
On en viendrait presque à dire, « circulez, il n’y a rien à voir ! » Pour son tout premier Range Rover électrique, la marque britannique du groupe Jaguar Land Rover a refusé le tout clinquant, même après 4 ans de développement et un petit peu de retard au lancement (une année). Il est enfin là, le SUV au statut aristo est commercialisé sur le marché français dans sa version à batterie en ce jour de rentrée 2026. Mais la mutation n’est pas transcendante, plutôt chirurgicale.

Vous pensiez que passer à l’électrique dénaturerait l’un des plus mythiques franchisseurs ? Détrompez-vous. Le constructeur signe un coup de maître en conservant la carrosserie impériale du Range Rover tout en lui greffant une architecture 800 volts de pointe. Prix, autonomie, performances tout-terrain et silence de cathédrale, voici tout ce qu’il faut savoir sur le nouveau Range Rover Électrique.

Et pardonnez-nous pour les photos, mais tous les téléphones étaient sous scellés, nous n’avons rien pu décider. Alors vous vous contenterez des images constructeurs, en tout cas celles qu’il a bien voulu nous transmettre.
Design : tout ce qui se voit ne change pas
Chers esthètes, vous pouvez ranger votre loupe. Au premier coup d’œil, il est quasi impossible de différencier ce Range Rover électrique du modèle thermique que vous avez déjà croisé au coin des beaux quartiers.
Et c’est un choix totalement assumé par les designers de Gaydon, au siège de la marque : parce que c’est « d’abord un Range Rover avant d’être un véhicule électrique », nous ont-ils dit. Donc pour eux, pas de carrosserie futuriste, ni d’artifices, il s’agit de conserver une icône et d’y injecter toute la technologie zéro émission directement sous le plancher.

Visuellement et structurellement, c’est le même Range Rover. Ce nouveau modèle garde sa ligne caractéristique, sa carrure imposante et sa prestance naturelle. Il repose sur la même plateforme modulaire MLA que les versions thermiques/hybrides.
Le SUV 5 portes s’étend donc jusqu’à 5,25 m (pour un empattement long à 3,20 m, ce qui permet d’intégrer une configuration à 7 places, et 5,05 m pour un empattement standard), mesure 2,05 m de largeur pour atteindre 1,87 m de hauteur. Petit bémol ? Il n’y a pas de frunk, allez savoir pourquoi.

L’art du camouflage aérodynamique
Pour déceler la différence de ce modèle zéro émission, il faut s’approcher de très près. Vous avez quelques logos « EV » de-ci de-là. La carrosserie conserve son élégance de Lord statutaire, alors que le travail d’ingénierie s’est concentré sur la traînée d’air. La calandre a été retouchée, métamorphosée en trois niveaux et elle s’est refermée pour optimiser l’efficience.

Les jantes spécifiques de 22 pouces adoptent un dessin aérodynamique inédit, et un carénage intégral vient fermer le soubassement.


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Dans le but de lisser les flux d’air sous le châssis pour gratter le moindre kilomètre d’autonomie sans trahir la ligne légendaire de l’engin. Tout est déjà affleurant, poignées, vitres, il n’y a pas de contours afin de maximiser l’aéro. En fait, tout le design avait déjà été pensé pour cette mutation et accueillir une version électrique.
Pour aller plus loin
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Un intérieur de luxe qui ne bouge pas d’un iota
L’habitacle du Range Rover n’a pas de raison de changer, non plus. L’intérieur reste le même, si ce n’est le sélecteur de vitesses et le graphisme de l’écran qui évoluent légèrement. Et quelques boutons physiques ont disparu aussi.

Le SUV intègre cependant un système audio encore plus solide, fourni par le spécialiste britannique Meridian. Il y a plus d’une vingtaine de haut-parleurs, fourrés dans la voiture, même dans les appuie-têtes. Ce qui les fait doubler de volume. Mais il est vrai que le son est remarquable. L’option est d’environ 10 000 euros si vous ne choisissez pas les plus hautes finitions, de série donc à partir de la Autobiography et SV.
Le confort à bord est évidemment de mise, avec l’emploi de matériaux de qualité et un espace aux jambes redoutable. Les sièges sont identiques à la version thermique, mais ultra confortables. Le vrai spectacle se déroule donc sous la carrosserie en aluminium.

Moteur, batterie et autonomie, c’est ça la vraie révolution
Sous la robe d’un lord, la foudre ! Le Range Rover électrique repose sur la plateforme modulaire flex-MHEV/PHEV/BEV du groupe Jaguar Land Rover. Rappelons que tout est conçu en interne au centre de fabrication de propulsion électrique de JLR au Royaume-Uni.
Exit le V8 thermique, place à deux moteurs électriques à aimants permanents installés sur chaque essieu pour garantir une transmission intégrale puissante. Ils lâchent 260 kW chacun, ainsi que 550 ch survoltés et un couple de 850 Nm disponible instantanément. L’ensemble se pilote par onduleur en carbure de silicium de dernière génération. Le mastodonte expédie le 0 à 100 km/h en 4,3 secondes et plie les reprises de 80 à 120 km/h en 2,7 secondes.

