On a visité la plus grande usine vélo de France : 100 000 vélos dans un entrepôt XXL et Intersport aux commandes

 
Découvrez les coulisses de la MFC Intersport à Machecoul, qui assemble plusieurs centaines de milliers de vélos électriques et musculaires par an, tout en développant les futurs modèles Nakamura. 
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Source : M. Lauraux pour Frandroid

Ce n’est pas tous les jours que l’on peut découvrir les coulisses de la fabrication d’un vélo électrique. Frandroid a déjà pu découvrir le site d’Arcade Cycles à La Roche-sur-Yon, mais la MFC, pourtant bien plus importante en termes de volumes, restait encore une inconnue pour nous. Suivez donc avec nous comment Intersport assemble, mais aussi conçoit ses vélos, au fil de notre visite lors d’une journée dans la région nantaise.

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L’usine vélo Manufacture Française du Cycle à Machecoul-Saint-Même (44). // Source : M. Lauraux pour Frandroid

Une aventure historique, plus que centenaire

Un petit historique est nécessaire pour resituer la MFC. Si le nom de Manufacture Française du Cycle et le rachat par Intersport sont assez récents (2013), son histoire date d’il y a plus de 100 ans déjà. Située à Machecoul-Saint-Même, une petite bourgade située à 40 km au sud-ouest de Nantes (Loire-Atlantique), l’usine a été créée par Marcel Brunelière en 1925. Si cet homme ne vous dit rien, sachez qu’il était surnommé « Le Gitan » : c’est lui-même qui a fondé la célèbre marque de vélos Gitane en 1930.

Rapidement, la production prend du volume avec des décennies de succès, avec des pics de production jusqu’à 450 000 vélos par an. Ensuite, le site est passé sous l’égide de Micmo (1960), puis Renault avec le déménagement de l’usine vers le lieu actuel (1975), Yvars-Gateau (1985), Cycleurope avec l’intégration de Peugeot (1992) puis le Suédois Monark (1996).

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Un morceau d’histoire, dont celui de Gitane et son fondateur ayant créé l’usine originelle en 1925 ! // Source : M. Lauraux pour Frandroid

Ce dernier a transféré la production des modèles haut de gamme comme Gitane sur le site de Romilly-sur-Seine (aujourd’hui Recycles car rachetée par Rebirth). Cette décision a fait changer de braquet l’usine de Machecoul, en second plan jusque dans les années 2010, et qui assemblait pour les grands distributeurs comme Nakamura, Leclerc… et Decathlon !

« Le site était encore en fonctionnement, mais avec des endroits quasiment laissés à l’abandon, parfois avec des sols à nu, et il n’y avait même pas de chauffage » explique l’actuel directeur des opérations Romain Perrus.

L’ère moderne sous le signe d’Intersport Nakamura

« Nous avons conservé une centaine d’emplois, mais il a fallu recruter, réhabiliter et investir beaucoup pour relancer la production » ajoute-t-il. Ainsi, ce sont 40 millions d’euros qui ont été investis afin de moderniser les lignes de production avec des machines, l’atelier de peinture, un laboratoire d’essai flambant neuf, les infrastructures, et ainsi constituer une équipe aujourd’hui 650 salariés.

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Le Vélib électrique, un parmi plusieurs vélos de collectivités assemblés dans la MFC. // Source : M. Lauraux pour Frandroid

En 2025, et depuis de nombreuses années déjà, la MFC est la première usine de vélos en France. Elle assemblait au plus fort du Covid quelque 650 000 unités, un chiffre ramené à 350 000 cycles après le contrecoup du marché. En majorité, sortent des vélos du groupe Nakamura et Sunn (Intersport), mais aussi des vélos de collectivités comme ceux de Nantes (Naolib), Le Mans (Star) et les fameux Vélib de Paris !

À elle seule, la MFC réalise 160 millions d’euros de chiffre d’affaires. Les cycles constituent 10 % d’Intersport, faisait de Nakamura la 4e marque du groupe.

Peinture en poudre

Visiter ce temple du biclou de 35 000 m2 permet de comprendre l’ampleur industrielle du site. Intersport aime d’ailleurs la qualifier d’artisanat industriel, puisque l’usine possède très peu d’automatisation. Une fois arrivés (puisque produits en Asie), les cadres sont peints avec la méthode de poudre, moins polluante.

Pour Nakamura, le groupe a aussi fait un développement notable sur la qualité perçue, avec des peintures pailletées voire avec des reflets irisés. Même le dernier vélo électrique urbain Nakamura Crossover E en profite, jusqu’au VTTAE Nakamura E-Summit 930 ou le gravel musculaire Allroad 450.

Ces vélos reçoivent en conséquence une note de B sur l’Indice France Vélo, voire la meilleure note pour le Nakamura Flexy Boost. Ce vélo pliant électrique, que nous avons testé à sa sortie, possède un cadre fabriqué en France, une prouesse vu le tarif final de 1 399 euros. 

