
L’an dernier, la Redmagic Astra m’avait agréablement surpris. Sur ce segment des tablettes compactes verrouillé par l’iPad mini, elle proposait une alternative Android crédible, puissante et bien construite. Redmagic revient cette année avec l’Astra 2, et la recette évolue : écran encore plus rapide, nouveau Snapdragon 8 Elite Gen 5 et surtout un système de refroidissement liquide dont on voit littéralement le fluide circuler à l’arrière.
Fiche technique
| Caractéristiques | Redmagic Astra 2 | Redmagic Astra (2025) |
|---|---|---|
| Écran | OLED, 9,06″, 185 Hz, 2400 x 1504 pixels, 16:10 | OLED, 9,06″, 165 Hz, 2400 x 1504 pixels |
| Luminosité annoncée | 1600 nits (pic), 1100 nits plein écran | 1600 nits (pic HDR) |
| Processeur | Qualcomm Snapdragon 8 Elite Gen 5 | Qualcomm Snapdragon 8 Elite |
| Puce dédiée | RedCore R4 | RedCore R3 |
| Refroidissement | AquaCore 2.0 : circuit liquide, Liquid Metal 3.0, chambre à vapeur | ICE-X 13 couches, ventilateur actif |
| Configurations | 12 Go + 256 Go, 16 Go + 512 Go | 12/16/24 Go, jusqu’à 1 To |
| Batterie | 8300 mAh | 8200 mAh |
| Charge | 75 W filaire, charge inversée | 66 W (35 W en Europe) |
| Connectivité | Wi-Fi 7, Bluetooth 6.0, 2 ports USB-C | Wi-Fi, Bluetooth 5.4 |
| Dimensions et poids | 207,1 x 134,2 x 6,9 mm, 363 g | 207 x 134,2 x 6,9 mm, 370 g |
| Logiciel | Redmagic OS 11.5 (Android 16) | Redmagic OS 10.5 (Android 15) |
| Prix | À partir de 699 € | À partir de 499 € au lancement |
L’exemplaire testé, une version 16 Go de RAM et 512 Go de stockage, nous a été prêté par Redmagic. Il s’agit d’un prototype : la version commercialisée pourra différer sur certains points, notamment logiciels.
Un design toujours aussi soigné
Redmagic ne bouleverse pas sa formule côté design, et c’est tant mieux. L’Astra 2 conserve cette ligne sobre qui m’avait plu sur la première génération : châssis plat, dos épuré, logo Snapdragon mis en avant. On sent l’identité gaming sans tomber dans la surenchère visuelle habituelle du genre. Le cadre en aluminium de qualité aéronautique conserve les 6,9 mm d’épaisseur de la première Astra, mais la tablette perd 7 grammes sur la balance (363 g contre 370 g). Deux coloris sont proposés : Eclipse (noir) et Starfrost (argent). Le dos reste parfaitement plat, sans bosse de caméra, et la certification IP54 protège contre la poussière et les projections d’eau.

La vraie nouveauté, c’est cette fenêtre à l’arrière qui laisse apparaître le liquide de refroidissement. Un fluide bleu circule sous vos yeux quand le système s’active, et je dois l’admettre : c’est très réussi visuellement.

Associé à la bande lumineuse RGB, entièrement paramétrable (intensité, clignotement, notifications, indicateur de charge), l’ensemble donne un cachet unique à la tablette. Ceux qui préfèrent la discrétion peuvent tout désactiver.
En main, le format 9 pouces reste pour moi le grand argument de cette gamme. On tient la tablette à deux mains sans effort, elle se glisse dans un petit sac et elle complète parfaitement un smartphone compact pour regarder des films, prendre des notes ou jouer.

