Le mythique Range Rover passe à l’électrique : un déluge de technologies pour rester digne du blason

 
Range Rover présente enfin sa première voiture électrique. L’exercice est difficile pour la marque, car il s’agit de ne pas dénaturer l’icône qu’est ce modèle. Et à première vue, c’est réussi. Voici ce qu’il faut savoir du nouveau Range Rover électrique.
Nouveau Range Rover Electric // Source : Range Rover

Le Range Rover est connu pour ses qualités de tout-terrain, mais il est devenu depuis plusieurs années maintenant un véhicule de luxe que l’on trouve davantage dans les 8e et 16e arrondissements de Paris que sur les chemins boueux du Massif central.

Du moins pour sa dernière génération, qui est davantage utilisée comme une limousine avec chauffeur que comme un véritable tout-terrain. L’arrivée d’une version électrique n’a donc rien d’étonnant et est même adaptée à l’usage majoritairement urbain des Range Rover modernes. Pourtant, la marque éponyme a fait en sorte qu’il soit à la hauteur des capacités de franchissement attendues, tout en conservant une excellente autonomie.

Aucune prise de risque stylistique

S’attaquer à une icône est toujours un pari risqué. Alors, Range Rover a fait le choix de ne pas y toucher, du moins en termes d’apparence. Le constructeur britannique a suivi le principe « Range Rover d’abord, électrique ensuite ». On se retrouve donc avec un Range Rover Electric presque identique en apparence aux versions thermiques et hybrides.

Nouveau Range Rover Electric // Source : Range Rover

La silhouette est la même : on y retrouve ces grands panneaux de carrosserie lisses intégrant les poignées de portes. Le toit noir est également présent, tout comme l’insert métallique entre l’aile avant et la portière.

Le capot reste toujours horizontal et haut perché avant de tomber sur un bouclier très incliné avec une calandre adaptée à l’électrique. Elle fait partie des rares éléments différenciant ce Range Rover Electric des autres motorisations. Le design de la grille avant est très proche, mais optimisé pour l’efficience, tout comme les jantes et les soubassements.

Ainsi, Range Rover a fait le choix de ne pas différencier la version électrique des versions thermiques afin d’éviter de se mettre à dos une partie de la clientèle attachée au style du SUV. La stratégie est alors la même que Mercedes avec son Classe G 580 EQ, qui est lui aussi extrêmement proche des autres Classe G thermiques.

Côté dimensions, la version SWB, pour Short Wheel Base, est annoncée à 5,05 m de long, 1,87 m de haut et 2,04 m de large, avec un empattement de presque 3 m (2 997 mm). Pour la version LWB, pour Long Wheel Base, la longueur totale passe à 5,26 m et l’empattement à 3,20 m (3 197 mm). Les dimensions sont alors identiques à celles des versions thermiques, pour, là encore, ne pas imposer un choix d’énergie au client en fonction de la taille.

Un habitacle toujours aussi luxueux

Si Range Rover n’a pas touché au style extérieur du SUV, on se dit que le constructeur a aussi conservé son habitacle raffiné. L’habitacle est celui du Range Rover dans ses versions thermiques.

On y trouve une présentation épurée avec un compteur numérique pour le conducteur, un système d’infodivertissement profitant d’un écran tactile au centre de la planche de bord, ainsi qu’une console centrale large intégrant le sélecteur de vitesse, le bouton de démarrage et deux molettes, une pour le volume et une autre pour les modes de conduite tout-terrain. Enfin, le volant à deux branches offre des commandes tactiles à retour haptique.

La version à châssis long donne encore une autre dimension à l’habitacle. L’espace gagné profite davantage aux passagers arrière qu’à ceux de l’avant. Ils ne seront que deux à l’arrière, car cette version longue est disponible uniquement en quatre places, avec quatre sièges individuels pour le confort de chacun, bien que la version cinq places doive déjà offrir un confort certain.

En ce qui concerne les équipements, la limite sera celle du portefeuille ou du bon vouloir du client. La liste des options est très longue.

