Le grand salon de Las Vegas était l’occasion pour Intel de dévoiler plus précisément Ice Lake, une nouvelle architecture majeure en 10 nm qui arrivera dans nos ordinateurs en 2019.

Intel a organisé une conférence au CES 2019 pour présenter sa nouvelle grande architecture, Ice Lake. Elle sera utilisée pour des processeurs que Intel promet de commercialiser avant la fin de l’année. La plus grande nouveauté est avant tout l’utilisation du nouveau procédé de fabrication en 10 nm, avec lequel Intel a eu beaucoup de difficultés au cours des dernières années. Si ce procédé n’est pas techniquement comparable au 7 – 10 nm utilisé par Samsung (Qualcomm) ou TSMC (Apple, Huawei), cela plaçait Intel comme une marque en retard en termes d’image.

Intel mise à son tour sur « l’IA »

Depuis le lancement de Skylake en 2015, Intel n’avait pas revu fondamentalement la micro-architecture de ses processeurs. La firme reste pour le moment assez discrète sur les modifications précises qu’elle a apportées, mais promet notamment d’optimiser ses processeurs pour des tâches liées à l’intelligence artificielle. Comme pour les nouvelles puces de nos smartphones, il s’agit d’optimiser les performances sur les tâches du type « indexer les photos de mon chat » en utilisant de la reconnaissance d’image et du machine learning.

Ice Lake devrait également apporter un bond à la fois en termes de fréquence d’horloge, et en termes d’exécutions des instructions par cycle. Traduction : le processeur sera plus performant, sans que les développeurs aient besoin de revoir le code de leurs applications.

Intel HD Graphics 11 : enfin un processeur Intel doué en jeu ?

Jusqu’à présent, les puces graphiques intégrées aux processeurs Intel étaient suffisantes pour faire tourner Windows et décoder des vidéos de façon matérielle, mais les performances s’effondraient dans les jeux en 3D. Si bien qu’une machine avec une puce graphique Intel n’est généralement pas considérée comme une machine de jeu, contrairement aux solutions équipées en Nvidia ou AMD.

Une démonstration de Tekken 7 tournant avec Intel Gen11. Crédit : Anandtech.

Avec la Gen 11, qui succède à la Gen 9 intégrée avec Skylake (la Gen 10 a été abandonnée en cours de développement), Intel semble enfin prendre les performances graphiques de ses processeurs au sérieux. La puce intègre deux fois plus d’unités d’exécution, et promet de dépasser le téraflops de performance (à titre de comparaison une PlayStation 4 délivre 1,84 téraflops). Intel avait fait la démonstration en décembre du dernier Tekken 7, tournant en Full HD avec les détails graphiques réglés sur moyen.

Parmi les nouveautés, on note aussi un support des vidéos en H.265 HEVC, du HDR et des écrans Adaptive Sync (AMD Freesync).

Thunderbolt 3 et Wi-Fi 6 intégré de base

De nos jours, un processeur est au cœur d’un SoC (System on a Chip) qui s’occupe de beaucoup d’autres choses que d’exécuter les instructions et calculs nécessaires pour faire tourner l’appareil. C’est le SoC qui détermine notamment la connectivité de la machine, que ce soit le Wi-Fi, le Bluetooth ou encore les différents ports USB, ou non.

Avec Ice Lake, Intel apporte justement des nouveautés très intéressantes. D’une part le Thunderbolt 3 est désormais intégré à la puce, ce qui signifie que les fabricants n’auront pas à ajouter un contrôleur supplémentaire et pourront sans peine utiliser ce qui reste la meilleure connectique à ce jour sur leurs machines. Le Wi-Fi 6 est également de la partie, il s’agit de la prochaine génération de Wi-Fi qui devrait s’imposer en 2019 si l’on en croit les nombreuses annonces du CES.

Encombrement réduit et autonomie en hausse

Pour faire face au Snapdragon 8CX de Qualcomm, qui promet désormais des performances dignes d’un ultraportable haut de gamme, Intel doit aller chercher son concurrent sur le terrain de la consommation et de l’encombrement. Qualcomm a en effet pour lui une consommation réduite, mais surtout une intégration bien plus simple pour les fabricants grâce au développement de carte mère plus compact.

En ayant optimisé chaque point de consommation d’une machine moderne, Intel promet qu’il sera possible d’atteindre plus de 25 heures d’autonomie sur un PC portable. L’encombrement de la carte mère a été réduit, ce qui permet à Intel de laisser un volume de 10% supplémentaire pour les batteries. Un ultraportable 12 pouces pourrait ainsi intégrer une batterie de 58 Wh à la place d’une batterie de 52 Wh.

De belles promesses

La nouvelle architecture Ice Lake promet d’apporter du neuf à un marché du PC qui avait tendance à stagner en raison des difficultés d’Intel. Devant désormais faire face à l’arrivée de Qualcomm et au retour en force d’AMD, la firme n’a plus d’autre choix que de mettre les bouchées doubles.

La présentation de Ice Lake était pleine de belles promesses : des performances et une autonomie en hausse, une connectivité utilisant les meilleures normes en date, mais il faudra attendre pour voir si Intel parviendra à commercialiser en temps et en heure son nouveau produit.