Écran : 185 Hz sur 9 pouces
La dalle OLED de 9,06 pouces reprend la définition 2,4K (2400 x 1504 pixels, format 16:10) de la première Astra, mais pousse le taux de rafraîchissement de 165 à 185 Hz. Sur le papier, Redmagic annonce un pic de luminosité de 1600 nits, 1100 nits en plein écran et un DeltaE d’environ 0,7 pour la fidélité des couleurs. Des chiffres constructeur que je passerai à la sonde pour vérification. C’est en tout cas l’un des écrans les plus impressionnants de ce format, je mettrai à jour l’article, et l’écart avec l’iPad mini et sa dalle LCD 60 Hz reste considérable.

Les bordures de 4,9 mm permettent un ratio écran/surface de 90,1 %, et la protection est assurée par du Gorilla Glass 3. Redmagic met aussi en avant une puce tactile Synaptics S3930T, avec un échantillonnage tactile moyen de 300 Hz pouvant grimper à 2000 Hz en instantané.
Côté DRM, mes premières vérifications avec une application dédiée montrent la présence de Widevine L1 (le niveau de sécurité le plus élevé), d’un ClearKey CDM en version 14 et même d’Apple FairPlay dans la liste. Le Widevine L1 est une bonne nouvelle : c’est lui qui conditionne la lecture en haute définition sur Netflix, Prime Video ou Disney+.
Performances : puissantes mais instables sous forte charge
Snapdragon 8 Elite Gen 5 et Geekbench
Sous le capot, on trouve le Snapdragon 8 Elite Gen 5, gravé en 3 nm avec ses cœurs Oryon de troisième génération (2 cœurs performance et 6 cœurs efficacité, jusqu’à 4,6 GHz).

Il est épaulé par la puce dédiée RedCore R4, qui gère notamment la super-résolution 2K en jeu, l’interpolation d’images jusqu’à 120 FPS via la fonction Frame Rate Boost et les effets d’affichage. Sur Geekbench 6, j’ai obtenu 3636 points en single core et 11 111 points en multi core. Des scores qui placent l’Astra 2 parmi les tablettes les plus puissantes du marché, tout simplement.
| Benchmark | RedMagic Astra 2 | Écart | RedMagic Astra |
|---|---|---|---|
| Indice Frandroid | 65 632 | +13,6 % | 57 792 |
| AnTuTu 10 — Total | 3 420 399 | +34,6 % | 2 541 568 |
| AnTuTu 10 — CPU | 712 299 | +21,8 % | 584 944 |
| AnTuTu 10 — GPU | 1 272 121 | +23,4 % | 1 030 635 |
| AnTuTu 10 — Mémoire | 809 256 | +54,9 % | 522 574 |
| AnTuTu 10 — UX | 626 723 | +55,4 % | 403 415 |
| 3DMark Wild Life Extreme | 7 763 | +43,2 % | 5 421 |
| 3DMark WL Extreme — FPS (fps) | 46,49 | +43,2 % | 32,47 |
| Geekbench 6 — Single | 3 636 | +22,2 % | 2 975 |
| Geekbench 6 — Multi | 11 111 | +56,6 % | 7 097 |
| Geekbench 6 — GPU Vulkan | 28 146 | +14,8 % | 24 515 |
Face à la première Astra, les gains sont bien réels sur les benchmarks bruts : +22 % en single core, +57 % en multi core et +43 % sur 3DMark Wild Life Extreme. Notre indice Frandroid, plus représentatif d’un usage global, progresse plus modestement de 13,6 %. En pratique, la première Astra ne manquait déjà pas de puissance : les possesseurs du premier modèle n’ont clairement pas de raison de craquer.

Le refroidissement liquide, un bruit de moustique
Baptisé AquaCore 2.0, le système combine trois étages : un circuit liquide actif animé par une micropompe piézoélectrique en céramique, une chambre à vapeur agrandie (dite « 4D » car elle exploite des protubérances sur ses deux faces) et du métal liquide 3.0 pour transférer la chaleur du processeur. Le tout est piloté par la gestion thermique Energy Cube 3.0, qui répartit les ressources CPU, GPU et refroidissement selon le jeu. Redmagic revendique la première tablette produite en série avec un refroidissement liquide, à base d’un fluide fluoré emprunté aux serveurs IA, présenté comme étanche, non conducteur et opérationnel de -40 °C à 70 °C. La pompe s’active automatiquement pendant les benchmarks et certains jeux, manuellement via les réglages, et aussi pendant la charge rapide pour maintenir la puissance.

