On ne pensait pas que la gamme des télés QLED pouvait encore s’améliorer aussi significativement. À une image toujours aussi dynamique et lumineuse s’ajoute désormais un traitement anti-reflets d’une efficacité inégalée… Un vrai plaisir à l’usage.

Où s’arrêteront les progrès technologiques au sein des téléviseurs ? Bluffés par les qualités du Sony KD-75XG95, nous écrivions dans notre article que la technologie LCD n’est pas disposée à s’avouer vaincue face à la techno OLED et son taux de contraste infini. Et alors que nous étions ravis des résultats obtenus sur le téléviseur Sony, voilà que Samsung nous démontre qu’il est encore possible de faire mieux…
Nous avons en effet reçu en test le QE65R85R équipé de la nouvelle génération de dalle QLED (une techno dérivée du LCD qui utilise une dalle à cristaux liquides dopée aux boîtes quantiques) et c’est une nouvelle claque visuelle. On vous explique pourquoi dans notre test.

Fiche technique

  • Tailles d’écran disponibles : 55, 65 ou 75 pouces (140, 165 ou 190 cm)
  • Type d’écran : QLED, LCD rétroéclairage Direct LED en local dimming
  • Définition : 4K UHD (3840 x 2160 pixels)
  • Logiciel : TizenOS
  • HDR : Oui (HDR10+, HLG,)
  • Connectiques : 4xHDMI (4K, 60 Hz, HDR), 3xUSB, antenne IEC75, 2x satellite, Ethernet RJ45, sortie optique, sortie casque
  • WiFi : 5 GHz (802.11ac)
  • Bluetooth : 4.2
  • Haut-parleur : 40 watts RMS
  • Tuner : 2 numériques, 1 analogique, 2 satellites (DVB-T/T2, DVB-C, DVB-S/S2)
  • Consommation annuelle : 128 kWh (55”), 244 kWh (65″) ou 381 kWh (75″)
  • Dimensions : 1230.6 x 791.9 x 230.8 mm (55″) // 1449.5 x 918.0 x 327.9 mm // (65″) ou 1675.2 x 1053.6 x 379.9 mm (75″)
  • Poids : 20 kg (55″), 28.2 kg (65″) ou 40.5 kg (75″)
  • SoC : NA
  • RAM : NA

Ce test a été réalisé avec un téléviseur 65″ prêté par Samsung.

Toujours les mêmes atouts de conception

On a beau le savoir, au déballage de ce téléviseur, on est toujours aussi séduits par le caractère extrêmement pratique du boîtier OneConnect de Samsung. Cette base déportée, livrée avec les modèles plutôt premium, intègre toute la connectique du téléviseur… et rien ne manque.

Elle se compose ici de quatre HDMI, une sortie audio optique, trois USB et un port Ethernet en plus de la connexion Wi-Fi. Sans oublier que Samsung intègre toujours, en plus du tuner TNT (compatible HbbTV), un tuner satellite et une interface CI+(1.4) pour ajouter une carte Fransat, par exemple.

Mais le principal intérêt de OneConnect réside dans cet unique et fin câble qui relie la base au téléviseur. La véritable performance de Samsung (selon nous) réside dans le fait que celui-ci transporte non seulement l’image ultra haute définition et le son, mais aussi l’alimentation du téléviseur. Faut-il alors préciser que dans le cadre d’une installation murale, cette solution est juste parfaite !

Un traitement anti-reflets jamais vu

L’avantage des dalles LCD sur les dalles OLED est que celles-ci sont souvent plus lumineuses — mais les noirs moins profonds, quoique, nous allons y revenir. Une intensité qui leur permet de contrer les nombreux reflets dus à la lumière ambiante. Ceux qui, en fonction de la configuration de la pièce, traversent la fenêtre du salon et cogne la dalle à vous en pourrir vos après-midis de « binge-watching ». Sur ce point spécifique, le constructeur a réalisé une performance sans doute inédite en appliquant un traitement anti-reflets super efficace… mais vraiment pas simple à décrire.

La performance tient au QLC. Une dénomination maison signifiant Quantum Light Control, et sous laquelle le constructeur regroupe différentes technologies, dont le filtre anti-reflets. Sur la façade du téléviseur, Samsung a appliqué un traitement qui, à la manière d’un prisme, se charge de capter et d’annuler au maximum les rayons de lumière ambiante et de les annuler. Comment ? Et bien en les « éclatants » le plus possible lorsqu’ils heurtent la dalle. Le filtre capte la lumière, puis les disperse réduisant de manière impressionnante l’effet miroir de la dalle.

