iPhone 18 Pro et 18 Pro Max : ce que l’étiquette énergétique européenne révèle qu’Apple ne dit pas

C en réparabilité

 
Apple ne publie jamais la capacité de ses batteries ni la durée exacte de ses mises à jour. Depuis juin 2025, l’Union européenne l’y oblige, sur une étiquette et une fiche déposées dans la base EPREL avant la mise en vente. Celles des iPhone 18 Pro et 18 Pro Max sont en ligne, mesurées selon le même protocole que les 17 Pro l’an dernier. On les a lues ligne par ligne, et elles disent des choses que la keynote a tues.

Un rappel d’abord, pour ceux qui découvrent le sujet. Depuis le 20 juin 2025, tout smartphone vendu dans l’Union européenne doit porter une étiquette énergétique, comme un réfrigérateur, avec cinq informations : une classe d’efficacité de A à G, une endurance de batterie en heures, une classe de résistance aux chutes, une classe de réparabilité et un indice de protection.

Derrière l’étiquette, une fiche de deux pages, déposée par le constructeur dans la base EPREL de la Commission, détaille chaque mesure, la capacité de la batterie en mAh, le nombre de cycles, la dureté de l’écran, la durée minimale garantie des mises à jour. Quand le règlement est entré en vigueur, on avait publié trois dossiers pour l’expliquer : le mode d’emploi de l’étiquette, comment consulter la fiche officielle de n’importe quel téléphone, et ses limites, et comment les marques peuvent tricher. Ils restent la meilleure grille de lecture pour ce qui suit.

Les fiches des iPhone 18 Pro et 18 Pro Max portent les références A3714 et A3717, les versions européennes avec tiroir SIM. Elles sont déposées par Apple Distribution International, la filiale irlandaise de Cork.

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Voici ce qu’elles contiennent, avec le 17 Pro de l’an dernier en face :

Fiche EPRELiPhone 17 Pro (A3523)iPhone 17 Pro Max (A3526)iPhone 18 Pro (A3714)iPhone 18 Pro Max (A3717)
Mise sur le marché UE8 sept. 20258 sept. 20259 sept. 20269 sept. 2026
Classe d’efficacité énergétiqueAAAA
Capacité nominale de la batterie3 988 mAh4 823 mAh4 056 mAh5 391 mAh
Endurance par cycle (protocole UE)47 h53 h52 h62 h
Endurance en cycles (jusqu’à 80 %)1 0001 0001 0001 000
Chutes libres sans défaillance180 (classe B)180 (classe B)180 (classe B)180 (classe B)
Indice de protectionIP68, 6 mIP68, 6 mIP68, 6 mIP68, 6 m
Dureté de l’écran (Mohs)5555
Puissance minimale du chargeur5 W5 W5 W5 W
Mises à jour garanties (minimum)5 ans5 ans5 ans5 ans
Classe de réparabilitéCCCC
Indice de réparabilité3,043,043,143,14
Démontabilité2,652,652,752,75
Fixations3,803,803,803,80
Outils2,052,052,552,55
Pièces détachées4444
Durée des mises à jour1111
Information de réparation5555
Batterie remplaçable par l’utilisateurNonNonNonNon
Garantie minimale12 mois12 mois12 mois12 mois
Fiches EPREL 2402615, 2402618, 2774822 et 2774823, valeurs déclarées par Apple. Le protocole d’endurance européen n’est pas celui d’Apple, les heures ne sont pas comparables aux « heures de lecture vidéo » de la keynote.

La batterie : le chiffre qu’Apple ne donne pas, et un gain réel

Première chose que la fiche révèle et que la keynote a soigneusement contournée : la capacité. 4 056 mAh pour le 18 Pro, 5 391 pour le Pro Max. Par rapport aux 3 988 et 4 823 mAh des 17 Pro, le petit Pro gagne 68 mAh, presque rien, et le Pro Max près de 570, soit 12 % de plus. C’est cohérent avec les 18 grammes pris par le Pro Max et les 7 grammes du Pro, et ça confirme ce que les prises en main disaient : la batterie du Max a grossi, celle du Pro à peine.

Ces chiffres valent pour les modèles européens à tiroir SIM. Les versions sans tiroir vendues aux États-Unis ou au Japon logent une cellule plus grande à la place, Apple l’a dit dans son communiqué, mais elles ne passent pas par l’EPREL et leur capacité reste inconnue. On l’avait noté dans notre tour du monde des prix : acheter un 18 Pro à New York, c’est aussi acheter une batterie que Bruxelles n’a pas mesurée.

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Deuxième chose, plus intéressante : l’endurance. Le protocole européen fait tourner chaque téléphone sur un cycle d’usage standardisé, appels, navigation, vidéo, jeu, veille, jusqu’à extinction, et donne un résultat en heures. Il n’a rien à voir avec les « heures de lecture vidéo » d’Apple, d’où l’écart entre les 34 heures de la fiche Apple France et les 52 heures de l’étiquette pour le même téléphone. Mais il a un avantage que les chiffres d’Apple n’ont pas : il est identique d’une génération à l’autre.

Le 17 Pro tenait 47 heures, le 18 Pro tient 52, cinq de plus, presque 11 %, avec une batterie quasi identique. Le gain vient donc de la puce A20 Pro en 2 nm, de l’écran, du modem C2, pas de la cellule. Pour le Pro Max, 62 heures, dix de plus que le Pro, l’écart le plus grand jamais mesuré entre les deux tailles, ce qui rejoint ce que MrWhoseTheBoss et The Tech Chap disaient en prise en main. La fiche du 17 Pro Max n’étant pas sous nos yeux, on se garde de chiffrer sa progression.