Et c’est là que je vous parle d’un problème : le bruit de la pompe est vraiment audible. Un sifflement aigu, un vrai bruit de moustique, que je trouve franchement désagréable. Le mode turbo, qui accélère la circulation du liquide, double voire triple ce niveau sonore. La pompe étant minuscule, elle tourne visiblement à haute vitesse, et Redmagic n’a manifestement pas travaillé son acoustique. Mon conseil : désactivez l’option pendant la charge si la tablette dort près de votre lit.
Stress test : un throttling marqué
J’ai soumis le CPU à un test de charge prolongée pour observer son comportement au-delà de quelques minutes. Sans le refroidissement actif, la tablette maintient 100 % de ses performances pendant une dizaine de secondes seulement, avant de descendre et de se stabiliser entre 58 et 60 %.
Refroidissement liquide activé, le comportement devient plus étonnant : les performances remontent d’abord vers 80 à 90 %, puis redescendent autour de 50 %, avec une courbe assez instable. Au bout de quelques minutes, elles remontent légèrement et se maintiennent au-dessus de 240 GIPS, ce qui reste un niveau élevé dans l’absolu.
Il faut relativiser ces chiffres : un stress test d’une heure ne reflète aucun usage réel, et la tablette charge des profils de performance spécifiques selon les jeux, capables de tenir la cadence plus longtemps. Ce comportement de throttling protège les composants, c’est son rôle. Mais avec un système de refroidissement aussi mis en avant par le marketing, j’attendais honnêtement une courbe plus stable.
Logiciel : Android 16, mais toujours trop d’applications préinstallées
Redmagic OS 11.5
L’Astra 2 tourne sous Redmagic OS 11.5, basé sur Android 16. L’interface, dérivée de celle de Nubia (maison mère de Redmagic), est globalement propre et agréable. On retrouve le Game Space accessible via le slider physique Magic Key, avec ses profils par jeu, sa gestion CPU/GPU et sa priorisation réseau.