Toutefois, pas question de démocratiser la fabrication française de ce composant phare selon Intersport. « En raison du manque de savoir-faire et des capacités actuelles, cela n’est pas prévu sur d’autres modèles » exprime le directeur cycle Michel Pfaff, « mais nous y réfléchissons et espérons reproduire ce genre d’offres à l’avenir. »

Assemblage en 1h, avant une batterie de contrôles

Une fois peints et marqués, les cadres partent sur l’une des deux lignes de montage. Fait du hasard (ou pas), l’une d’elles s’occupait du petit vélo cargo électrique Nakamura Crosscity+, que nous avons actuellement à l’essai. Il était donc doublement intéressant de voir comment ce VAE reçoit son pré-câblage, avant les différents composants comme la pose du moteur ou des roues, elles aussi montées sur place sur 16 lignes d’assemblage.

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Les roues sont aussi réalisées sur place. // Source : M. Lauraux pour Frandroid

Un vélo demande environ 1 heure pour être assemblé, soit 2 à 3 minutes et demie par personne en fonction de la complexité de la tâche. Pas d’inquiétude pour la pénibilité même avec des VAE dépassant 25 voire 30 kg. Les lignes ergonomiques les fixent à hauteur d’homme pour une manipulation facilité.

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Des vélos électriques Nakamura Crossover V assemblés devant nos yeux. // Source : M. Lauraux pour Frandroid

Une fois assemblé, le vélo part en contrôle qualité, avec une étape de vérification de l’assistance pour les vélos électriques. En plus, chaque vague d’assemblage se voit ponctionnée régulièrement de vélos pour le contrôle qualité.

Cela peut entraîner des petits réajustements, voire des rebuts, qui ne partent pas à la poubelle mais en vélo « presque parfait » revendus dans le magasin d’usine.

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Le laboratoire d’essais pour tester la résistance et l’endurance. // Source : M. Lauraux pour Frandroid

En parallèle, certains composants et vélos partiellement assemblés subissent une batterie de tests dans un laboratoire d’essais, comme des suspensions subissant une simulation de conduite sur terrain difficile.

Pour les vélos électriques et mécaniques ayant bien suivi leur chemin, ils partent ensuite dans leurs cartons pour la livraison.

Un entrepôt géant pour stocker jusqu’à 100 000 vélos

Vient ensuite une seconde étape qui demande à visiter l’entrepôt de 30 000 m2. On y trouve des robots transpalettes venant dispatcher des vélos vers la zone de stockage. Les vélos Nakamura (et autres références) y sont entreposés le long de dizaines de rangées, certaines allant jusqu’à 12 m de hauteur.

Un lieu gigantesque, qui concentre jusqu’à 100 000 vélos, soit un mois et demi de production (au plus fort). Au moment de notre visite, le taux d’occupation était de 89 %, et ce malgré environ 2 000 vélos qui partent quotidiennement de l’usine pour l’arrivée des beaux jours, via des dizaines de camions.

Cela n’a pas toujours été le cas, puisque l’espace était quasiment vide lors du Covid, avec des ventes à flux tendu. Une autre partie de stockage, que nous avons vue furtivement, concerne, elle, tous les composants nécessaires pour l’assemblage des vélos, avec des milliers de références.

Une unité de conception des futurs vélos Intersport

Nous avons dû traverser une unité de conception pour accéder au bureau d’études, puisque c’est à quelques mètres que la création des différents vélos Nakamura et Sunn opère. Cela démarre par le cahier des charges, puis des esquisses, de la CAO (création assistée par ordinateur) avec de la simulation 3D (exemple pour réduire le poids via l’optimisation des soudures), jusqu’à l’atelier de prototypes.

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Ceci n’est pas un vélo électrique disponible, mais un prototype de développement. // Source : M. Lauraux pour Frandroid

Nous avons pu y voir le travail sur l’un des 650 vélos « Frankenstein » montés pour tester, vérifier et valider les références en gestation, dont les plus aboutis passent par un test en conditions réelles.

Il faut environ 2 à 4 itérations par vélo, et au total 5 mois à 2 ans et demi de développement pour obtenir un produit final, en fonction du type de projet. Entre une petite mise à jour de composants, et un modèle inédit, tout n’est pas comparable. Pour ce bureau, ce sont environ 150 projets en parallèle qui sont en cours, ça ne chôme pas !

De nouveaux vélos électriques Nakamura en avant-première

Clou de la visite : nous avons pu voir les dernières nouveautés de Nakamura, qu’Intersport a (re)présenté officiellement en cette fin mars 2026. Si l’urbain Nakamura Crossover E avait été annoncé au début du mois à moins de 1 000 euros, nous avons pu le découvrir « IRL », tout comme le Nakamura Crosslite retardé mais enfin commercialisé.

La marque française exposait aussi son premier VTTAE à moteur Bosch, l’E-Summit 990 à 2 899,99 euros, et le plus abordable Nakamura E-Summit 930 que nous avons brièvement enfourché.


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