« Ils passent à côté de beaucoup d’opportunités » : le patron d’Epic Games propose d’amener Fortnite sur Steam

 
Tim Sweeney, le patron d’Epic Games, verrait bien Fortnite arriver sur Steam. Une main tendue surprenante de la part de celui qui traîne Valve en justice depuis des années.
Source : Epic Games

Epic Games n’est pas au sommet de sa forme. Le studio derrière Fortnite a licencié environ 1 000 personnes cette année, son magasin peine face à Steam, et Fortnite montre des signes d’essoufflement après neuf ans d’existence. C’est dans ce contexte que Tim Sweeney, le CEO d’Epic, vient de tenir des propos inattendus sur Valve, son ennemi juré mais aussi sa source d’inspiration.

Dans une interview accordée à PC Gamer après l’Unreal Fest de Chicago, Sweeney défend un concept qu’il appelle « Team Open ». L’idée consiste à relier les catalogues, les réseaux d’amis et les économies des grandes plateformes de jeu au lieu de les cloisonner. Et il aimerait que Valve, propriétaire de Steam, embarque dans le projet.

Steam y perdrait dans l’affaire

Interrogé sur ce que Valve aurait à y gagner, Sweeney estime que Steam laisse de l’argent sur la table. Selon lui, la plateforme ne touche pas le public de Fortnite, ni celui des jeux de Riot Games (League of Legends) ou de Genshin Impact, trois énormes jeux service gratuits absents de Steam. « Ils passent à côté de beaucoup d’opportunités », dit-il, en citant l’approche plus ouverte selon lui d’Epic et de Microsoft. Il rappelle au passage que le Microsoft Store prélève 12 % aux développeurs, et que Google a lui aussi revu sa commission à la baisse.

Concrètement, « Team Open » reposerait sur l’Unreal Engine 6, le moteur de jeu maison d’Epic. Un jeu conçu avec cet outil pourrait être publié en version autonome, mais aussi à l’intérieur de Fortnite ou d’un autre jeu Unreal. Objets cosmétiques, tenues et emotes deviendraient théoriquement transférables d’un jeu à l’autre. En clair, un skin acheté quelque part pourrait resservir ailleurs. On retrouve ici la vieille obsession de Sweeney pour le métavers, remise au goût du jour.

Une main tendue inespérée

Il y a quand même quelque chose d’étrange dans cet appel du pied. Epic attaque Valve en justice en l’accusant d’être un monopole, et Sweeney a qualifié, dans la même interview, d’« irresponsable » l’obligation faite par Steam de signaler les jeux conçus avec de l’IA générative.

Le même homme explique aujourd’hui qu’il ne demanderait pas mieux que de collaborer. Difficile aussi de ne pas voir l’intérêt d’Epic : la société a près d’un milliard de comptes mais un magasin encore boudé, dont Sweeney reconnaît lui-même la lenteur. Epic promet une refonte complète de son launcher pour combler ce retard.

Reste que rien n’oblige Valve à bouger. L’entreprise de Gabe Newell domine le PC sans avoir changé de stratégie, et Steam est déjà une plateforme ouverte : si Fortnite ou Genshin Impact n’y sont pas, c’est un choix de leurs éditeurs, pas un blocage de Valve. Pour l’instant, « Team Open » reste une idée lancée par un patron d’Epic qui a besoin de reconquérir du terrain.


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