« Nous avons placé nos panneaux lumineux (utilisé pour réaliser les photos) en face de la dalle et nous l’avons poussé jusqu’au maximum. »

Lorsque l’écran est éteint et qu’on se déplace sur les côtés du téléviseur, ce 65 pouces affiche beaucoup de reflets. Mais lorsqu’on se positionne face à lui, on remarque que ceux-ci sont grandement atténués. C’est bluffant !

Dans la photo ci-dessus, nous avons placé nos panneaux lumineux (utilisé pour réaliser les photos) en face de la dalle et nous les avons poussés jusqu’au maximum de sa puissance. Certes, le reflet de ce dernier est visible, ainsi qu’un halo de diffraction, mais même à 2200 lumens, on ne perçoit pas notre reflet dans la dalle alors que nous sommes là, appareil photo en main. C’est vraiment étonnant !

Luminosité et angles de vision sont mieux maîtrisés aussi

Pour améliorer les angles de vision, Samsung a intégré un second filtre à sa technologie QLC. Ce dernier n’est plus positionné sur l’avant du panneau LCD, mais à l’arrière, pris en sandwich entre la dalle et le rétroéclairage (96 zones) du panneau à cristaux liquides.

Ce filtre prismatique agit exactement à l’inverse du premier. Lorsqu’il reçoit la lumière du système Full LED, il se charge d’en concentrer l’éclairage, limitant les déperditions et ainsi augmentant la puissance lumineuse. Un phénomène qui booste l’image et agrandit les angles de vision.

Les bénéfices du Quantum Processor

Si nous avons débuté notre test par une mise en avant des qualités de ces nouvelles technologies Samsung, c’est que ce sont elles, qui constituent les principales améliorations de la gamme 2019 de ces TV QLED. Celles-ci, mais aussi l’arrivée du Quantum Processor sur ces téléviseurs 4K. De quoi s’agit-il ? Du super processeur qui équipe aussi le téléviseur 8K de Samsung, le Q900R.
Une véritable bête de scène qui affiche une qualité d’image incroyable avec les rares boucles 8K disponibles, mais très bonne aussi avec de simples contenus 4K. Une performance rendue possible grâce au fameux Quantum Processor. Cette puce a, à la manière d’une intelligence artificielle, été entraînée par Samsung pour upscaller des contenus dégradés vers de très hautes définitions.

Sur notre modèle 65 pouces 4K, à moins de regarder un mauvais flux TNT, l’image reste propre. La gestion des dégradés de couleurs est là aussi bien maîtrisée sur cette dalle 10 bits. On ne note pas de graduation désagréable, d’effet d’escalier ou autres artefacts, y compris dans les déplacements rapides à l’écran.

Mais le rôle du Quantum Processor ne se limite pas à cela. Il intervient également dans la gestion de l’audio avec sa couche AI Sound, aussi appelée Smart Sound. Selon Samsung, l’intelligence artificielle du téléviseur analyse non seulement les métadonnées contenues dans la source, mais elle analyse aussi le contenu de l’image.

Ainsi, le rendu sonore est ajusté en permanence pour offrir la meilleure restitution sonore possible. La bonne nouvelle, c’est qu’à l’usage, cela fonctionne vraiment bien. Dans les films d’action où les effets d’explosion prennent généralement le pas sur les voix, ici, le niveau reste bien maîtrisé. Interrogé sur le sujet, Samsung nous précise que ce seraient là les principaux bénéfices du rachat de Harman (spécialiste de l’audio) par Samsung. Toujours selon le constructeur, en plus de la calibration des dalles, la partie audio des téléviseurs serait aussi calibrée au sein du Samsung Audio Lab. Au-delà du discours marketing, le résultat est étonnant, même si le Q85R n’égale pas certains téléviseurs livrés avec une barre de son.

Pour en finir avec l’audio, il est à noter que les téléviseurs ne sont pas compatibles avec les formats Dolby, Dobly Vision ou Dolby Atmos, mais que l’Atmos est ici supporté par le HDMI 2.1 eARC. Il pourra donc être restitué sur un ampli hi-fi compatible y compris en passant par télé.

