juin, Apple impose un plafond de signalements par chercheur, avec une période de repos de 30 jours une fois la limite atteinte. L’entreprise l’a confirmé au Financial Times. La raison : les IA génératives permettent à n’importe qui de produire des centaines de rapports de failles crédibles sur la forme, mais souvent bidon sur le fond. Les équipes d’Apple passaient leur temps à trier ce que le secteur surnomme « AI slop » (des contenus futiles fabriqués à la chaîne par l’IA). Apple précise qu’un chercheur peut demander à relever sa limite à tout moment pour ne pas bloquer un signalement critique.


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La startup Bynario, justement, chasse les bugs avec l’IA. En trois semaines, elle a envoyé plus de 50 signalements à Apple, en s’appuyant sur un outil bâti sur un modèle d’OpenAI. Sauf qu’à force, elle a été bloquée avant d’avoir pu signaler un problème de sécurité loin d’être anodin. En effet, une faille dans le partage d’écran de macOS permettait à un pirate malveillant de prendre le contrôle complet d’un Mac, avec les droits les plus élevés du système. Alfredo Pesoli, patron de Bynario, l’estime entre 100 000 et 200 000 dollars (environ 87 000 à 174 000 euros) au marché noir. Comme le détaille 9to5Mac, Apple a fini par recontacter cette startup de sept personnes pour examiner ses trouvailles.
L’impact de l’IA sur la recherche de failles de sécurité
Le plus ironique, c’est qu’Apple aussi fait tourner en interne des modèles d’Anthropic et d’OpenAI pour dénicher ses propres failles. Sa dernière salve de mises à jour contenait environ cinq fois plus de correctifs de sécurité que d’habitude. En parallèle, l’entreprise a musclé son programme de primes : jusqu’à plus de 5 millions de dollars (environ 4,35 millions d’euros) pour les chaînes d’attaque les plus graves, et un système de « target flags » qui oblige le chercheur à prouver qu’une faille touche vraiment une partie protégée du système, au lieu de la décrire en théorie. Depuis 2020, Apple dit avoir versé plus de 35 millions de dollars à plus de 800 chercheurs.
Rafe Pilling, spécialiste chez Sophos et cité par le Financial Times, évoque un double impact de l’IA sur Apple et toutes les entreprises de logiciels. En effet, l’intelligence artificielle permet aux détectives débutants de soumettre facilement des rapports spéculatifs, mais également aux chercheurs expérimentés de découvrir des failles très dangereuses.
« En conséquence, les programmes de prime aux failles ne consistent plus seulement à trouver des vulnérabilités, mais aussi à les valider, à les hiérarchiser et à y répondre à la vitesse d’une machine », résume le spécialiste.
Ainsi, Apple reçoit plus de signalements que jamais, mais tout se joue maintenant sur le tri, et un rapport sur une vraie faille peut donc rester à la porte un certain temps. Sur le cas précis de Bynario, Apple a su rattraper le coup, mais ce problème structurel risque de s’aggraver alors que la course à l’IA continue de s’accélérer.
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