France Télécom et l’affaire des suicides : les ex-dirigeants condamnés à de la prison

35 personnes s'étaient suicidées il y a dix ans

 

Les ex-dirigeants de France Télécom ont été condamnés à une peine de prison ferme pour l'affaire des suicides qui a frappé l'entreprise il y a une dizaine d'années suite à un plan de restructuration en interne. La firme, elle, doit dédommager financièrement les victimes.

Avant de devenir Orange en 2013, l’opérateur télécom historique s’appelait France Télécom. Or cette entreprise a été tristement marquée, il y a une dizaine d’années, par une vague de suicides au sein de ses équipes. Vendredi 20 décembre 2019, les ex-dirigeants et notamment l’ancien PDG de la firme, Didier Lombard, ont été condamnés pour harcèlement moral par le tribunal correctionnel de Paris.

Didier Lombard ainsi que deux autres responsables ont été condamnés à une peine d’un an de prison, dont huit mois avec sursis, lit-on dans Les Échos. Ils ont tous décidé de faire appel. À l’inverse, l’entreprise France Télécom ne fera pas appel et versera ainsi 5 millions d’euros aux 150 personnes qui se sont portées partie civile dans cette affaire.

France Télécom doit aussi s’acquitter d’une amende de 75 000 euros.

Restructuration et vague de suicides

Rappelez-vous, à partir du début des années 2000, France Télécom lançait une politique de restructuration interne. Or celle-ci a été suivie par une vague de suicides ou de tentatives de suicide au sein du groupe. 35 personnes s’étaient ainsi donné la mort en 2008 et 2009.

Les juges ont précisé que ce n’était pas la politique de restructuration en soi qu’ils condamnaient, mais sa mise en application. « Les moyens choisis […] étaient interdits », cite le journal Les Échos. Entre 2007 et 2008, la direction de France Télécom avait fixé un objectif de 22 000 départs sur une période de trois ans. Or, « il faut concilier le temps et les exigences de la transformation de l’entreprise avec le rythme de l’adaptation des agents qui assurent le succès de cette transformation » explique le tribunal correctionnel.

Une première

Le site des Échos souligne que c’est la première fois qu’une entreprise est condamnée pour « harcèlement moral institutionnel ». Cela rend cette décision hautement symbolique.

Les juges regrettent en outre des réductions d’effectifs « jusqu’au-boutistes » et « massives » pendant cette période au sein de France Télécom en estimant que cela a engendré des pressions très fortes sur les salariés.

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