Une bonne fidélité des couleurs

Voilà pour les grosses nouveautés de cette cuvée 2019 qui font presque passer au second plan les autres qualités de cette télé. Et pour cause, la suite est fidèle à ce que Samsung nous livre habituellement. La qualité de l’image dispensée par le QE65Q85R est vraiment très bonne. La technologie QLED se montre toujours aussi convaincante lorsqu’il s’agit de produire une image lumineuse. Le pic est ici annoncé à 1500 nits ce qui se traduit à l’usage par une réserve qui permet de profiter de tous ces contenus avec un confort indiscutable. Le petit coup de boost apporté par les « quantum dots » est toujours perceptible, même si l’usage des modes « cinéma » et « naturel » reste vivement recommandé pour ne pas disposer d’une image trop saturée.

Les traitements électroniques ayant la fâcheuse tendance à vouloir faire « péter l’image » en prenant la main sur la source, il nous a fallu nous y prendre à plusieurs reprises pour réaliser des mesures avec notre sonde sans obtenir des résultats très étranges. Une fois la chose domptée, nous avons obtenu un taux de contraste de 3400:1 et une fidélité des couleurs qui avoisine les 3.8 – contre 3.1 pour la fidélité des gris. C’est en deçà de ceux à quoi nous a habitué Samsung, mais ce Delta E avoisinant les 3 (valeur pour laquelle l’œil humain ne distingue plus la différence de fidélité par rapport aux couleurs d’origine) restes dans la bonne moyenne. Précisons toutefois que la fidélité des couleurs est meilleure sur le Sony KD-75XG95.

Nos mesures permettent de relever une restitution convenable de l’espace colorimétrique DCI-P3 (on retrouve les défauts liés à la fidélité des couleurs). Étonnant : la température des couleurs fleurte avec les 6500K de référence en mode cinéma. À noter que le téléviseur dispose d’une multitude d’options permettant d’affiner les couleurs. Ici le mode cinéma est couplé par défaut avec un réglage « nuance de couleur chaude niveau 2 », ce qui donne l’impression que le blanc vire légèrement au jaune. Choisir le « niveau 1 » corrige un peu le tir — c’est d’ailleurs dans ce mode que nous l’avons trouvé le plus à notre goût.

Un mode jeu qui peut laisser perplexe

Autre techno de cette cuvée 2019 : le Real Game Enhancer. Sitôt qu’on utilise une console de jeu ou un ordinateur, le téléviseur bascule en mode jeu et active cette technologie. Précisons d’abord que le mode jeu en lui-même permet à ce Q85R d’offrir une fluidité tout à fait correcte à l’image. Sur le titre God Of War sur PS4, le résultat est tout à fait bluffant. Ajoutons-y que, techniquement, ce mode désactive quelques traitements de l’image pour qu’il y ait le moins de retard à l’affichage possible. Et ça fonctionne très bien puisqu’avec notre sonde nous avons mesuré un « input lag » de 14 ms environ. Ce modèle se positionne donc parmi les plus rapides du marché.

Pour en revenir au Real Game Enhancer, ce mode permet, en boostant localement le rétroéclairage de la dalle, de déboucher les zones sombres de l’image. Prenons un exemple concret. Vous êtes en LAN Party et vous évoluez tous deux dans une zone sombre. Grâce à cette technologie, il y a de grandes chances que vous l’aperceviez, mais pas lui. Oui, c’est de la triche ! Oui, c’est mal !
Outre cet exemple, ce mode permet également de débusquer des objets cachés là encore dans la pénombre du jeu.

Mais tout n’est pas rose pour autant. Booster les zones sombres de l’image pour en faire ressortir les détails à forcément un impact sur la fidélité des couleurs. Celles-ci sont tantôt délavées, tantôt saturées. Au premier abord, le résultat n’est pas affreux pour autant, mais comme on peut le voir dans l’image ci-dessus, l’arrière-plan ne laisse plus apparaître beaucoup d’informations visuelles. Il est fort heureusement possible de désactiver cette technologie pour retrouver l’ambiance initialement prévue par les créateurs du jeu.

Tizen OS, toujours aussi agréable

Nous ne nous attarderons pas sur les nombreuses qualités du système d’exploitation Tizen OS qui fait office de référence en matière de fluidité. Précisons toutefois qu’Android TV sait aussi se faire apprécier lorsqu’il est intégré sur des modèles performants tels que le Sony KD-75XG95. Bixby agit toujours comme un assistant vocal intéressant pour piloter des fonctions du téléviseur (volume, chaîne, réglage de mode, etc.) ou obtenir quelques informations comme les programmes TV ou la météo.

