Données personnelles : Meta ne respecte toujours pas le droit européen

 
Facebook aurait-il du mal à se désintoxiquer du business fait avec nos données personnelles ? C’est ce que suggère en tout cas un nouveau rapport qui épingle les méthodes de Mark Zuckerberg sur ses réseaux sociaux.
Crédit : Frandroid

Après une première bataille avec l’Union européenne en 2024 à propos de son nouvel abonnement permettant d’utiliser Facebook et Instagram sans pub, Meta a revu son processus de consentement pour essayer de se mettre en accord avec le RGPD et le DMA. C’est manifestement raté, selon le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC).

Comme l’explique l’UFC Que-Choisir, qui fait partie du collectif européen ayant déjà porté plainte fin 2023, « les principales pratiques problématiques […] persistent », même avec le nouveau tunnel de fenêtre pop-up mis en place par Meta début 2026.

Des « techniques comportementales trompeuses »

Au lieu de proposer une simple option permettant de payer ou d’utiliser Facebook et Instagram sans suivi, Meta enterre l’option permettant de se passer des publicités personnalisées sous une deuxième fenêtre pop-up remplie « d’un langage peu clair et non neutre », regrette le BEUC. Un contexte ne permettant pas de « donner un consentement libre, spécifique, éclairé et univoque aux publicités personnalisées », pointe l’UFC Que-Choisir.

Selon cette nouvelle analyse, Meta utilise des « techniques comportementales et des conceptions d’interfacetrompeuses » pour pousser les gens à faire don de leurs données personnelles. En n’offrant pas immédiatement une option permettant de refuser le pistage, mais aussi en dégradant la qualité du service proposé en cas de refus de léguer ses données.

Les fenêtres pop-up proposées par Meta dans le cadre de son programme « Payer ou consentir » // Crédit : BEUC

« L’alternative non personnalisée est présentée de manière négative », pointe le BEUC, qui regrette que le langage employé par Meta « donne l’impression que l’expérience sera dégradée » et « que les performances du service seront détériorées » si l’option la moins rentable pour Meta est choisie.

Un nouveau round dans la guerre Meta vs Europe

Si les termes de « dark patterns » ne sont pas employés ici, le reproche est clair. Meta utiliserait des techniques de mise en conformité malveillante afin de « brouiller les pistes auprès des régulateurs et retarder l’aboutissement des enquêtes », pointe l’UFC Que-Choisir.

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Le collectif européen d’association de protection des consommateurs appelle donc la Commission européenne à imposer des amendes régulières à Meta jusqu’à la mise en conformité de son service, les Cnil européennes à pointer du doigt les manquements de Meta et les autorités de régulation (DGCCRF comprise) à mettre la pression sur l’entreprise. Sans doute que le modèle « payer ou consentir » n’a pas fini de faire parler de lui.


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