
L’année aura été mouvementée pour l’abonnement le plus cher de Disney+. Le Dolby Vision et la 3D ont disparu en février, sont revenus en mars, puis se sont à nouveau volatilisés en juin, avant que la 4K et le HDR10 ne suivent le même chemin en juillet dans onze pays européens. La 4K est finalement revenue en août, mais pas sur tous les appareils.
Pour rappel, l’offre Premium est la plus chère du catalogue Disney+, facturée 15,99 € par mois en France. C’est justement elle qui donne accès à la 4K, au HDR et au son Dolby Atmos : autant d’arguments qui perdent de leur valeur à mesure que ces options s’évaporent, sans que la facture, elle, ne bouge d’un centime.
Ce jeu de chaises musicales a pour origine un litige de brevets avec InterDigital, une société américaine dont le modèle économique repose entièrement sur ses brevets. La Juridiction unifiée du brevet, en Europe, lui a donné raison en juillet, interdisant à la plateforme SVoD d’utiliser certaines technologies liées au codec HEVC, pourtant indispensable pour faire passer un flux 4K sur une connexion domestique. Pour contourner cette interdiction, Disney a réencodé une partie de son catalogue en VP9, un codec introduit par Google dans les années 2010 et normalement libre de redevances.
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Sauf que la manœuvre n’a pas échappé à InterDigital. Comme le rapporte FlatpanelsHD, la société a étendu sa procédure devant la même juridiction, estimant que le VP9 enfreint également ses brevets. Selon Josh Schmidt, le directeur juridique d’InterDigital, tout recours à ce codec constitue une infraction, et Disney ne peut pas s’en servir pour éviter de payer des redevances « tout en offrant une expérience dégradée à ses clients ».
Que peut encore faire Disney ?
Si Disney perd de nouveau, la 4K disparaîtra une seconde fois chez les abonnés européens de sa plateforme. Mais si le VP9 permet de diffuser en ultra-haute définition, il ne gère pas le HDR, ce qui explique pourquoi ce dernier n’est toujours pas revenu. Et ce qui explique pourquoi la nouvelle manœuvre d’InterDigital n’y changera rien. Ou alors, peut-être ?
Car Disney peut chercher une autre porte de sortie, cette fois du côté de l’AV1, un codec capable de gérer à la fois la 4K et le HDR. Sauf que cela pose un nouveau problème : ce format est encore assez peu pris en charge par les téléviseurs connectés et autres boîtiers de streaming. L’utiliser reviendrait donc à réduire encore le nombre d’appareils compatibles, alors que la liste actuelle exclut déjà l’Apple TV 4K, les téléviseurs de Samsung et les consoles de jeux vidéo.
Pire : l’AV1 est, lui aussi, présenté comme libre de redevances, exactement comme le VP9. Si ce dernier tombe devant la justice européenne, rien ne garantit que le premier y échappera. Tout le secteur du streaming observe donc cette procédure avec grande attention, en espérant qu’elle ne fasse pas de petits.
Il n’y a plus qu’à attendre quelques semaines pour savoir si les abonnés Premium devront à nouveau se passer de la 4K. En attendant, ils paient toujours le même prix pour une offre amputée du HDR, dont ils ne pourront peut-être plus jamais profiter sur la plateforme du géant américain… sauf si ce dernier met la main à la poche.
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