Pas de fuite et zéro entretien : vanRaam invente une suspension de vélo sans huile pour ses tricycles électriques

 
Le fabricant néerlandais de tricycles électriques vanRaam dévoile BiSSA, une suspension sans huile qu’il compte généraliser sur toute sa gamme. Une petite révolution mécanique pour des vélos pensés avant tout pour les personnes âgées ou en situation de handicap.
VanRaam 1-watermarked
Source : Grégoire Huvelin – Frandroid

vanRaam n’est pas une marque que l’on croise tous les jours dans les rayons vélo. Ce fabricant hollandais, arrivé en France il y a trois ans seulement, est spécialisé dans les cycles électriques adaptés : tricycles à assise basse, vélos pour transporter un fauteuil roulant, tandems côte à côte. Sa clientèle est surtout des personnes âgées, des personnes en situation de handicap ou à mobilité réduite, plutôt en zone périurbaine ou à la campagne.

C’est dans le cadre des ProDays 2026 que la marque a présenté sa nouvelle technologie de suspension, baptisée BiSSA.

Comment un amortisseur sans huile peut-il fonctionner ?

BiSSA, pour Bi-Spring Shock Absorber, est un système breveté qui équipe pour la première fois l’assise de l’Easy Rider Compact+, un tricycle électrique compact, et accessoirement best-seller de la marque.

Sa particularité : l’amortisseur fonctionne entièrement sans huile. Là où un amortisseur classique s’appuie sur un fluide, BiSSA combine deux éléments. D’un côté, un ressort hélicoïdal en acier, qui supporte le poids et permet au siège de bouger. De l’autre, un élément en Cellasto, un élastomère microcellulaire à base de polyuréthane, qui absorbe les vibrations.

Zéro maintenance

Le principe est plus simple qu’il n’y paraît. Sous l’effet d’un choc, l’élastomère Cellasto cède légèrement puis reprend sa forme. Ce matériau convertit le mouvement en une petite quantité de chaleur, un phénomène que les mécaniciens appellent l’hystérésis.

Ce type de mousse polyuréthane est justement recherché dans l’industrie pour ses qualités d’amortissement des vibrations. Conséquence directe : aucun fluide n’est utilisé, donc aucun risque de fuite, et un entretien réduit au minimum. Nettoyer la suspension suffit.

vanraam suspension
Source : vanRaam

Pour vanRaam, ce choix technique répond à plusieurs objectifs. « Jusque-là, on avait un simple amortisseur : on voulait simplifier le système, ne pas être dépendant d’un fournisseur, et avoir zéro maintenance », nous résume David Limaux, responsable commercial de la marque.

L’argument du confort compte aussi beaucoup, vu la clientèle de la marque. « Cela permet à nos utilisateurs, parfois fragiles, de continuer à faire du vélo, alors que sans ce confort, ils ne pourraient plus le faire », explique la marque dans un communiqué.

Une marque qui mise sur le Made in Europe

Si le groupe veut déployer BiSSA sur l’ensemble des prochains modèles, le système ne pourra pas être installé rétroactivement sur les vélos déjà vendus.

Cette nouveauté est par ailleurs l’occasion de s’attarder sur la façon dont vanRaam travaille. La marque revendique plus de 110 ans d’histoire : à l’origine, elle fabriquait des cadres pour d’autres marques avant de se recentrer sur le vélo adapté. Aujourd’hui, les cadres sont produits en interne, à partir de tubes d’acier d’un fournisseur allemand, découpés au laser puis soudés par des robots ou à la main.

« On a des soudures complexes faites par le robot, car la main de l’homme ne peut faire un tour complet de la soudure », précise David Limaux, les reprises étant terminées manuellement.

« On a une vraie volonté de faire du made in Europe », insiste-t-il. La marque va même jusqu’à utiliser l’impression 3D métallique pour produire des pièces en titane qu’on ne trouve pas dans l’industrie du vélo. Seuls les moteurs sont d’origine asiatique, mais leur développement reste maison : vanRaam a conçu son propre système d’assistance électrique, le Silent System, dès 2011.

Pour le reste, la marque pioche chez des fournisseurs européens reconnus : freins Magura ou Tektro, pneus Schwalbe, batteries produites aux Pays-Bas et en Pologne.

Fabrication à la commande

Autre particularité : chaque vélo est fabriqué sur commande, en flux tendu. Le fabricant conserve un stock de composants et de cadres bruts, puis lance la production selon le cahier des charges du client.

Et les adaptations peuvent aller loin. « Si une personne pédale que de la jambe gauche, alors il faut bloquer la partie droite », illustre David Limaux ; « Si une personne n’a pas de bras gauche, il faut basculer les freins à droite ». Comptez entre trois et six semaines de délai avant une livraison.

À noter que la marque est présente au Benelux, en Allemagne, en Autriche, en Suisse, en Italie, dans les pays scandinaves et, plus modestement, aux États-Unis et au Royaume-Uni.


Tous nos articles sont aussi sur notre profil Google : suivez-nous pour ne rien manquer !

Recherche IA boostée par
Perplexity