Ce qui est de plus en plus évident lorsqu’on teste ces téléviseurs, c’est la volonté des constructeurs de réaliser un produit tout-en-un qui voudrait remiser votre box TV au placard. S’il n’est pas aussi riche que celui d’Android TV, le store d’applications proposées par Samsung offre désormais un accès direct aux principaux services multimédias.

Netflix et Amazon Prime Vidéo ont même leur touche d’accès direct sur la petite télécommande livrée avec le téléviseur. Bref, au quotidien vous ne devriez pas être frustré par l’interface de cette télé. Pour en finir avec Tizen OS, sachez que la nouvelle version permet désormais d’interagir avec les assistants de Google et Amazon, mais il faut pour cela être possesseur d’une enceinte connectée compatible avec Google Assistant et Amazon Alexa.

Ambiant mode et surconsommation électrique

Pour ce millésime 2019, Samsung a aussi amélioré son « mode ambiant ». Il s’agit d’une fonctionnalité qui permet de prolonger les motifs de votre mur, à l’intérieur de la dalle du téléviseur en vue de faire disparaître ce grand cadre noir du salon.

Pour y parvenir, il faut utiliser l’application mobile SmartThings (qui peut d’ailleurs faire office de télécommande pour le téléviseur) et le capteur photo du smartphone. Un tutoriel guide pas à pas le client dans le processus de configuration qui ne prend qu’une dizaine de minutes.

Comme on peut le voir dans l’image ci-dessous (correspondant à une capture d’écran du processus) même avec assez peu d’espace, l’appareil photo du smartphone reconnaît très bien le mur imitation brique. Sa reproduction sur l’écran est très réussie.

Le résultat est globalement satisfaisant, et même amusant puisque dans ce nouveau mode il est possible d’ajouter encore plus d’effet et d’animation.

Le gros hic c’est que sa consommation en énergie est bien trop importante. Nous l’avons mesuré à environ 106 watts (sur la photo ci-dessus, par exemple) en fonction du contenu affiché, soit la consommation d’une télé en usage normal. Quand bien même celui-ci dispose d’une mise en veille automatique (le capteur détecte quand il n’y a plus d’activité dans la pièce), nous ne recommandons pas l’usage de ce mode tant il représente une aberration écologique.

En usage traditionnel, la conso de ce Q85R varie beaucoup en fonction de la sollicitation du rétroéclairage composé de 96 zones. Nous avons noté des pics à plus de 200 watts, mais il est n’est pas rare non plus d’être bien en dessous. Lorsqu’on laisse le capteur de luminosité ambiante activé, la consommation peut même descendre sous les 100 watts en visionnant ses programmes dans une pièce plongée dans l’obscurité.

Prix et disponibilité

Le Samsung Q85R n’est pas vraiment abordable puisque vous le trouverez au prix de 2399 euros pour le modèle de 55 pouces. Celui de 65 pouces — la version ici testée — monte à 2999 euros contre 4 499 euros pour le 75 pouces.

Note finale du test 8/10
Samsung a encore amélioré sa technologie QLED de manière assez significative et c'est un très gros 8/10 franc et mérité que nous accordons à son produit ici. Du côté de la fidélité des couleurs, ce Q85R ne se positionne pas parmi les meilleurs, mais cela reste très bon – d’autant que l’œil humain n’y verra pas une grosse différence. Le public sera surtout ravi par les autres atouts de ce téléviseur. La maîtrise des zones lumineuses qui rend les noirs plus profonds en est un. L’ajout de ces filtres qui concentrent la luminosité et annulent les reflets face à la dalle en est un autre. L’intégration du Quantum Processor dont les performances sont remarquables sur l’upscalling et la gestion du son est même la cerise sur le gâteau. Reste que dans cette version 65 pouces, le Q85R est proposé au tarif pas franchement abordable de 2999 euros.
  • Points positifs
    • La qualité de l’image
    • L’efficacité du filtre anti-reflet
    • La qualité du son
    • L’intégration du Quantum processor
  • Points négatifs
    • La consommation élevée du mode ambiant
    • Le léger retrait sur la fidélité des couleurs comparé à la concurrence