Parlons du pack batterie géant logé sous le plancher. Pour mouvoir cette masse de près de 3 tonnes avec aisance (2,810 tonnes précisément), Range Rover dégaine une imposante batterie lithium-ion NMC superposée de 118,5 kWh utiles. Le constructeur annonce une autonomie WLTP allant jusqu’à 535 km.
Grâce à son architecture 800V, le SUV so British accepte les recharges de très haute puissance : sur une borne DC 350 kW, repasser de 10 à 80 % ne demande que 22 minutes. Mieux, 10 petites minutes suffisent à regagner 220 kilomètres d’autonomie (WLTP, 800V). De quoi envisager les longs rubans d’autoroute en toute sérénité quand même.
Reste un bémol de taille au vu du tarif : l’autonomie. Ces 535 km WLTP placent le Range Rover électrique en retrait de plusieurs rivaux premium comme le BMW iX, le Volvo EX90 ou la Mercedes EQS, qui visent tous nettement plus haut, entre 600 et plus de 900 km selon les modèles. Un gabarit de franchisseur et un aérodynamisme forcément contraint expliquent en partie cet écart, un point que les ingénieurs de JLR ne cachent pas.
Pour aller plus loin
Guide : la sélection des meilleures voitures électriques sur le rapport autonomie/prix en 2026
Plus agile que jamais en tout-terrain (prise en main)
Et surprise ! Nous avons pu rouler quelques minutes au volant du nouveau Range Rover électrique de pré-série (des véhicules prototypes). Ce n’est qu’une prise en main sur plusieurs ateliers, certes, mais ces petits essais ont confirmé les qualités tout-terrain de ce SUV. Nous avons arpenté des chemins aux pentes des plus raides et abruptes comme en atteste la photo. C’est toujours impressionnant de franchir ce genre d’obstacles avec un 3 tonnes !

Et donc que les baroudeurs dans l’âme se rassurent, la fée électricité n’a en rien altéré le tempérament de franchisseur du Range Rover. Grâce au système Integrated Traction Management (ITM), le contrôle du couple moteur s’effectue en 50 millisecondes sur n’importe quelle surface, soit une réactivité 100 fois supérieure à celle du bloc thermique traditionnel. Combiné à la conduite à pédale unique, l’engin est capable d’attaquer des pentes relevées à 45° ou de démarrer sans patiner sur une inclinaison de 33°.

Au-delà ça glisse très légèrement, mais le véhicule comprend vite l’environnement et contrôle tout pour le conducteur, et qui plus est, avec des pneus de route ! Nous sommes aussi passés dans l’eau, puisque le SUV électrique reste au sec jusqu’à 900 mm de profondeur.
Du haut de ses performances, le Range Rover électrique est d’une douceur remarquable. Bon, ces activités étaient bien pour nous épater, le vrai test se fera sur routes et autoroutes et on verra bien si ce mastodonte reste si confortable, agile et silencieux.
À quel prix se procurer le Range Rover électrique ?
Fabriqué en Angleterre dans l’usine historique de Solihull, le Range Rover électrique est disponible à la commande dès maintenant. Les premières livraisons sont en revanche attendues au tout début de l’année prochaine. Il est proposé en châssis standard ou empattement long (LWB) et décliné dans les finitions SE, HSE, Autobiography et SV à partir de 161 500 euros en France pour la version de base Range Rover EV450 SE SWB (empattement standard).
Un tarif beaucoup plus cher que le thermique, parce que « le modèle est placé au sommet de la gamme » nous a-t-on dit… Le Range Rover essence (MHEV) démarre actuellement à 150 000 euros. Déjà que le lancement a pris du retard, le Range Rover électrique, attendu au tournant, doit faire attention ce prix de départ un peu déconnecté du marché…
Changer tout sans rien changer
La marque britannique fait le choix audacieux de ne rien modifier à l’extérieur de son Range Rover électrique. En gardant la silhouette statutaire du Range, le constructeur s’éloigne peut-être des acheteurs qui cherchent à afficher leur virage électrique au moyen d’un design futuriste. Mais pour la clientèle habituelle de la marque, c’est sans doute le coup de maître parfait. Il prouve que l’électrification n’est pas une contrainte pour le très haut de gamme.
Sous la carrosserie et le plancher, la plateforme modulaire MLA-Flex masque si bien la batterie qu’elle en préserve l’habitabilité. Surtout, cette architecture offre une flexibilité industrielle et une sécurité financière majeures à l’usine de Solihull, capable d’optimiser les coûts de production en s’ajustant entre thermique, hybride et électrique selon le marché. Tout a été pensé dès le départ pour cette mutation. Mais, pourquoi le vendre aussi cher alors ?

Sur la route, l’électrique procure un cocon, tandis que la recharge 800V (10 à 80 % en 22 minutes sur borne 350 kW) rend les grands voyages crédibles et loin d’être un calvaire. Il sait gérer le patinage roue par roue avec précision et il conserve sa capacité de franchissement. Son seul vrai défi restera le poids sur la balance et les trajets du quotidien. On pense aux enchaînements de virages et le côté lourd et pataud lors de la conduite en ville notamment.
Sur le marché des SUV d’exception 100% électriques, ce Range Rover ne débarque pas en terrain conquis. Face à des concurrents affûtés comme le nouveau BMW iX5, et plus sportifs et luxueux encore – mais beaucoup moins chers – comme les Mercedes-Maybach EQS, Lotus Eletre ou Porsche Cayenne, ce Range Électrique peut-il s’imposer comme une référence ?
Et soyez prêt, le Range Rover électrique n’arrive pas seul… Dès le 30 septembre, on vous révèlera tout de sa déclinaison sportive, le Range Rover Sport électrique, qui prendra aussi place dans les concessions en France dans la foulée.

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