Lorsque la voiture autonome en test d’Uber a percuté mortellement une femme qui traversait la route en mars dernier, la technicienne présente dans le véhicule était distraite par une émission qu’elle suivait sur son smartphone. C’est ce que révèle un rapport de la police.

Uber voiture volvo

Rappelez-vous, en mars dernier, Uber était au cœur de la polémique après qu’une de ses voitures autonomes en test avait percuté mortellement une piétonne dans la ville de Tempe, aux États-Unis. Peu de temps après, la police a diffusé une vidéo montrant que le pilote automatique aurait vraisemblablement dû détecter la victime et éviter l’accident.

Mais ladite vidéo montrait également que la technicienne d’Uber assise derrière le volant — et dont le rôle est d’intervenir en cas de problème — semblait assez distraite et ne regardait pas attentivement la route quelques instants avant l’impact avec la piétonne. Nous ne pouvions alors pas affirmer avec certitude où son regard était posé.

Or, comme le révèle TechCrunch, un rapport de 318 pages publié la semaine dernière par la police de Tempe révèle que le smartphone de l’employée d’Uber diffusait l’émission The Voice sur la chaîne Hulu. La conductrice de sécurité aurait ainsi regardé 204 fois l’écran de l’appareil en 43 minutes de trajet.

La réponse d’Uber

La technicienne n’aurait ainsi pas regardé la route pendant 5,9 km sur un parcours d’un peu moins de 19 km. Une porte-parole d’Uber a indiqué que son entreprise continue de « coopérer pleinement avec les enquêtes en cours tout en menant [notre] propre examen interne de la sécurité » avant de préciser : « nous avons une politique stricte interdisant l’utilisation d’appareils mobiles pour quiconque conduit nos véhicules. Nous avons l’intention de partager davantage d’informations quant aux changements que nous apporterons bientôt à notre programme ».

Pour en revenir au comportement du véhicule, celui-ci avait repéré la piétonne avant de la renverser, mais avait mis beaucoup trop de temps à comprendre qu’il s’agissait d’un être humain. 1,3 seconde avant l’impact, le système a estimé qu’il était nécessaire d’enclencher le frein en urgence pour atténuer le choc. Or, comme il s’agissait d’un modèle en test, le frein d’urgence était désactivé pour éviter des « comportements erratiques ».

C’est essentiellement pour cette raison qu’un être humain est placé derrière le volant. En attendant, Uber n’a plus le droit de tester ses voitures dans l’État d’Arizona.

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