« La plus grande tourmente de notre histoire » : le séisme Volkswagen s’accélère

 
Malgré l’annonce d’un récent plan drastique, Volkswagen est encore plus que jamais en difficulté. Comme d’autres groupes allemands, la firme subit de plein fouet la concurrence chinoise ainsi que la crise économique. Elle compte désormais réagir avec fermeté.
Volkswagen ID.3 Neo // Source : TheGoodClick

Quand est-ce que la situation va finir par s’améliorer pour le groupe Volkswagen ? Car on le sait, la firme allemande traverse une période particulièrement difficile, et ce depuis plusieurs années. Elle a alors mis en place divers plans de redressement, parfois très drastiques, pour tenter d’inverser la tendance. Mais rien ne semble suffire. Pas même l’annonce la suppression de la moitié de son catalogue, au début du mois de juillet 2026. Car voilà que son CEO Oliver Blume tire à nouveau la sonnette d’alarme.

Relayé par l’agence de presse Reuters, ce dernier a admis que le groupe se trouve actuellement dans une situation « plus que critique ». Le problème vient notamment des marges, que le dirigeant juge largement insuffisantes.

Actuellement, ces dernières sont de l’ordre de 4 %, et sont « solides dans le contexte actuel ». Cependant, le dirigeant estime que ce n’est pas assez « pour générer suffisamment de fonds à long terme pour les nouvelles technologies, les nouveaux produits et nos sites ».

Volkswagen ID. Cross // Source : Volkswagen

Au 1ᵉʳ trimestre 2026, le groupe a affiché une marge de 3,3 %, contre 7,7 % en 2021. Et ce malgré la fermeture de l’usine de Bruxelles et des réductions de personnel. À titre de comparaison, et selon leurs résultats financiers respectifs, Ford a vu sa marge passer de 3,6 % en 2025 à 8,1 % début 2026, tandis que General Motors atteint 9,7 %, contre 6,8 % en 2025. Mais alors, qu’est-ce qui met autant Volkswagen en difficulté ? Eh bien, son patron met cela sur le compte de plusieurs facteurs.

De lourdes réductions de personnel

Parmi eux, on peut notamment citer la concurrence grandissante venue des constructeurs chinois, qui ont en plus tendance à casser les prix. En parallèle, le groupe allemand subit un fort revers dans l’Empire du Milieu, où le marché est globalement au ralenti.

Sans oublier les droits de douane aux États-Unis, qui pénalisent aussi beaucoup Volkswagen. Ses profits sont donc en baisse. Mais pour Oliver Blume, c’est le cas de toutes les marques allemandes. Il rappelle que ces dernières traversent « la plus grande tourmente de leur histoire ».

Mais que prévoit le groupe basé à Wolfsburg ? Eh bien, il se murmure que des suppressions massives d’emplois seraient à l’ordre du jour, sans grande surprise. Cependant, si le chiffre de 50 000 a été évoqué, le dirigeant rappelle qu’il ne s’agit pas d’« un objectif arrêté ». Il sert surtout « d’indicateur de l’ampleur des mesures à prendre ». Diverses réunions sont prévues au siège du groupe en Allemagne ainsi que sur les sites d’Emden et Zwickau.

Le chiffre de 50 000 postes prend tout son sens rapporté aux effectifs du groupe : Volkswagen emploie plus de 650 000 personnes dans le monde. Ces coupes s’ajouteraient par ailleurs à un plan de réduction d’ampleur comparable déjà lancé en 2024, ce qui reviendrait presque à doubler les suppressions programmées. On comprend mieux pourquoi Blume parle de la « plus grande tourmente » de l’histoire du secteur.

Volkswagen ID. Polo // Source : Volkswagen

En ce qui concerne une éventuelle fermeture d’usine, aucune décision n’a encore été prise pour le moment. L’homme d’affaires rappelle que cette stratégie sera toujours « la dernière solution, et la plus coûteuse ».

Et ce même s’il indique que « nous ne voyons actuellement aucun moyen pour que les usines d’Emden, Hanovre, Zwickau et Neckarsulm restent rentables dans les années 2030 ». Quoi qu’il en soit, le groupe refuse d’ouvrir ses sites à des constructeurs chinois. Mais il pourrait en revanche produire en Europe des autos qu’il a développées pour l’Empire du Milieu.

Le calendrier, lui, se resserre. Le conseil de surveillance de Volkswagen doit se réunir le 4 septembre 2026 pour poursuivre l’examen du plan de redressement, d’après Reuters. C’est probablement à cette date que l’ampleur réelle des coupes, et le sort des usines, commenceront à se dessiner.


Utilisez-vous Google News (Actualités en France) ? Vous pouvez suivre vos médias favoris. Suivez Frandroid sur Google News (et Numerama).

Recherche IA boostée par
Perplexity