
Impossible de « chiffrer la perte financière », déclare le responsable d’une grande enseigne à BFM Tech. Il fait référence aux pillages ayant eu lieu e, marge des manifestations du 17 octobre 2026 en France. Plusieurs magasins parisiens, lillois, lyonnais, bordelais ou marseillais, entre autres, ont vu leurs marchandises volées et leurs boutiques saccagées.
À peine quelques heures après les événements, on en retrouve certaines sur les sites de vente en ligne comme Vinted, eBay ou Leboncoin. Des vendeurs n’hésitent pas à préciser que le pull ou le sac dont ils cherchent à se séparer a été « volé pendant la manif ». Reçues par le gouvernement ce lundi 19 octobre, les plateformes concernées retirent les annonces. Elles se sont aussi engagées à transmettre aux enquêteurs les données qui permettent d’identifier les vendeurs.
Pendant ce temps, des smartphones et tablettes dérobés dans les boutiques le 17 octobre sont toujours dans la nature. Les voleurs n’en profiteront pas longtemps, puisque les fabricants sont en train de les bloquer à distance.
Bloqués, les iPhone volés le 17 octobre 2026 affichent un message menaçant
Dans la vidéo ci-dessous, on peut lire le message affiché sur un iPhone visiblement volé lors des pillages : « Veuillez retourner l’appareil à l’Apple Lille. Cet appareil a été désactivé et est en cours de géolocalisation. Les autorités vont être alertées ». Ce blocage, qui rend l’appareil totalement inutilisable, vaut aussi pour les appareils d’exposition de Samsung, Google, Xiaomi et Honor.
Identifier les appareils manquants se fait grâce à leur numéro IMEI unique, en plus de leur numéro de série. Une fois les fabricants en possession de ces informations, ils peuvent procéder aux blocages à distance sitôt que le mobile ou la tablette essaiera de se connecter à Internet.
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En parallèle, les IMEI ont été communiqués aux opérateurs mobiles afin qu’ils inscrivent les appareils sur leur liste noire commune. La loi leur laisse quatre jours ouvrés après la déclaration de la police ou de la gendarmerie pour les bloquer. Un téléphone inscrit ne peut plus appeler, envoyer de SMS ni utiliser les données mobiles en France, quelle que soit la carte SIM. En revanche, certains pourraient tout de même se connecter en Wi-Fi.
Pas les iPhone, cela dit. Idem pour les autres appareils Apple que sont les iPad ou les Mac d’ailleurs. Ceux que vous trouvez en magasin tournent sous une version modifiée de leur OS. Impossible d’en changer le mot de passe ou d’y ajouter un compte iCloud. Dès que l’un d’eux quitte la boutique, il se verrouille.
Même principe chez Samsung avec l’utilisation de Knox Mobile Enrollment, un ensemble d’outils qui peut, entre autres, verrouiller à distance les appareils exposés en boutique. Google, Xiaomi et Honor disposent de sécurités similaires. Et ce n’est que la première partie du processus.
Après les blocages, la justice entre en scène
Une fois les numéros IMEI et de série des objets volés récupérés, une plainte est déposée. Cela donne le feu vert à la justice pour demander la géolocalisation de ceux qui peuvent l’être. Si ce n’est pas le cas, seul le numéro de série peut servir à éventuellement retrouver le produit.
Les vendeurs de produits volés ne sont pas les seuls à risquer gros. L’acheteur, s’il est au courant de la provenance de l’objet, encourt les mêmes peines. Selon l’article 321-1 du Code pénal, les deux sont passibles d’une amende pouvant aller jusqu’à 375 000 euros et d’une peine de prison de 5 ans maximum.
Même acheté de bonne foi, un appareil volé reste un mauvais calcul. Apple refuse de réparer ses appareils d’exposition volés, même quand l’acheteur ignorait leur origine. Le propriétaire d’un téléphone volé peut aussi le réclamer à celui qui le détient pendant trois ans. Un iPhone repéré sur Leboncoin ou Vinted qui demande à être rapporté à un Apple Store est donc à fuir.
Les pilleurs tombent quant à eux sous le coup du vol aggravé, avec potentiellement deux circonstances aggravantes : la dégradation et le vol à plusieurs. L’article 311-4 précise qu’ils s’exposent alors à 7 ans de prison et 100 000 euros d’amende.
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