
Disney+ tente de redonner à ses abonnés européens la qualité d’image perdue cet été. D’après les informations publiées le 30 octobre par FlatpanelsHD, la plateforme a réussi à rétablir le HDR10 de manière limitée, en recourant à un codec vidéo de substitution. Dans onze pays de l’Union européenne (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Finlande, France, Italie, Pays-Bas, Portugal, Roumanie et Suède), le service était privé de Dolby Vision et de 3D depuis la mi-juin. Fin juillet, il a ensuite perdu la 4K et le HDR10.
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Rappelons que ces retraits découlent directement d’un litige de brevets avec la société américaine InterDigital, qui porte notamment sur le codec HEVC. En novembre 2025, le tribunal régional de Munich avait déjà prononcé deux injonctions contre Disney, valables en Allemagne. La Juridiction unifiée du brevet (JUB) a ensuite rendu deux décisions applicables dans onze pays : la première le 16 juin, à Mannheim, la seconde le 23 juillet, à Düsseldorf. Plutôt que de payer la licence réclamée par InterDigital, Disney a remplacé le HEVC par le VP9, un codec présenté comme libre de redevances. La 4K est ainsi revenue en août sur certains appareils, mais sans HDR : le profil de VP9 utilisé alors se limite à une profondeur de couleur de 8 bits.
Le VP9-2, le profil du VP9 qui prend en charge le 10 bits, permet à Disney de rétablir une partie du HDR10. Selon Disney, tous les titres auparavant disponibles en 4K HEVC le sont de nouveau en VP9, et tous ceux proposés en HDR10 le sont de nouveau en VP9-2. Le Dolby Vision et la 3D, en revanche, n’ont pas été réintroduits. Quant à la prise en charge des appareils, Disney indique qu’elle sera élargie progressivement, sans calendrier ni garantie de retrouver tous les modèles compatibles auparavant.
Une compatibilité nettement réduite
Auparavant, un appareil compatible avec le HEVC suffisait. Désormais, le téléviseur ou le lecteur doit gérer le VP9 pour la 4K, et le VP9-2 pour le HDR. Or ces codecs sont moins répandus, en particulier le second. La 4K est ainsi disponible sur les Android TV et Google TV récents (Philips, Sony, TCL, Google…), sur les Amazon Fire TV, sur les téléviseurs Hisense Vidaa depuis 2019, sur les LG webOS depuis 2020. Disney précise que beaucoup de ces appareils reçoivent aussi le HDR, sans en donner la liste exacte.

En revanche, ni la 4K ni le HDR ne sont disponibles sur l’Apple TV 4K ni sur le Nvidia Shield. Aucun support n’est non plus indiqué pour les téléviseurs Samsung (Tizen) et Panasonic (hors Google TV), ni pour Titan OS et TiVo OS. Seuls les abonnés des onze pays de l’UE concernés et du Brésil sont touchés ; l’Amérique du Nord est épargnée.
En France, la formule Premium, la seule à proposer la 4K et le HDR, coûte toujours 15,99 € par mois (159,90 € par an), contre 10,99 € pour l’offre Standard, limitée à la Full HD. Sur une Apple TV 4K ou un Nvidia Shield, l’abonné Premium paie donc 5 € de plus par mois pour une image identique à celle du Standard. Il lui reste seulement quatre écrans simultanés au lieu de deux.
Un litige étendu et des abonnés qui réclament un geste
La situation reste instable. En août, InterDigital a étendu ses poursuites au VP9 en déposant une demande de mesures provisoires devant la division locale de Mannheim de la JUB (UPC_CFI_3044/2026). Aucune décision n’a encore été rendue. InterDigital a indiqué fin octobre, lors de la présentation de ses résultats trimestriels, qu’une audience est prévue en décembre. Disney précise que la disponibilité de la 4K et la compatibilité des appareils peuvent évoluer, ce qui laisse envisager un nouveau retrait.
Parallèlement, les associations de consommateurs se mobilisent. En France, Que Choisir Ensemble a mis Disney en demeure fin septembre de rétablir son offre Premium ou d’en baisser le prix, et réclame une compensation pour les abonnés concernés. Le 6 octobre, Euroconsumers et ses membres italien, belge et portugais ont demandé pour les abonnés Premium de leurs pays une baisse automatique du tarif et un crédit d’au moins 5 € par mois pour toute la période concernée. Disney s’est contenté de proposer, sur demande, un remboursement partiel ou une résiliation sous 30 jours. En Allemagne, la Verbraucherzentrale de Basse-Saxe recommande aux abonnés Premium de réclamer un remboursement partiel ; elle a mis Disney en demeure et lui a laissé jusqu’au 20 novembre pour se décider.
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