Petit bémol sur la localisation : la traduction française est incomplète, avec des paragraphes entiers qui s’affichent en anglais dans certains menus. Rien de bloquant, mais c’est toujours étrange sur un produit commercialisé en Europe.
Le Magic Key, ce petit interrupteur à glissière sur la tranche, peut lancer le mode gaming, l’enregistreur vocal, la lampe torche ou la caméra. Sur mon exemplaire, les cinq fonctions proposées restent figées : impossible d’assigner l’application de son choix. Le guide presse évoque pourtant une touche personnalisable, avec notamment la traduction en face à face ou le passage en mode silencieux. Mon unité de test étant un prototype, je vérifierai ce point sur la version commerciale.
Une avalanche de bloatware
C’est mon principal reproche logiciel : la tablette arrive chargée d’une vingtaine d’applications préinstallées. Des jeux (Mahjong Blast, Bubble Pop, Word Connect et compagnie), des services comme AliExpress, Booking.com ou Instagram. Redmagic signe des partenariats avec des éditeurs et se rémunère sur ce préchargement, une pratique devenue courante dans l’écosystème Android chinois. Tout se désinstalle manuellement, heureusement, mais l’opération de nettoyage est fastidieuse et cela nuit à la première impression.
Redmagic AI : anecdotique
La couche d’intelligence artificielle maison, propulsée par Google Gemini selon Redmagic, déçoit. Traduction en direct, enregistrement vocal transcrit, bloc-notes IA : autant de fonctions que des applications tierces font déjà, souvent mieux. Je ne suis même pas certain que ces outils exploitent réellement le NPU du processeur. L’usage reste très limité en l’état.
Le constructeur annonce aussi des assistants IA intégrés au Game Space : un coach tactique en temps réel (limité à Delta Force), une analyse de performances (limitée à Mobile Legends) et un assistant vocal en jeu baptisé Mora Mouthpiece. Je n’ai pas pu valider ces fonctions sur mon prototype, dont l’intérêt réel restera à démontrer sur les jeux populaires en France.
Batterie et charge : 75 W au programme
La batterie passe de 8200 à 8300 mAh. C’est correct pour ce gabarit, mais pas transcendant : quand Honor loge 10 000 mAh dans certains smartphones grâce aux nouvelles technologies de cellules silicium-carbone, on était en droit d’espérer davantage sur une tablette de 9 pouces.
La charge filaire grimpe en revanche à 75 W, un vrai progrès face aux 35 W auxquels la première Astra était bridée en Europe, avec en prime une charge inversée bidirectionnelle, une première chez Redmagic. Le constructeur promet une charge complète en 57 minutes via le port USB 3.2 Gen 2, et annonce 9,6 heures d’usage quotidien ou 9 heures de Genshin Impact à pleine cadence. Des chiffres qui rejoignent nos observations, on a mesuré 74,2 W en pleine charge rapide filaire.
Bonne surprise côté connectique : la tablette embarque deux ports USB-C, dont un en USB 3.2 Gen 2 (10 Gbit/s) avec sortie DisplayPort jusqu’à 4K à 144 Hz ou 8K à 60 Hz. De quoi jouer en charge ou brancher la tablette sur un moniteur externe. Le sans-fil passe au Wi-Fi 7 et au Bluetooth 6.0.
C’est en revanche officiel : l’Astra 2 est proposée uniquement en Wi-Fi, sans version cellulaire. Comme sa devancière, elle devra se contenter du réseau sans fil ou du partage de connexion en déplacement.
Prix et disponibilité : 699 euros annoncés
Redmagic a officialisé l’Astra 2 le 17 juillet, avec un prix de départ annoncé à 699 euros pour la version 12 Go + 256 Go. La hausse est sensible : la première Astra était lancée à 499 euros dans la même configuration, soit 200 euros de moins. À ce niveau, l’Astra 2 dépasse même le tarif de l’iPad mini 7.
Côté calendrier, il faudra patienter : les bons Early Bird seront proposés à la mi-août, avant un accès anticipé et l’ouverture des ventes mondiales fin août sur redmagic.gg et chez certains revendeurs partenaires. Le bon Early Bird donne un accès prioritaire avant l’ouverture des ventes, avec un chargeur rapide 80 W et un porte-clés offerts. Les détails de l’offre et le calendrier régional précis seront communiqués ultérieurement. La France fait bien partie des pays couverts au lancement.
À l’international, deux configurations sont annoncées : 12 Go + 256 Go et 16 Go + 512 Go, chacune dans les deux coloris. La version 1 To de la première Astra disparaît donc du catalogue mondial.
Alternatives
Le segment des tablettes compactes haut de gamme reste un marché de niche. L’iPad mini 7 demeure la référence, avec l’écosystème Apple, un format encore plus léger et désormais un tarif inférieur, mais son écran LCD 60 Hz fait pâle figure face à l’OLED 185 Hz de la Redmagic. La première Astra, si elle reste en vente à prix réduit, constituera par ailleurs une alternative très pertinente : le gain de performances entre les deux générations ne justifie pas à lui seul les 200 euros d’écart. Du côté d’Android, il y a une Lenovo Tab annoncé en début d’année, mais nous ne l’avons pas testée.
Enfin, pour ceux qui privilégient la puissance sans contrainte de format, l’iPad Air et sa puce M reste une valeur sûre, pour un budget désormais comparable. Nous vous conseillons de lire notre guide complet.
Pour aller plus loin
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