Toutefois, on peut noter l’arrivée d’une application pour smartphone permettant d’agir à distance sur le Range Rover Electric. Il est possible de lancer la purification de l’habitacle ou d’activer le volant chauffant, de vérifier si le véhicule est verrouillé, de consulter sa localisation en temps réel ainsi que l’état actuel de la charge et l’autonomie restante. Lorsque la voiture est branchée, il est possible de lancer, programmer ou stopper la charge selon ses besoins.

Deux niveaux de puissance et une grande autonomie

Range Rover oblige, il n’y aura que des versions à transmission intégrale, fournie par deux moteurs électriques. Il n’y aura donc pas de boîte de transfert ni d’arbre de transmission, une première pour le modèle.

Deux niveaux de puissance seront proposés sur la version à châssis court : 450 chevaux pour 677 Nm de couple ou 550 chevaux et 850 Nm de couple. Cette seconde motorisation, plus puissante, sera la seule proposée sur la version à châssis long.

Range Rover ne cède pas à la tentation de la puissance facile offerte par les moteurs électriques. Ici, pas de version à plus de 1 000 chevaux comme peut en proposer un Porsche Cayenne Turbo. La marque britannique privilégiant le confort de ses passagers, cela n’aurait aucun sens. Les performances sont déjà remarquables, avec un 0 à 100 km/h en 4,5 secondes.

Range Rover ne propose qu’une seule batterie, d’une capacité de 118,5 kWh, pour une autonomie allant jusqu’à 600 km WLTP ou 535 km dans des conditions réelles d’utilisation, comme l’annonce la marque.

La charge est rapide grâce à l’utilisation d’une architecture 800 volts, tolérant une puissance de charge de 350 kW. À cette puissance, le 10 à 80 % est réalisé en 22 minutes. Il est possible de récupérer jusqu’à 220 km d’autonomie en 10 minutes.

Concernant cette batterie, Range Rover annonce avoir travaillé longuement dessus, notamment sur un système de gestion thermique baptisé ThermAssist, qui optimise l’autonomie, les vitesses de recharge, la durée de vie de la batterie et les performances par températures extrêmes. Il peut ajouter jusqu’à 40 km d’autonomie et réduire de 40 % la consommation d’énergie liée au chauffage.

Toujours un vrai tout-terrain

Même si tout ce luxe ne donne pas forcément envie de salir le Range Rover Electric, sachez que la marque a travaillé pour lui donner des qualités de franchissement dignes de sa réputation. Certaines technologies associées aux moteurs électriques améliorent même le modèle.

C’est le cas de l’Intelligent Driveline Dynamics, qui répartit le couple arrière de 100 % à 0 % afin d’éviter toute perte de motricité. Mais aussi de l’Integrated Traction Management, contrôlant la vitesse des moteurs en 50 millisecondes et gérant le patinage jusqu’à 100 fois plus rapidement qu’un véhicule thermique équivalent.

Ce dernier fonctionne en association avec le mode Single Pedal (One-Pedal). Selon Range Rover, son système One-Pedal permet de démarrer en douceur sur une pente jusqu’à 33 degrés, équivalente à une piste noire, et de gravir des pentes jusqu’à 45 degrés. Le freinage régénératif fonctionne sur trois niveaux : Light, Standard et Single Pedal. Le One-Pedal est donc le plus puissant, permettant de récupérer jusqu’à 0,5 g d’énergie à la décélération.

En ce qui concerne les franchissements de gué, il peut traverser jusqu’à 90 cm d’eau malgré la batterie installée dans le plancher du véhicule.

Ces qualités de franchissement présentées sont en retrait face au Mercedes Classe G 580 EQ. La transmission du Mercedes Classe G est d’ailleurs plus évoluée, avec un moteur par roue. La conception sur une caisse autoporteuse du Range Rover ne permet pas autant d’amplitude, mais ses qualités routières devraient être meilleures s’appuyant notamment sur une suspension pneumatique à double chambre.

Les commandes du Range Rover Electric sont dès à présent ouvertes. Le ticket d’entrée est de 163 500 euros pour ce tout-terrain fabriqué dans l’usine de Solihull, au Royaume-Uni. Il verra face à lui le BMW iX5 (845 km d’autonomie, dès 105 950 euros) ou le Porsche Cayenne (654 km, dès 107 600 euros).


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