
Steam enchaîne les procès. Début 2026, un tribunal britannique a validé une action collective à environ 656 millions de livres, soit autour de 756 millions d’euros, menée au nom de 14 millions de joueurs. Aux États-Unis, des studios indépendants attaquent Valve sur les mêmes pratiques.
Aux Pays-Bas, c’est la fondation Stichting Consumenten Competition Claims qui ouvre le dossier, sous la bannière GameClaim. Elle agit pour tous les Néerlandais ayant acheté un jeu PC via Steam ou une plateforme concurrente depuis 2013, soit environ 2 millions de comptes.
Le cabinet Copenhagen Economics chiffre le préjudice total à plus de 220 millions d’euros, soit environ 130 euros par compte — l’argent que les joueurs auraient payé en trop selon la fondation. Une moyenne, qui grimpe pour les plus gros acheteurs.
Valve à nouveau dans la tourmente en Europe
Le cœur du dossier, c’est la commission de 30 % que Valve prélève sur chaque vente de jeu. La fondation estime cette ponction trop élevée et y voit le signe d’une position dominante : Steam pèserait environ 85 % du marché du jeu PC.

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Pour mesurer l’écart, les concurrents comme l’Epic Games Store ou le Microsoft Store prélèvent une commission d’environ 12 %, contre 30 % pour Steam. C’est cette différence que la fondation pointe du doigt.
Cette même commission de 30 % s’applique aussi aux achats dans les jeux, qui doivent passer par le Steam Wallet, le porte-monnaie maison de la plateforme. Autre reproche : les développeurs ne peuvent pas, depuis le jeu, renvoyer le joueur vers une offre moins chère ailleurs.

L’argument repose sur les clauses de parité tarifaire : pour vendre sur Steam, un studio ne pourrait pas proposer son jeu moins cher sur une boutique rivale comme l’Epic Games Store. Résultat, le prix reste le même partout, et la commission de 30 % finit répercutée sur le tarif final.
Le même schéma se retrouve dans les autres procès, du Royaume-Uni aux États-Unis, où le studio Wolfire Games avait lancé les hostilités dès 2021. La logique rappelle d’ailleurs les débats récurrents sur le prix des produits de jeu, où la part de la marge du vendeur est rarement visible pour l’acheteur.
Des arguments rejetés par Valve
Valve, de son côté, rejette l’accusation de monopole. Dans des propos rapportés par Bloomberg, l’entreprise fait valoir qu’elle ne fixe pas les prix des vendeurs tiers et que les joueurs disposent d’alternatives : consoles, boutiques concurrentes, achat direct auprès des développeurs. Gabe Newell, CEO de Valve, défend une domination acquise par la qualité de la plateforme, pas par l’abus. C’est la ligne de défense que Valve développe face à son double procès.

Pour les joueurs français, ce dossier néerlandais ne change rien dans l’immédiat : il ne concerne que les comptes aux Pays-Bas, et aucune plainte formelle n’a même été déposée. La fondation a d’abord envoyé une lettre à Valve pour tenter un accord financier à l’amiable, et n’ira au tribunal qu’en cas de refus, pour une procédure estimée à trois à cinq ans.
Ce n’est d’ailleurs pas le premier accroc de Valve avec Bruxelles : la Commission européenne avait déjà sanctionné l’entreprise pour des pratiques illégales de blocage géographique de jeux, entre 2021 et 2023.
Le vrai enjeu dépasse ces 130 euros par compte. Si la justice européenne condamne un jour les clauses de parité, c’est le prix des jeux PC qui pourrait bouger pour tout le monde, y compris en France.
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