Jeux vidéo : L’Europe veut rendre la valeur des monnaies virtuelles « claire et transparente »

 
Le développement massif des mécanismes de microtransactions dans le monde vidéoludique crée de nouvelles problématiques vis-à-vis des règles de protection des consommateurs. L’Europe va désormais agir pour remettre tout ça d’équerre.
Les V-Bucks vont devoir être plus transparents // Crédit : Epic Games

La moitié de la population européenne joue aux jeux vidéo et une grosse partie est régulièrement incitée à dépenser de la monnaie virtuelle pour améliorer son expérience. Que ce soit pour changer son apparence, acquérir des objets ou progresser plus facilement dans le jeu, le prix de ces Minecoin, V-Bucks ou Robux devrait être « clair et transparent », a tranché l’Union européenne.

Comme le remarque le Figaro, la Commission européenne vient d’ouvrir une enquête contre des éditeurs de jeu soupçonnés de pratique abusive liée à l’utilisation de monnaies virtuelles dans leurs jeux.

Des règles strictes pour faciliter les transactions

L’enquête vise des gros noms du secteur, comme Minecraft, Valorant, Call of Duty Mobile ou Candy Crush. Par ricochet, ce sont aussi leurs studios qui sont visés, parmi lesquels on trouve Ubisoft, King.com, Riot Games ou Activision. Pas du menu fretin, donc.

Il n’est pas question de bannir complètement les systèmes de microtransaction, mais plutôt de les rendre moins opaques pour les joueurs et joueuses. Selon les règles dictées par Bruxelles, le prix réel des microtransactions devrait, par exemple, être affiché, la pression pour acheter des éléments pour progresser devrait disparaître et des protections pour éviter d’inciter les enfants à la dépense devraient être mises en place.

Ne pas choisir librement le montant à investir devrait aussi devenir une pratique interdite // BEUC

Cela fait suite à une discussion ouverte depuis 2024 avec des éditeurs de jeu qui n’a mené nulle part selon le Bureau européen de protection des consommateurs (BEUC). « Personne ne devrait avoir besoin d’une calculatrice pour savoir combien il ou elle dépense dans un jeu vidéo. Les vrais prix doivent être affichés clairement et il est nécessaire de mettre fin aux pratiques trompeuses qui masquent les coûts et incitent les joueurs et joueuses à dépenser davantage », a déclaré Agustín Reyna, directeur du BEUC.

Des changements à venir

En France, c’est la DGCCRF qui pourrait hériter du pouvoir de pénaliser les entreprises qui continuent à brouiller les pistes avec des montages douteux basés sur des monnaies virtuelles. « Pendant trop longtemps, le secteur du jeu vidéo a bénéficié d’une forme de complaisance, voire d’aveuglement, de la part des autorités. Comme si les règles élémentaires de protection des consommateurs cessaient de s’appliquer dès lors qu’il s’agissait d’un univers numérique ou d’un loisir. Cette époque doit prendre fin », a rajouté la présidente de Que Choisir Ensemble.

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Si ces changements ne devaient pas arriver partout du jour au lendemain, les résultats de l’enquête ouverte contre les gros studios visés devraient rapidement inciter tous les autres à rentrer dans le rang.


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