Le Nio Phone n’est pas mort

 
On a beaucoup glosé sur l’inutilité d’un smartphone produit par un constructeur automobile. Mais Nio vient de clouer le bec aux sceptiques avec une mise à jour logicielle qui utilise l’IA et l’UWB pour anticiper vos besoins avant même que vous ne touchiez à l’écran.

Le Nio Phone a longtemps été perçu comme un « caprice de CEO ». Dans un monde où Apple, Xiaomi, Oppo, Huawei et Samsung règnent sans partage, voir un constructeur automobile s’aventurer sur le terrain du hardware mobile semblait suicidaire.

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Pourtant, après un an de silence radio, Nio revient sur le devant de la scène avec une mise à jour logicielle pour les utilisateurs de l’ES8 et de la luxueuse ET9. Car, à quoi sert un smartphone dédié à sa voiture ? C’est la question qu’on se pose depuis le début.

C’est simple : vous approchez de votre véhicule, les bras chargés, et le coffre s’ouvre tout seul. Pas besoin de sortir le téléphone de votre poche, pas besoin de viser un capteur sous le pare-chocs avec votre pied comme un équilibriste de cirque. Le smartphone et la voiture communiquent en temps réel pour comprendre que vous voulez accéder au compartiment de chargement.

Cette magie repose sur le protocole Nio Link, une technologie développée en interne qui permet une fusion profonde entre le smartphone et l’ordinateur de bord. On est très loin d’une simple connexion Bluetooth capricieuse. Ici, le système utilise les capteurs de mouvement du téléphone et la puce UWB pour créer ce que Nio appelle une « détection d’intention ».

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Au service de la paresse et du confort

Regardez comment ça marche. Le système fusionne les données de localisation ultra-précise de l’Ultra-Wideband avec les algorithmes de mouvement de l’appareil. Si vous vous immobilisez devant le coffre ou si vous effectuez une légère secousse du téléphone dans votre poche, la voiture interprète cela comme un ordre d’ouverture.

Nio ET9 // Crédit : Nio

Pour Nio, ce n’est pas juste un gadget. C’est la démonstration de force de SkyOS, leur système d’exploitation maison. Là où Apple a abandonné son projet de voiture électrique, Nio a fait le chemin inverse en intégrant le monde mobile dans son catalogue automobile. Le smartphone devient une extension du système nerveux de la voiture.

Actuellement, tous les modèles de Nio Phone, y compris la première génération de 2023, supportent cette fonctionnalité.

Un écosystème en survie, mais enfin rentable

Maintenant, pourquoi s’obstiner ? La réponse est dans les chiffres. Nio vient d’annoncer ses premiers bénéfices opérationnels au quatrième trimestre 2025. Avec une base de plus d’un million d’utilisateurs, la marque peut enfin se permettre de chouchouter ses clients « premium » avec des exclusivités logicielles.

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Le vrai problème des écosystèmes ouverts, c’est la latence et le manque de contrôle. En produisant son propre smartphone, Nio élimine ces barrières. Certes, vous êtes enfermé dans une cage dorée, mais une cage qui vous permet d’interagir avec votre ET9 de 100 000 euros avec une fluidité qu’aucune application Android standard ne pourrait offrir.

Face à la concurrence, notamment Xiaomi qui pousse très fort avec ses SU7 et YU7, et son système HyperOS, Nio devait réagir. Cette mise à jour est une réponse directe : le Nio Phone n’est pas un simple téléphone rebadgé, c’est une pièce maîtresse de l’expérience utilisateur de la marque.


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