
Dans l’option Tempo, les prix varient selon trois types de jours (bleu, blanc et rouge), ainsi qu’entre les heures pleines et les heures creuses. Les jours rouges sont les plus coûteux, car ils correspondent aux périodes de forte tension sur le système électrique, tandis que les bleus sont les plus avantageux.
Concrètement, ce que paie un abonné un jour rouge n’a rien d’anecdotique : au 1er février 2026, le kWh en heures pleines grimpe à environ 0,71 € en jour rouge, contre 0,16 € en jour bleu, soit plus de quatre fois plus cher. C’est ce qui explique qu’une poignée de jours mal placés suffise à alourdir la facture.
Les quelque 900 000 abonnés à l’option Tempo d’EDF ne sont certainement pas près d’oublier le dernier hiver. Pour cause : une répartition plutôt inhabituelle des fameux jours rouges au cours de la saison, qui a probablement coûté cher à certains clients.
La Commission de régulation de l’énergie (CRE) reconnaît d’ailleurs que le tirage de ces jours rouges était de qualité « inférieure à la moyenne ». Afin de rendre l’offre moins punitive, l’organisme propose plusieurs pistes d’amélioration dans sa dernière consultation publique, ouverte au mois de mai.
Retour sur l’hiver dernier
Pour rappel, les jours rouges ne peuvent être déclenchés qu’en hiver, entre le 1er novembre et le 31 mars. Sur une année, leur nombre est limité à 22, la majorité étant généralement concentrée en janvier et en février.
Mais l’hiver dernier, le scénario a été différent — chose que la CRE a remarquée et tenu à souligner dans le document. Car à la fin du mois de février, RTE, chargé de définir la couleur des jours, n’avait encore utilisé que 9 jours rouges sur les 22 disponibles. Or, aucune vague de froid n’était en vue, ce qui laissait penser que le réseau n’allait pas connaître de fortes tensions liées aux besoins de chauffage. Certains consommateurs s’attendaient même à ce que le reste du quota ne soit finalement pas activé. Mais à leur grande surprise (et à leur déception), les 13 jours restants ont pourtant été déclenchés au cours du mois de mars.
Autre désagrément relevé par la CRE : un jour rouge est tombé le 31 décembre. La situation était particulièrement contraignante pour les abonnés, car durant un réveillon, les foyers peuvent difficilement reporter certaines consommations importantes, comme le chauffage ou la cuisson. Ils ont donc dû supporter les tarifs élevés.
Mieux répartir les jours rouges sur l’hiver
Face à ces constats, la CRE souhaite faire évoluer les modalités de tirage des jours rouges. Plusieurs axes d’amélioration sont avancés. L’un d’eux consiste à interdire les jours rouges les 24 et 31 décembre, deux dates qui concentrent de nombreux usages domestiques difficilement déplaçables, liés notamment aux repas de fête, au chauffage ou aux préparatifs du réveillon.
L’organisme estime également qu’il serait plus avantageux pour les consommateurs de plafonner le nombre de ces fameux jours chaque mois. Et surtout, il serait nécessaire de réformer la méthode de tirage utilisée par RTE afin que la couleur des jours reflète davantage la réalité des tensions sur le réseau.
Si elles sont retenues, ces évolutions ne s’appliqueraient pas tout de suite : la révision du tarif réglementé intervient deux fois par an, en février et en août, et les nouvelles règles pourraient prendre effet à partir de 2027. Le second volet de la consultation est ouvert jusqu’au 24 juillet 2026.

Une offre qui doit rester attractive pour encourager l’effacement
Dans son document, la CRE rappelle que les prix appliqués à l’offre Tempo se sont, pendant un temps, éloignés des coûts réels du marché. Les évolutions tarifaires intervenues en 2025 et en 2026 ont permis de corriger cette situation. Au 1er février 2026, les tarifs de l’option ont augmenté de 6,2 % TTC en moyenne.
L’institution souligne toutefois que l’offre doit rester attractive. Pour cause : elle rend un très grand service au réseau électrique. En acceptant de réduire leur consommation lors des jours rouges et blancs, les clients Tempo contribuent à limiter les tensions sur le système électrique pendant les périodes les plus critiques.

Dans le jargon du secteur, ce mécanisme est appelé « effacement ». La CRE estime donc que le tarif de l’offre devrait refléter la valeur de cet effacement apportée par les consommateurs, tout en évitant qu’un nouvel écart avec les coûts réels du marché ne se recrée à l’avenir.




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