Guerre des prix et concurrence : les ventes de BYD chutent en ce début d’année, mais la marque prend déjà les devants

 
Le leader chinois de la voiture électrique traverse un début d’année délicat. En janvier 2026, BYD enregistre une chute de ses ventes sur son marché domestique, symptôme d’un secteur sous tension après des mois de guerre des prix. Pour retrouver de l’élan, le constructeur regarde désormais au-delà de ses frontières… et explore de nouvelles pistes à domicile.

Les chiffres sont sans détour : en janvier 2026, BYD a livré un peu plus de 210 000 véhicules électrifiés (électriques et hybrides rechargeables confondus), soit une baisse de 30 % sur un an, et même de 50 % par rapport à décembre. Une claque statistique pour un constructeur habitué aux records et aux courbes ascendantes, surtout depuis l’an dernier où la marque a dépassé Tesla.

Pour ce qui est des voitures vendues aux particuliers, avec environ 205 500 unités écoulées, BYD revient à des volumes proches de ceux de début 2024. Seul petit rayon de soleil : les véhicules utilitaires (bus et camions), en légère progression, mais ils sont encore marginaux dans l’équation globale.

Mais pourquoi un tel recul quand les voitures électrifiées ont le vent en poupe et que BYD propose des produits globalement au bon rapport qualité/prix ? En réalité, cette baisse est imputable au marché chinois de l’électrique, un marché saturé, ultra-compétitif, où les remises permanentes ont fini par éroder la demande autant que les marges.

Même BYD finit par trébucher quand la bataille des prix devient une guerre d’usure qui, finalement, pourrait bientôt donner lieu à une véritable hécatombe chez la grosse centaine de constructeurs chinois qui tentent de se faire une place au soleil.

L’hybride rechargeable en tête… sans vraie victoire

Autre signal : l’évolution du mix technologique. Longtemps équilibrées entre 100 % électriques et hybrides rechargeables, les ventes penchent désormais nettement en faveur de ces derniers. En janvier, près de 60 % des immatriculations BYD concernaient des PHEV.

BYD Seal U 2025 // Source : BYD

Faut-il y voir un retour en grâce de l’hybride ? Pas si vite. Si les électriques ont davantage chuté, les hybrides rechargeables reculent eux aussi, et ce depuis 10 mois consécutifs, à en croire les chiffres révélés par CnEVPost.com. La bascule est donc relative : elle traduit davantage une résistance moindre des PHEV dans un marché tendu qu’un réel engouement renouvelé.

En clair, BYD vend moins de tout, mais un peu moins mal en hybride. Une nuance importante pour comprendre la fragilité actuelle du modèle.

Exportations et VTC : deux paris pour relancer la machine

Face à un marché intérieur moins réceptif, BYD accélère à l’international. Ça s’est notamment vu en France avec le lancement de plusieurs modèles hybrides et électriques importants, dont la fameuse petite BYD Dolphin Surf à moins de 20 000 euros.

BYD Dolphin Surf // Source : BYD

Le constructeur a immatriculé 14 311 voitures en France en 2025, en hausse de 145,3 % par rapport à 2024, des ventes tirées par le succès du Seal U DM-i.

En janvier, les exportations de BYD ont bondi de plus de 50 % sur un an. Un chiffre impressionnant, même s’il masque une baisse par rapport à décembre. Signe des temps, ces volumes seront de plus en plus produits hors de Chine, comme dans la nouvelle usine hongroise de Szeged, en phase de lancement.

En parallèle, BYD tente une autre carte : celle des services de mobilité. Avec Linghui, sa nouvelle marque dédiée au transport avec chauffeur, le groupe vise taxis, VTC et flottes d’entreprise. Véhicules spécifiques, réseau de distribution dédié, modèles dérivés de la Qin Plus… l’idée est claire : créer un débouché supplémentaire là où les ventes aux particuliers s’essoufflent.

Rappelons que la vente de voitures n’est pas la seule activité lucrative de BYD. En effet, la marque chinoise produit aussi ses propres batteries et est également fournisseur pour plusieurs constructeurs bien connus, parfois même concurrents comme c’est le cas de Tesla. Certains modèles français, comme les premiers Peugeot e-3008 sortis d’usine, sont également équipés de batteries BYD.


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