Hugging Face, pépite française, bientôt chez Nvidia ? Un deal à 12,9 milliards de dollars

 
Nvidia s’offrirait Hugging Face, la plus grande plateforme de modèles d’IA open source, pour 12,9 milliards de dollars (environ 11 milliards d’euros). Rien d’officiel pour l’instant : l’information vient de la presse américaine.

Hugging Face bientôt chez Nvidia ? Le site américain The Information a révélé le 26 août que Nvidia aurait accepté de racheter Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars, environ 11 milliards d’euros. Rien d’officiel pour l’instant : ni Nvidia ni Hugging Face n’ont confirmé, et les deux groupes, sollicités par la presse, n’ont pas donné suite dans l’immédiat.

Deux jours plus tôt, TechCrunch évoquait encore de simples discussions autour de 13 milliards de dollars (environ 11 milliards d’euros), sans accord signé. Rapporté au chiffre d’affaires, le prix atteindrait plus de 80 fois les revenus annuels de la plateforme, estimés à 150 millions de dollars (environ 128 millions d’euros).

Mais c’est quoi Hugging Face ?

Hugging Face joue pour l’IA le rôle que GitHub joue pour le code : plus d’un million de modèles open source hébergés, et des millions de développeurs qui y déposent, testent et téléchargent des programmes. C’est aujourd’hui la plus grande plateforme de partage de modèles au monde. La société a été fondée en 2016 par trois Français, Clément Delangue (CEO), Julien Chaumond (directeur technique) et Thomas Wolf (directeur scientifique), et a installé son siège à New York. Sa dernière levée de fonds, en 2023, la valorisait 4,5 milliards de dollars (environ 3,9 milliards d’euros), et Nvidia figurait déjà parmi ses investisseurs : le prix évoqué aurait donc presque triplé en trois ans. Fin 2025, la plateforme avait pourtant refusé un investissement de 500 millions de dollars (environ 425 millions d’euros) de Nvidia, qui la valorisait 7 milliards de dollars (environ 6 milliards d’euros), pour éviter qu’un actionnaire unique ne pèse trop sur ses choix.

Nvidia ne se contenterait plus de vendre des puces

Après avoir écrasé le marché du matériel, Nvidia s’attaquerait à la couche logicielle et à la communauté. Posséder Hugging Face, ce serait contrôler l’endroit où les développeurs travaillent chaque jour, et les orienter un peu plus vers ses cartes graphiques. Le groupe avance déjà sur plusieurs fronts : il a récemment participé à un tour de table géant chez Perplexity, preuve qu’il veut peser sur les logiciels et les services, au-delà du seul silicium. Les grands laboratoires fermés prennent leurs distances avec le matériel Nvidia : OpenAI conçoit ses propres puces avec Broadcom, Anthropic développe la sienne et vient de passer une commande massive auprès d’AMD, Google aligne ses puces maison depuis des années. En perdant du terrain chez ces gros clients, Nvidia miserait sur l’open source, dont Hugging Face est le point d’entrée.

L’opération devra encore passer le filtre des autorités de la concurrence, et Nvidia sait ce que ça coûte. En février 2022, le groupe a dû renoncer au rachat du concepteur de puces ARM, pourtant valorisé 40 milliards de dollars, face à l’opposition de la FTC américaine et des régulateurs britannique et européen, inquiets de le voir renforcer sa position dominante. Racheter Hugging Face, la principale plateforme de modèles open source, placerait un maillon clé de l’écosystème IA sous le contrôle du numéro un des puces : de quoi attirer le même type d’examen.

Une pépite française qui passerait sous pavillon américain

Si l’opération se confirme, elle montre une nouvelle fois la difficulté de l’Europe à retenir ses talents de l’IA : fondée par trois Français, Hugging Face a grandi et s’est structurée aux États-Unis.

Pour ses utilisateurs, la vraie question porte désormais sur l’avenir de l’open source sous contrôle de Nvidia. Un groupe qui vit de la vente de cartes graphiques pourrait être tenté d’orienter la plateforme vers son propre matériel, voire de la refermer. Tant que Nvidia n’a pas publié de communiqué et que Clément Delangue n’a rien confirmé, l’affaire reste au stade de la rumeur.


Envie de retrouver les meilleurs articles de Frandroid sur Google News ? Vous pouvez suivre Frandroid sur Google News en un clic.

Recherche IA boostée par
Perplexity