Qualcomm apporte enfin le support officiel de Linux à ses puces Snapdragon X2

Enfin Linux, mais tard

 
Qualcomm a annoncé le 23 septembre 2026, lors de son Snapdragon Summit, le support officiel de Linux sur ses puces Snapdragon X2. Pour l’instant, c’est un « Early Developer Preview », une version réservée aux développeurs et pas au grand public.

L’annonce n’est pas passée inaperçue. Le journaliste Zac Bowden l’a relayée sur X, où le message a dépassé 130 000 vues et 6 000 partages en une journée. Dans les réactions, un reproche revient : ce support aurait dû arriver dès la génération précédente, le Snapdragon X1. Difficile de leur donner tort.

La préview repose sur un noyau Linux maison associé à la base logicielle Debian 13. Qualcomm promet donc un support Debian complet d’ici fin 2026, puis une certification Ubuntu, menée avec l’éditeur Canonical, pour le premier semestre 2027.

Ce sont les deux distributions Linux les plus connues du grand public. Asus vise même des portables Snapdragon X2 sous Ubuntu avant la mi-2027.

Bonne nouvelle sur le point qui fâchait : Qualcomm verse ses pilotes directement dans le noyau Linux, ce qu’on appelle l’« upstream », au lieu de les garder pour lui. La partie graphique passe par les pilotes open source Mesa, et le NPU (le circuit dédié à l’intelligence artificielle) devient accessible. Ce qui signifie qu’il n’y aura pas besoin d’une distribution maison estampillée Qualcomm pour faire tourner la machine.

Pourquoi seulement maintenant ?

Qualcomm avait déjà promis d’ouvrir le Snapdragon X Elite à Linux il y a deux ans. Le résultat n’a jamais vraiment suivi, et l’ARM sous Windows peine encore à convaincre sur les usages lourds. En novembre 2025, le constructeur allemand Tuxedo Computers, spécialisé dans les PC sous Linux, a carrément annulé son partenariat avec Qualcomm.

En cause, selon Clubic : une autonomie décevante sous Linux, l’impossibilité de piloter les ventilateurs ou de mettre à jour le BIOS correctement, et un décodage vidéo matériel inutilisable. Qualcomm avait surtout misé sur Microsoft, en laissant Canonical boucher les trous. En s’ouvrant enfin à Linux, le fondeur cherche peut-être à moins dépendre de Windows, lui qui multiplie les fronts sur le PC, jusqu’aux machines à moins de 500 euros.

Sur l’ARM, Qualcomm n’est pas seul

Le terrain est déjà occupé. Sur les Mac Apple Silicon, c’est la communauté qui a porté Linux, via le projet Asahi Linux, sans le moindre coup de main d’Apple. Nvidia, lui, arrive sur l’ARM main dans la main avec MediaTek : sa puce GB10, au cœur du DGX Spark, tourne déjà nativement sous Linux, une version d’Ubuntu. Qualcomm débarque donc avec l’atout du support officiel, mais avec des années de retard.

Pour aller plus loin
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Pour un développeur, c’est le moment de mettre les mains dans le cambouis : la préview est déjà disponible si vous avez une machine Snapdragon X2. Pour tout le monde, mieux vaut viser les portables Asus et HP certifiés Ubuntu attendus au premier semestre 2027. Ceux qui veulent installer Linux sans attendre, ils le feront plus sereinement sur un PC x86.

Pour aller plus loin
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