Sur la longévité, rien ne bouge. 1 000 cycles de charge avant que la capacité utilisable ne descende sous 80 % de la valeur initiale, comme l’an dernier, comme presque tous les iPhone depuis le 15. Samsung annonce 1 200 cycles sur le Galaxy S26, et le silicium-carbone du Galaxy Z Fold 8 promet davantage. C’est un domaine où Apple ne progresse pas, ou ne le déclare pas, puisque la fiche reflète ce que le constructeur s’engage à tenir, pas ce qu’il obtient en laboratoire.

Chutes, rayures, étanchéité : Apple déclare le minimum de sa classe

Le test de chute européen consiste à laisser tomber le téléphone à répétition d’une hauteur normalisée, sur toutes ses faces, jusqu’à défaillance. Les deux 18 Pro déclarent 180 chutes sans dommage, classe B, exactement comme les 17 Pro. Or 180 est précisément le seuil d’entrée de la classe B.

Apple ne dit pas « nous avons tenu 240 chutes », elle dit « nous garantissons le minimum de la classe B », ce qui est son droit et ce que font beaucoup de constructeurs, mais qui interdit de conclure que le châssis unibody en aluminium et le Ceramic Shield 2 ont progressé.

Le Galaxy S26, lui, déclare la classe A. C’est l’un des biais que notre dossier sur les limites de l’étiquette pointait dès le premier jour : un constructeur peut sous-déclarer pour ne pas s’engager, et rien ne l’en empêche.

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Même prudence sur l’écran. La fiche indique une dureté de 5 sur l’échelle de Mohs, la valeur standard d’un verre de smartphone, quand Apple vante un Ceramic Shield 2 « trois fois plus résistant aux rayures ». Les deux affirmations ne se contredisent pas, elles ne mesurent pas la même chose, mais on retiendra qu’aux yeux du règlement, la face avant d’un 18 Pro se raye comme celle de n’importe quel téléphone à 300 euros. L’IP68 avec six mètres d’immersion, en revanche, est bien là, identique aux 17 Pro et au Duo. Et une ligne que personne ne lit : la puissance minimale du chargeur requise est de 5 W, ce qui signifie que n’importe quel adaptateur USB-C fait l’affaire, même si les 50 % en quinze minutes promis par Apple demandent un bloc de 60 W.

Réparabilité : un C qui tient à une seule ligne

Les 18 Pro obtiennent la classe C de réparabilité, avec un indice de 3,14 sur 5. La fiche détaille les six sous-scores, et c’est là qu’elle devient instructive.

La disponibilité des pièces détachées est notée 4 sur 5, l’information de réparation 5 sur 5, Apple publiant ses manuels et ses prix sur son programme Self Service Repair. Les fixations sont à 3,8, les outils à 2,55, la démontabilité à 2,75, des notes moyennes qui reflètent un téléphone vissé mais collé, avec des composants qui ne se remplacent pas sans passer par l’écran. Et puis il y a la durée des mises à jour, notée 1 sur 5. C’est cette ligne qui bloque Apple en C.

Le règlement demande au constructeur la durée minimale pendant laquelle il garantit les mises à jour de sécurité, correctives et fonctionnelles. Apple répond cinq ans. C’est le minimum légal imposé par l’Union depuis juin 2025, et c’est ce que déclare aussi Samsung, qui promet pourtant sept ans sur ses Galaxy S et sept sur le Fold 8.

Dans les faits, Apple fait mieux que cinq ans depuis longtemps, l’iPhone XS de 2018 a reçu iOS 18 en 2024, six ans après sa sortie, et l’iPhone 11 de 2019 tourne sous iOS 27 cette semaine. Mais Apple n’a jamais voulu s’engager par écrit, et l’étiquette la prend au mot. Le résultat est paradoxal : le constructeur qui met à jour ses téléphones le plus longtemps de l’industrie est noté au plancher sur ce critère, parce qu’il refuse de le promettre. Une ligne changée sur la fiche, « 7 ans » au lieu de « 5 », et le 18 Pro passerait probablement en classe B sans qu’une vis ne bouge.

Ce que l’étiquette ne dit pas

La fiche ne mesure ni la photo, ni la puissance, ni la qualité de l’écran, ni la chauffe, et elle ne dit rien des fonctions absentes en Europe, Siri AI et Apple Reference Image en tête, qui ne relèvent pas du règlement.

Elle ne mesure pas non plus les modèles eSIM seule, ni le Duo, dont la fiche n’est pas encore déposée, ce qui est logique pour un produit qui sort le 23 octobre, et qu’on lira avec attention, parce que le test de chute prévoit une ligne spécifique « à l’état entièrement déployé » que les deux Pro laissent à « sans objet ». Ce sera la première fois qu’Apple devra chiffrer la solidité d’un pliant.

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Ce qu’on retient, c’est que Bruxelles a obtenu en deux pages ce que vingt ans de journalisme n’ont jamais arraché à Cupertino : la capacité exacte de la batterie, une mesure d’autonomie comparable d’une année sur l’autre, et un engagement écrit sur les mises à jour, même a minima.

Le 18 Pro y gagne cinq heures d’endurance mesurées par un tiers, ce qui est le meilleur argument de cette génération, et il y perd une note de réparabilité qu’Apple pourrait améliorer d’un trait de plume.

Pour vérifier tout ça sur n’importe quel smartphone, la fiche est à deux clics, on vous explique où la trouver. Et pour ceux qui précommandent cette semaine, elle est plus utile que la keynote : les prix sont ici, les mAh sont là-haut.

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